Ange Zero ou le cyber-punk mystique de Marek Oliver Schot à l'Ocrerie

Le Domaine de l'Ocrerie accueille Ange Zéro, première exposition personnelle d'envergure de Marek Oliver Schot en Bourgogne. Plasticien et sculpteur, l'artiste y déploie sa cosmologie d'icônes-anatomies-figures humaines recomposées à partir de bois récupérés sur ses chantiers et ateliers ; là où ou la pauvreté des matériaux entre en résonance avec une dimension presque sacrée de la sculpture.

L'exposition réunit la série complète des Anges et des Anatomies, accompagnée d'un corpus de dessins, encres, fusains et tirages pigmentaires en édition limitée. Pièce maîtresse de l'ensemble, une sculpture monumentale ailée de trois mètres d'envergure incarne le motif fondateur : un ange en construction, mi-raccommodé, mi-abandonné, dont l'inachèvement révèle la vulnérabilité.

Marek Oliver Schot puise ses références dans la tradition iconographique de la Renaissance — Fra Angelico, Jérôme Bosch, Léonard de Vinci, mais aussi la Divine Comédie de Dante. Son travail explore les corrélations entre le profane et les diverses formes du sacré, à travers un langage graphique de stratifications et d'accumulations qui interroge la matière avec laquelle nous bâtissons notre vie et nos croyances.

Mais comme j’aime beaucoup les liaisons aussi sottes que grenues, je vous pose cela ici : le cyberpunk constitue fréquemment une vision plutôt pessimiste de notre avenir. Ainsi y sont décrits des problèmes tels que la pollution, l'essor de la criminalité, la surpopulation, le décalage de plus en plus grand entre minorité de riches et majorité de pauvres.

Il brosse un portrait sinistre et noir du monde qui serait alors entièrement dominé par des programmes informatiques et où les multinationales ont, pour la plupart, remplacé toute forme de gouvernement. Le concept de techno-accélération y est important, la technologie avançant plus vite que la pensée et la société, l'humain semblant dépassé par la machine. Cela fait sens, non ? Dans un monde de récupération, y retrouver une part divine absente. C’est du moins ce que j’y vois.

“Sur plusieurs années consécutives, ce travail s’est transformé en une série numérotée, à travers laquelle s’est traduit une volonté d’arriver à un résultat conforme à l’origine d’une pensée - la part sacrée de la matière.
C’est cet inachèvement de ces icônes-anatomies qui a matérialisé le vocabulaire de cette série — dont l’ange-zéro en est le premier.
" MAREK OLIVER SCHOT

Jean-Pierre Simard, le 28/09/2026
Marek Oliver Schot - Ange Zero -> 11/10/2026
Domaine de l’Ocrerie - 8, rue du 24 Août 89240 Pourrain