Paysage urbain pas sage :« Paris, musée du XXIe siècle – Le dix-huitième arrondissement »
En développant une manière bien spécifique d’aborder chaque recoin d’un arrondissement parisien et d’en extraire une façon neuve et puissamment politique d’aborder, comme mine de rien, le paysage urbain, Thomas Clerc nous offre un malicieux chef-d’œuvre.
Depuis mars 2018, j’habite rue M.-S., dans le 18e arrondissement de Paris. Après le 10e arrondissement, si minéral, et la rue du Faubourg Saint-Martin, où j’avais vécu quinze ans, j’éprouvai le besoin de déménager. J’avais envie de neuf, de nouveauté. Les déménagements rajeunissent, comme les décisions, pourtant je ne savais pas où je voulais vivre, dans ce Paris où j’ai toujours vécu. Sans attirance pour un quartier en particulier, je visitai donc un grand nombre d’appartements, des mois durant. Je me rappelais un ami qui avait acheté le premier appartement qu’il avait vu, à l’étonnement de l’agent immobilier qui connaît le caractère aléatoire de la pierre humaine. Pour ma part, j’ai visité 72 appartements avant de me fixer sur celui que j’habite et où j’écris ces lignes. Le chiffre 72 paraîtra sans doute disproportionné à la plupart des gens qui, comme l’ami que je viens d’évoquer, se décident vite en ce domaine ; mais je garde un sens de l’idéal qui me coûte. Au cours de mes plongées dans divers coins de Paris (hors le 10e, que j’avais épuisé) je trouvais toujours un détail qui freinait mon élan. Que choisir ? est le nom d’un magazine, c’était devenu la devise provisoire de ma vie. Les agents immobiliers me relançaient, je ne donnais pas suite. Parfois, je visitais un appartement, dépourvu de toute envie réelle de l’habiter, pour le simple plaisir de voir des lieux neufs, d’imaginer d’autres existences, sous l’œil soupçonneux d’un homme en costume gris qui me voyait dire « non » au bout de quelques minutes, sinon de quelques secondes. Puis, un beau jour, à la faveur d’une erreur de rendez-vous dans un immeuble de grande hauteur, les choses prirent une autre tournure ; j’avais passé ma vie dans des immeubles anciens, et pour la première fois l’idée d’habiter dans du moderne me séduisit. Vivre dans un immeuble des années 1970, ceux dont j’avais souvent fustigé la laideur dans mon livre sur le 10e arrondissement, où la rubrique AFS (à faire sauter) frappait avec trop de complaisance les immeubles nés, comme moi, dans ces années du modernisme triomphant, m’apparut soudain comme une conquête sur mon préjugé. Je fus saisi par la clarté de ces volumes qui résonnait avec mon désir d’espace. Le Corbusier n’avait-il pas décrit la devise de l’espace mental et architectural soleil / espace / lumière ? Moi aussi j’avais besoin, comme tout le monde, de perspectives nouvelles. À peu près au milieu du gué de mes visites, je décidai de me fixer exclusivement sur des appartements construits entre 1950 et 1980. J’avais changé d’avis, une attitude mentale qui me correspond et fait souvent du bien.
