Elisabeth Ballet fait danser son œuvre au Mac-Val: Tout En Un Plus Trois
Je m’intéresse à la combinaison de l’abstraction et du sujet pris dans le réel. A partir de ma perception de l’espace, je définis un programme qui règle mes envies et ma manière de travailler.
Élisabeth Ballet, Lazy Days, 2007 Échelle en bois, peinture murale, dimension variable (échelle H 315, 5 cm) — Vue de l’exposition « Sept pièces faciles », Le Grand Café, Saint-Nazaire © Adagp, Paris 2017. Photo © Marc Domage.
J’engage mon travail sur les questions du déplacement dans l’espace, sur l’articulation du dehors et du dedans, des mots aux choses, du dessin vers la sculpture, du mur vers le centre, du plan vers le volume et plus généralement d’une œuvre vers l’autre. Les sculptures sont de la pensée en acte, elles sont totalement lisibles (surfaces transparentes, enregistrement de leur environnement) et tiennent le spectateur à distance, c’est-à-dire qu’elles obligent à une déambulation mentale. Elisabeth Ballet
D’Élisabeth Ballet, Les idées, série Sept pièces faciles, 2007 Enseigne lumineuse — H 40 × L 226 × P 8 cm Vue de l’exposition « Sept pièces faciles », Le Grand Café, Saint-Nazaire. © Adagp, Paris 2017. Photo © Marc Domage.
Si Tout En Un Plus Trois offre un éventail de sa pratique sur plus de 30 années de travail, elle n’est pas totalement conçue comme une rétrospective, car chaque œuvre, extraite d’une des nombreuses séries de l’artiste — toutes ici représentées — est réactivée pour l’occasion, remise en jeu voire réinterprétée. Le commissaire, Frank Lamy, préfère alors parler de « rétrospective prospective ». Ainsi, l’exposition du MAC VAL éclaire le travail d’Élisabeth Ballet en 2017 en racontant une histoire non pas du passé, mais du présent.
Élisabeth Ballet, Smoking & Brillantine, 2011 Acier, dimensions variables Vue de l’exposition « Immersion », Musée d’art et d’archéologie de Valence. © Adagp, Paris 2017. © Marc Domage.
Les matières et les formes s’encastrent, se complètent, se repoussent, s’attirent et invitent les visiteurs à déambuler dans un vaste dispositif qui se joue de l’architecture en se faisant architecture, où les corps rentrent en interaction avec les sculptures, où les œuvres orientent les regards, dessinent des espaces de protection, créent des perspectives, se font sculptures, chemins, corridors, seuils ; où parfois les mots se font œuvres et où les œuvres se jouent des mots.
Fidèle à son habitude, Élisabeth Ballet livre ici des traces éparses de repères autobiographiques en laissant apparaître un habile jeu d’opposition entre espace public et intime, laissant ainsi émerger l’ébauche d’un récit.
Un récit interactif qu'il reste à construire avec vos déplacements et circulations dans l'espace du Mac-Val. CQFD
Maxime Duchamps le 13/12/17
Tout En Un Plus Trois d'Elisabeth Ballet -> 25/02/18
Mac-Val Place de la Libération 94400 Vitry-sur-Seine