Les drôles de zoziaux de Mexico vus par Pieter Henket
Redéfinir la nouvelle génération queer à Mexico est le but avoué du photographe batave Pieter Henket qui y a passé plusieurs années à mettre en lumière les styles vestimentaires innovants et subversifs des communautés queer. Après un long séjour dans la capitale, il s’est associé au styliste Chino Castilla pour réaliser des portraits de danseurs, d’artistes de scène et même de passants qu’il a croisés en se promenant dans le parc. Ensemble, ils ont souhaité mettre en lumière
« les frontières entre les traditions catholiques profondément enracinées au Mexique et la liberté d’expression moderne », explique Pieter Henket.
Chisme
Il en résulte une série captivante qui défie les notions d’identité culturelle, de genre, de sexualité et même de « queerness » en soi. Réalisée en noir et blanc, « Birds of Mexico City » se concentre sur les textures des murs fissurés et de la peinture écaillée qui tapissent cet espace patiné par les intempéries, ainsi que sur les détails des vêtements des sujets. Des volants, des plis de dentelle, une touffe de feuillage séché et des masques bordés de franges accentuent et masquent à la fois les corps des personnages, tout en présentant une esthétique exubérante faite de contrastes.
Niñez
Dans « Fuerza », par exemple, une silhouette musclée aux traits nets prend la pose, vêtue de cuissardes à imprimé léopard et de talons hauts, une juxtaposition que l’on retrouve dans « Niñez », où une jeune femme transgenre à l’allure pudique dévoile une tenue de foot sous une robe corsetée. « Chisme » met quant à lui en scène un personnage assis arborant à la fois une couronne de fleurs et un masque de luchador.
Fuerza
Alors que les grandes entreprises s’approprient la Pride et tentent d’associer les teintes arc-en-ciel à la culture queer, la décision de Henket de dépouiller ses images de toute couleur oblige le spectateur à aller au-delà d’une lecture superficielle de ce que signifie l’expression de son identité. Ces portraits sont à la fois universels et locaux : ils intègrent des matériaux inhabituels comme des brindilles et des cadres dorés, tout en étant profondément ancrés dans leur contexte régional grâce à des accessoires tels que les masques de luchador. ( le catch mexicain)
Otokani
Avec sa composition et son message saisissants, « Birds of Mexico City » offre un aperçu d’une communauté florissante qui redéfinit la culture queer et le sentiment d’appartenance. La collection, ajoute Henket, « évoque la liberté, l’identité et la résilience, révélées à travers la beauté discrète que j’ai découverte à Mexico ».
L’intégralité de la série a été publiée ce printemps dans une monographie chez Damiani, et vous pouvez la commander sur Bookshop. D’ici là, découvrez d’autres travaux de Henket sur Instagram.
Grace Ebert pour Colossal, traduit par la rédaction le 21/09/2026
Pieter Henket - Birds of Mexico city- Damiani
Pieter-Henket-Birds-of-Mexico city Damiani