Le désir de changement me poussait à partir du centre ancien du vieux Paris, que je connaissais trop bien. Si je devais m’installer dans du neuf, ou plutôt du semi-récent, pour employer le langage de la profession de marchand de biens, autant faire coup double et découvrir les régions du Nord de Paris. Je m’installai donc dans un 18e arrondissement entièrement vierge pour moi, à Marx-Dormoy, dans le quartier de La Chapelle ; je connaissais en revanche, depuis mon enfance, le 18e de Clignancourt, mes grands-parents Clerc ayant vécu rue Ramey de 1939 à 1990. Je n’ignorais pas les connotations de pauvreté, de saleté voire d’insécurité attachées à La Chapelle, mais je ne m’en souciais pas, a fortiori lorsqu’elles se trouvaient colportées par des gens qui n’y avaient jamais mis les pieds et qui habitaient sur la rive gauche ou dans les quartiers branchés ou bourgeois que j’avais connus et que je souhaitais quitter. Je dirais même que ces aspects de pauvreté, de saleté, de danger, m’attiraient parce que j’aime le côté louche des choses. Par une obstination caractéristique des natifs du signe du Taureau (qu’on veuille bien excuser cette croyance absurde qui recèle peut-être un fond de vérité), je m’accrochai à cette idée de fuite vers le Nord, que parmi mes proches, on accueillit avec scepticisme – comme si l’on savait ce qui nous pousse à changer de territoire. Je fus converti à la beauté locale un soir de printemps, sur le pont Riquet, qui surplombe majestueusement les voies ferrées, à cet endroit extrêmement larges, et donne le sentiment exact d’un avenir et d’une amplitude qui n’existe guère à Paris, ville fermée, dense et resserrée sur elle-même. À travers le fin grillage du pont qui relie le 18e au 19e arrondissement, mon regard scrutait les rails qui mènent de la prose à la poésie, et du XXe au XXIe siècle. Il était sept heures du soir. Le bleu pétrole du ciel, un vent fort, un air de grand large, presque maritime, s’empara de moi, sensation qu’il est aisé de se procurer en faisant l’expérience de cette traversée. Je fermai les yeux, et après une parenthèse de quelques mois dans le 14e arrondissement, je me retrouvais dans un territoire nouveau. Je respirais.
Publié en 2024 chez Minuit, « Le Dix-Huitième Arrondissement » est le deuxième volume du projet au long cours « Paris, Musée du XXIe siècle » que Thomas Clerc a initié en 2007 avec « Le Dixième Arrondissement ». Tributaire des déménagements (et emménagements ultérieurs en conséquence) significatifs de l’auteur (qui sont donc, apparaît-il, relativement rares), le projet ne peut avancer que beaucoup trop lentement au goût de celles et ceux qu’il avait su séduire. Mais le moins que l’on puisse dire est que la patience aura été largement récompensée : si l’on retrouve pour l’essentiel l’arsenal de pratiques itinérantes et descriptives utilisées précédemment pour rendre compte d’un tissu urbain donné (on citera pour mémoire et joyeusement les immeubles AFS (À Faire Sauter), le projet, le L’ignoriez-vous ?, l’image mentale, la banalité de base, la ville antérieure ou encore la figure locale – et plus que tous les autres peut-être, le fabuleux geste votif, qui mériterait son exégèse complète à elle seule), l’arpentage du dix-huitième arrondissement pousse l’expérience et l’ensemble des curseurs nettement plus loin, instillant un systématisme différent, un humour renforcé et une malice augmentée.
On avait mentionné, à propos du dixième arrondissement de 2007, que l’approche spécifique proposée alors par Thomas Clerc n’était ni simple déambulation commentée (le charme spécial de Léon-Paul Fargue est loin, ici) ni leçon de psychogéographie (ne serait-ce que par l’omniprésence de la méthode dans cette vraie-fausse dérive), ou alors tangentant les versions très contemporaines qu’en offrent un Philippe Vasset ou un Xavier Boissel. Le travail supplémentaire développé pour « Le Dix-Huitième Arrondissement » s’en écarte encore davantage, et introduit en force et en beauté tout un art de l’à-propos et toute une technique rusée de la digression (qui évidemment, in fine, en sera bien rarement une, de digression).
