Les enchanteurs Jazz Dreams de Fine
Fan de Model 500 ou de Mazzy Star ? Vous risquez de kiffer grave avec Fine Glindvad Jensen et son second album solo qui mixe rythmiques jazz et volutes alt-rock, trip hop et climats brumeux qui confinent à l’extatique. Mais si vous passez suffisamment de temps dans ce salon aux effluves d’encens et aux canapés recouverts de velours, vous pourriez bien commencer à apercevoir d’étranges ombres ramper le long des murs. Vu ?
Roling Stone France envoie ça, histoire de se débarrasser à bon compte, d’un truc sur lequel leurs repères n’ont pas de prise : “ On ressort de ce disque comme après un rêve, un peu perdu dans le temps et l’espace, un peu émerveillés aussi. C’est d’ailleurs dans cet esprit « non linéaire » que Fine a enregistré l’album, en-y voyant un aspect furieusement libérateur. Entre ballades down tempo (« I Could », « Everything in the shade », très Lana Del Rey-sque), pop vaporeuse (« The thing »), les guitares se tordent un peu (« Moment ») et la batterie se la joue jazzy (« Any minute ») – en résulte un ensemble cohérent mais volatile, beau mais étrange.”
On assiste juste ici à un picorage dans 40 ans de sons qui ne s’embarrassent ni de recette, ni de volonté de faire sens (unique !), mais de voix vaporeuses en guitares distordues ( hello le Velvet et les suiveurs) on y entend des balises sonores qui portent loin et racontent beaucoup.
Ce qui rend cet album particulièrement remarquable, c’est la facilité avec laquelle la complexité s’exprime. Fine a passé des années à développer ses talents d’auteure-compositrice et de productrice au sein de la scène musicale alternative et audacieuse de Copenhague, mais l’album évite cette intelligence forcée qui peut nuire à la pop expérimentale. Ses arrangements sophistiqués attirent rarement l’attention sur eux-mêmes. Au contraire, ils donnent l’impression que ces chansons ont toujours existé quelque part en arrière-plan de votre vie, attendant le bon moment pour se révéler. Vous commencez à piger, là?
Elle s’est arrangée pour vous signifier qu’elle a les mêmes références que vous, mais qu’arrangées à sa sauce, avec la distance voulue, vous ne pouvez que marcher - que dire - foncer ! Alors, on fonce, on adore et on recommande. Point.
Jean-Pierre Simard, le 26/10/2026
Fine - Jazz Dreams - Escho