Posts in IDÉES
La vidéo-performance, piège de l’information ou idéal médiatique ?

André Gunthert | De l’affaire Benalla à la colère de Mélenchon face aux perquisitions, en passant par le lycéen braquant une enseignante, ou le passager raciste du vol Ryanair, une cascade de vidéos abreuve quotidiennement le cours de l’actualité. Plus qu’une simple information, ces documents comme arrachés au réel, rediffusés par les réseaux sociaux et les chaînes d’info continue, réveillent le débat public et échauffent le commentaire. Doté par l’image d’une connaissance instantanée, chacun a un avis à donner. Comme les experts polyvalents des plateaux télévisés, les meilleurs amis se contredisent à plaisir sur Facebook, et participent à l’élaboration du récit médiatique… En d’autres termes, l’expérimentation par excellence de l’opinion en train de se faire.

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Homo sacer : interview de Giorgio Agamben par Antonio Lucci

Christian Perrot | Le 25 octobre 2018, est sortie en volume unique, aux éditions Quodlibet, l’œuvre qui a occupé Giorgio Agamben pendant vingt ans, le projet Homo sacer. Dans les volumes qui font partie de cette œuvre ont été définis et introduits dans le débat philosophique des concepts qui deviendront par la suite un patrimoine commun (quand ce ne serait que pour avoir fait souvent l’objet de critiques) dans la philosophie contemporaine : ceux de « sacertas », de « vie nue », de « camp », de « forme-de-vie », la dichotomie « bios/zôè », pour n’en citer que quelques-uns. Interlocuteur du Comité Invisible, entre autres insurgés de la pensée, et critique féroce de “l’état d’exception”, qui n’a plus rien d’exceptionnel mais tout de “normal" aujourd’hui, Giorgio Agamben nous importe (et nous apporte) beaucoup.

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La possibilité du fascisme

Ugo Palheta | J’essaie de montrer qu’il ne suffit pas d’une crise économique pour que monte la xénophobie et que progresse l’extrême droite. Ce qui rend le fascisme possible, c’est une crise d’ensemble des médiations politiques, idéologiques et institutionnelles qui, en temps normal, assurent la reproduction paisible du système par un mélange de violence d’État et de consentement populaire où ce dernier a le premier rôle. Ce type de crise renvoie à ce que Gramsci nommait une « crise d’hégémonie », et elle n’est pas identifiable à une crise révolutionnaire, qui suppose un effondrement de l’État et une élévation soudaine du niveau de combativité, de confiance et d’auto-organisation des classes subalternes.

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