La RUE D’AUBERVILLIERS (1 820 x 30 m), la plus orientale du 18e arrondissement, est très longue mais limitrophe du 19e, qui a gardé toutes les habitations pour lui, le côté 18e étant constitué par le seul jardin d’Éole, qu’on peut prendre si on veut croiser des déviants en nombre ; si l’on veut jouir d’un trottoir large, on se contentera de le longer. Panorama : la vue est ici splendide, dégagée par le vaste ciel, les voies ferrées, les immeubles en retrait du parc, et cette absence de vis-à-vis qui fait que le jardin lui-même, augmenté du rail, semble repousser la ville dans des terres lointaines. C’est pour ce genre de beauté trouée qui ne rappelle en rien Paris (on se croirait à Berlin ou dans une ville de Calvino) que j’ai choisi de vivre par ici, de fuir l’étroitesse d’une ville fermée, bourgeoise, qui n’a plus grand-chose à donner au monde. Au croisement du pont Riquet, poste-frontière qui relie les deux arrondissements, les voies sont cachées par les entrepôts Tafanel, marque de bière que je n’ai jamais bue nulle part. Un grand mur orné de fresques éphémères accompagne mes pas ; ce qu’il y a de bien dans le street art, c’est le repentir permanent. Danger : les frères Kouachi ont vécu au 156 ; je ne devrais pas le mentionner, je ne le fais qu’en passant et pour racheter cette incursion dans un arrondissement ennemi, je fais un geste votif car je me trouve ici (c’est-à-dire à l’intersection Crimée/Aubervilliers) au point le plus nord-est de notre 18e. Distorsion sensorielle : l’air, le ciel, les nuages, un paysage mêlé de barres 1970 et de blocs contemporains qui fait très peu parisien. Air de Paris : Paname, on t’a chanté sur tous les tons… Je prends sur la gauche la fin de cette rue qui se mue en tunnel, tunnel qui ne m’angoisse pas parce qu’il est court et ajouré, et se conteste donc en tant que tunnel, puis je sors dans un paysage complètement remodelé par les travaux du Grand Pris : à droite le nouveau quartier Rosa-Parks (où j’ai failli vivre au lieu d’acheter mon appartement actuel, ce qui fait que ce texte se serait appelé Le Dix-Neuvième Arrondissement et aurait eu une tout autre figure) ; à gauche, construite sur une éminence, la féérique zone industrielle Cap 18, qui vit peut-être ses dernières heures car les travaux du CDG EXPRESS l’ont déjà éventrée. Distorsion sensorielle : la route, comme dirait un non-Parisien, monte en courbe, le flot des voitures est dirigé comme dans un jeu vidéo selon des trajectoires schématiques. On se trouve à présent à l’angle du boulevard Ney et de la porte d’Aubervilliers, dans ces zones où Jean Rolin m’a précédé et qui se ressemblent toutes : gros trafic, échangeurs, ponts routiers. La rue se prolonge logiquement en AVENUE DE LA PORTE-D’AUBERVILLIERS (325 x 30 m), qui mène, moins logiquement, à Pantin. Peu avant le pont autoroutier, une mystérieuse structure années 1930 se dresse au départ d’une rue construite dans ces mêmes années, mais je ne fléchis pas et j’avance, je suis à présent sur le pont de l’autoroute A1. Scène : je m’arrête pour regarder les voitures comme d’autres contemplent les avions ; je suis au balcon du modernisme. Absorption temporaire : le fleuve à trois voies, où les voitures ne s’arrêtent jamais, m’hypnotise. Poème de site : le cycle permanent / de la machine auto. Je retrouve la naïveté de l’enfant qui, avant de faire rouler ses petites voitures, se contentait de les regarder. Un migrant marche le long du périf ; des klaxons crient, le vent souffle ; des banalités se passent. Animalerie : sur les bas-côtés du pont, un rat se mêle aux décombres ; il est seul parce qu’il est diurne. Sur ma droite s’étend l’ingrate place Skanderberg, héros national de l’Albanie, auquel j’ajoute un « r » qui sonne mieux. Projet : aller à Tirana, bien que j’y sois presque. Je m’avance jusqu’à une zone indéterminée, la future gare Fillettes-Mines, bâtie sur l’ancienne, fer de lance d’un « nouveau quartier » encore bien vague. Je m’aventure sur le chantier, je salue l’agent de sécurité, son chien aboie, pour le faire taire je lui dis « la caravane passe ». Des bâtiments se construisent sans stratégie claire, où l’argent manque autant que l’ambition. Il n’y a aucun piéton, aucun signe historique ou symbolique auquel je puisse me raccrocher. Je me sens libre, détaché de tout territoire. Derrière moi, accroché à un lampadaire, le panneau Paris se pare d’un réalisme irréel. Image mentale : les photos noir et blanc d’Anka Ptaszkowska, les panneaux d’entrée PARIS et de sortie PARIS, intitulée Six mètres avant Paris. Je rentre au pays.
