Les violences policières, si elles sont filmées, notamment par ses victimes, manquent encore d'être vues. C'est l'invu des violences policières qui invite à parler en les donnant à voir et à revoir et, ainsi, à les penser. Pour cela “Un pays qui se tient sage” vaut la peine d'être vu quand il essaie d'être face à la Méduse des violences policières l'équivalent du bouclier d'Athéna. Mais la peine aurait pu l'être davantage encore en ne cédant ni sur le recours à des limitations problématiques de la focale adoptée, ni sur le réflexe roué de l'efficacité qui obscurcit l'effort de pensée plutôt qu'il ne l'éclaircirait.
Read MoreComme un étrange écho du passé, dans l’Amérique suprémaciste de Trump, est ressorti en DVD le brûlot anti-ségrégationniste de Roger Corman daté de 1962, The Intruder, adapté du roman Un Intrus de Charles Beaumont. Le premier grand rôle d’un William Shatner (futur Captain Kirk) médusant de duplicité.
Read MoreGéant du graphisme américain, Saul Bass a œuvré autant pour la presse que le cinéma où il a offert une révolution aux génériques avec Hitchcock et Preminger et en créant des affiches qui tuent. Carlotta ressort son seul film Phase IV ; l’occase de voir ses courts, lire le livre consacré au sujet et de profiter du nouveau mastering.
Read MoreUn superbe décryptage des imbrications et des enchâssements thématiques et conceptuels inlassablement à l’œuvre chez Christopher Nolan.
Read MoreLa vérité nue (Where the Truth Lies) est le onzième long-métrage d'Atom Egoyan, un polar sulfureux de la trempe du Grand sommeil (The Big Sleep), le chef d'œuvre d'Howard Hawks avec Bogart et Bacall. Il partage avec ce modèle du film noir son ambiance confuse où les tabous sexuels encombrent les personnages.
Read MoreMichael Powell (1905-1990), à l'égal d'un Jean Renoir ou Jacques Becker est un réalisateur anglais plutôt méconnu ici. Un de ses derniers films, le sublime The Peeping Tom (Le voyeur) fit scandale et sonna le glas de sa carrière, bien qu'il la termina aux USA, directeur du studio Zoetrope de Francis Ford Coppola. Un singulier gentleman.
Read MoreCes quinze derniers jours, passé pas mal de temps devant l’écran de la télé et eu envie de vérifier les dires de tous ceux qui balancent en masse des listes de films et de docu. Le bureau de vérif de La Nuit en ressort ceci, dans un désordre total, pour vous éviter les trucs abscons.
Read MoreAlors que le réalisateur Bong Joon-ho a captivé le public à l'étranger avec sa sombre satire “Parasite”, en Corée, le nom de son sous-titreur en anglais, Darcy Paquet, a fait les gros titres des médias locaux. L’occasion de s’intéresser à un métier indispensable pour que le cinéma s’exporte, et pourtant totalement sous-estimé, celui de sous-titreur.
Read MoreIci, un homme tombe amoureux d’une femme qui l’est déjà et va tout faire pour la conquérir. Le premier, c’est Marcello Mastroianni, la seconde, Maria Schell, et l’absent, Jean Marais. Adapté de Dostoïevski, c’est un film atypique et en décors reconstitués dans la filmographie de Luchino Visconti, où ne semblent se mouvoir que les deux personnages qui mènent le récit.
Read MoreJe ne suis pas aussi emballé qu'Antonin par la mise en scène de Christoph Marthaler du spectacle sur Charles Ives, mon compositeur "classique" préféré avec Edgar Varèse, mais je suis resté scotché à l'écran pendant les deux heures dix de la projection.
Read MoreLa cravate à deux nœuds de la nullité politique et du ratage esthétique étrangle doublement les auteurs de La Cravate. Ayant voulu recréer par une somme d'artifices immodérée un adversaire à leur mesure, ils auront d'autant plus raté la mesure de l'adversité, la reconnaissance de l'ennemi qu'il y a en soi et les courts-circuits de la réversibilité cinématographique. Nœud coulant, film coulé.
Read MoreAprès avoir regardé le “Sàtàntango” de Béla Tarr, on se dit qu’il est plus nietzschéen que proustien. Chez lui, et plus précisément ici : "Le monde subsiste; il n'est pas quelque chose qui devient, quelque chose qui passe. Ou plutôt : il devient, il passe, mais il n'a jamais commencé à devenir et ne cessera pas de passer - il se maintient dans ces deux processus... il vit de lui-même : ses excréments sont sa nourriture..." Alors, pourquoi 7,30h pour un film ?
Read MoreFAME présente à partir du mercredi 12 février une vingtaine de films et documentaires de fiction et d'animation sur la musique. Soient cinq jours de projections, de rencontres, de performances, innervés par l’envie un peu folle d’une expérience collective et musicale. Le pari des programmateurs, Olivier Forest et Benoît Hické : raconter des histoires, dire le monde à travers son beat, ses pulsations et ses secousses. Let’s swing together …
Read MoreLa mort du cinéma ce n'est pas de la théorie, c'est un état de fait pour les Soudanais qui, malgré l'islamisme et l'armée, ne s'empêchent pas de cultiver la bosse du cinéma, dans une vieille amitié comme un trésor d'enfance retrouvée. Talking About Trees de Suhaib Gasmelbari est le plus beau film de la fin 2019 comme il est le plus beau du début 2020. Sa bande des quatre, mousquetaires, mules et émules de Charlie Chaplin, ne FONT plus de cinéma à l'endroit où il a été détruit, c'est leur tragédie. Ils SONT pourtant le cinéma, parce qu'ils l'incarnent pour le disciple y reconnaissant un héritage d'émancipation ayant anticipé de peu le souffle populaire et révolutionnaire de l'an passé.
Read MoreLes 30 et 31 décembre derniers, la BBC Four a diffusé le documentaire en deux parties de Martin Davidson & Nick Watts, “Lost Home Movies of Nazi Germany”. Les films tournés par les soldats allemands à Paris sont époustouflants, touristes en uniformes vivant le fantasme joyeux de la ville lumière. Le port de l'étoile jaune est tout aussi révoltant.
Read MoreSamedi 18 janvier , pour la cinquième édition du festival vidéo “The Blind Leading The Blind”, Chez Madame Rosa convie le travail de Nelson Sullivan, General Idea, AA Bronson, Unglee, Tom de Pékin, Kent Monkman, Fred Morin et Alexis Langlois au CAC Latraverse à Alfortville pour témoigner et partager 30 ans d’activités queer.
Read MoreSa mère, atteinte comme lui de tuberculose, est morte quand Luce avait 8 ans. Pour son fils Nicolas, elle ouvre la malle où s'entassent les souvenirs des tournages. Luce, humble mais déterminée, a défendu et protégé l'œuvre de son père, Jean Vigo, dont les quatre films, deux courts et deux longs, sont des bijoux mêlant sensibilité poétique et invention cinématographique.
Read MoreCe qui se passe au cinéma lorsqu’un personnage chante sur la chanson qu’il écoute : une somptueuse investigation d’une bizarrerie significative avec l’aide des films de Nanni Moretti.
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