Nous sommes la jeunesse. Une jeunesse belle, brillante, fougueuse, diverse, responsable et révolutionnaire

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Bonjour.

Aujourd’hui la belle tranquillité que nous avons pris pour habitude est en train d’être dérangée. Dérangée par un désir. Un désir de mieux, un désir de renouveau, un désir d’égalité, un désir de fraternité, un désir d’être justes, un désir d’être libres, un désir de respirer, enfin. La naïveté que l’on nous accorde trop facilement quand «nous voulons changer le monde» est écrit à même nos murs, cette naïveté-là, fera de demain un monde meilleur. Notre désir semble utopique à une certaine classe. Cette classe-là, aujourd’hui nous la dérangeons et nous continuerons de la déranger en la bousculant, en la faisant reculer, en l'obligeant à nous entendre, nous connaître et nous re- connaître. Nous sommes celles et ceux qui veulent vivre. Vivre et non survivre. Nous sommes celles et ceux qui veulent que nos études soient le lieu de tous les possibles, que nos futurs jobs soient ceux que l’on mérite, que nos parents soient sereins, que nos futurs enfants soient conscients et réveillés. Nous exigeons le choix d’être qui on veut. Nous exigeons le vrai choix de notre avenir, le choix de dire non. Nous sommes celles et ceux que vous ne voyez pas, que vous ne voulez pas voir. Nous sommes celles et ceux qui sont obligé.e.s de travailler pour financer leur études, nous sommes le.la stagiaire que vous payez une misère, nous sommes le.la serveu.se.r qui vous sert votre café le matin et votre verre de vin le soir toujours avec le sourire, car c’est important de sourire, nous sommes la femme ou l’homme de ménage qui jette vos ordures et que vous ne saluez pas, nous sommes l’aide à la personne qui s’occupe de vos parents ou de vos enfants, nous sommes celui ou celle qui vous livre votre repas chez vous le soir après votre boulot même quand il pleut, nous sommes les personnes qui font vivre votre monde. Nous sommes la jeunesse. Une jeunesse belle, brillante, fougueuse, diverse, responsable et révolutionnaire. La chance d’être jeune, c’est la chance de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de demain un monde juste. Un monde où l’accès à l’éducation serait gratuit pour tout le monde, un monde où justement, il n’y aurait pas de différence entre un.e étudiant.e européen.ne et un.e non-européen.ne lors des frais d’inscription, un monde qui arrêterait de nous prendre pour des cons en nous faisant manger de la merde en boite qui se fait passer pour de la haute gastronomie, un monde où les multinationales seraient contrôlées et réglementées, un monde où notre pays serait une vraie terre d’accueil, un monde où les femmes et les hommes auraient le même salaire, les mêmes droits, le même mérite, la même justice, la même force d’action. Un monde où notre voisin serait notre égal, un monde où la nature serait notre avenir. D’autres l’ont fait avant nous, aujourd’hui c'est à notre tour de venir déchaîner les passions. La rue est à nous. Le monde est toi, à moi, à nous. Nous sommes sans fin, sans limite, inclassables et révoltés. Nous exigeons l’amour et pour cela, la violence est nécessaire. Nécessaire pour nous faire entendre, nécessaire pour être libres et vivre dignement. Si la seule manière pour en arriver à vos oreilles est la violence, c’est de votre faute. Une jeunesse trop longtemps ignorée, c’est une jeunesse révoltée. Cela fait bien trop longtemps que vous nous marchez dessus, aujourd’hui nous marchons dans vos rues. Dans les pavés la colère, dans les barricades des zones d’échanges, dans le blocus des facs et lycées la révolte, dans les manifestations le goût de vivre. La fin du mois, la fin du monde. Toujours la fin. Non. Nous voulons, je veux, un monde beau et humain, un monde où le peuple est rassemblé. Ce n’est pas la convergence des luttes, c’est la convergence des désirs. Nous désirons tous et toutes de vivre mieux, de mourir debout plutôt qu’à genoux, de léguer à nos enfants une terre plus saine, de voir nos parents finir leurs jours dignement, de rire, discuter, échanger, partager, créer, construire ensemble. Nous désirons l’amour. Faire la révolution, c’est faire l’amour. Faire l’amour, c’est être heureux. «A la question « pourquoi vous battez vous ? », nous répondrons qu’il en va de notre idée du bonheur.»

La Redoutable