Short-cuts 46, par Nina Rendulic


semaine du 5 / 12 / 16

"Je dépends de l'oubli dans ton regard"


je

voudrais

pouvoir

écrire

Il est temps maintenant, peut-être. Nous tissons des lignes droites et laiteuses comme les toiles d’araignées invisibles sur la carte d’un monde que nous ne verrons jamais. Un filet résille tendu au-dessus de quelques photographies anémiques entrave les mouvements involontaires dans les nuits blanches et c’est tant mieux. Nous n’étions pas doués pour faire durer les fils narratifs.

j’ai

du mal

avec

les personnages

Je prends tout. Ce n’est pas assez. Ce n’est pas méthodique. Comme une fatalité pèsent sur mon corps les calculs mathématiques et les bruits de l’automne révolu. Ainsi se brisent et meurent toujours les mêmes motifs : je n’arrive pas à les épuiser.

(Le cri du texte ne peut-il naître que dans les mondes imaginaires ?)

mes textes

n’inventent

rien

de nouveau

Que se passera-t-il après ? Je dis tu, nous, pour éviter de dire je, je dis elle, la fille en verre, qui n’est pas moi, je ne dis pas tout. Et si c’est trop, de ne pas tout dire, pose ton souffle derrière mes yeux et glisse parmi mes images parfaites un faisceau de lumières polychromes. La combinatoire des paradigmes est infinie.

Il se fait tard dans la nuit de tes mots. Dormons.

Nina Rendulic

Photo Nina Rendulic

Photo Nina Rendulic


Nina Rendulic est née à Zagreb en 1985. Aujourd'hui elle habite à 100 km au sud-ouest de Paris. Elle aime les chats et la photographie argentique. Elle vient tout juste de terminer une thèse en linguistique française sur le discours direct et indirect, le monologue intérieur et la "mise en scène de la vie quotidienne" dans les rencontres amicales et les dîners en famille. Vous pouvez la retrouver sur son site : ... & je me dis