Avoir soi-même vécu longuement dans le dixième arrondissement et être établi depuis quelques années dans le dix-huitième arrondissement parisien n’est peut-être pas étranger au charme et à la résonance personnelle qu’instille Thomas Clerc au fil de ces presque 600 pages passionnantes de bout en bout (s’il ajoutait ces prochaines années le quatrième, le cinquième, le onzième et le quinzième, la boucle pour moi serait en quelque sorte bouclée). Mais son travail, à coup sûr, ne nécessite aucune connaissance locale préalable, et la malicieuse précision de la cartographie mentale qu’il met en œuvre supporterait même, certainement, l’absence de plan de ville sous les yeux en suivant ses pérégrinations (même si sa présence viendrait sans doute épicer encore certains passages où la géographie pure se fait contrainte et opportunité). La lecture intime qu’il propose ici de la ville, tranche de tissu urbain arrachée autant au hasard qu’à la nécessité, se fait résolument politique, même lorsqu’elle affecte de se laisser entraîner quelques instants par le fortuit ou par le (savoureux) coq-à-l’âne.
S’il use de moyens techniques et esthétiques fort différents de ceux d’un Mike Davis, Thomas Clerc, par son savant mélange d’incongruité apparente, de joie primesautière et de causticité complice, devrait changer chez beaucoup de lectrices et de lecteurs la manière même de considérer (dans tous les sens du terme, pourrait dire Marielle Macé) la ville autour de soi, et d’introduire en permanence dans ce regard la part nécessaire de songe politique et d’archéologie de l’instant (chère à Bruno Lecat), tous deux puissants instigateurs de l’action comme chacun sait. Et c’est ainsi que la littérature sachant nous dérouter gaillardement est grande.
À 165 pas de chez moi se dévide la cruciale RUE DE L’ÉVANGILE (910 x 18 m). Dans ses Projets d’embellissements rationnels de Paris, Guy Debord préconisait d’en effacer le nom, « un nom sale ». Banalité de base : l’irréligiosité de Debord a vieilli ; pourtant elle est éternelle. Si l’on applique son programme anticlérical à l’islam, on obtient une confusion dans le système. Titre : Trouble dans le culte. Foin de ces prêches, avançons ! car la rue nous appelle. Elle naît en courbe sur la place du village Torcy. Les gens qui font la queue pour les p’tits restos sympas du 2 ignorent sans doute que derrière ces gargotes se cachent des taudis qui n’ont pas bougé depuis L’Assommoir. Intrusion : si on pénètre dans la cour pavée qui est l’arrière-cuisine des bouis-bouis asiatiques, on découvre un ensemble de bâtiments vétustes, à un étage, en torchis ; ce squat sert de toit aux zonards de la place Torcy. L’une des fenêtres du rez-de-chaussée n’est qu’un trou sombre rempli d’immondices d’où surgit un matelas des profondeurs. Le soir, on tapine dans ce bouge. Je ressors du XIXe et retrouve les figures locales des SDF sous l’abribus du 35 et du 60 ; l’un d’eux, particulièrement, me fascine, les pupilles dilatées soit par le crack soit par la maladie de Basedow. L’ignoriez-vous ? Glafira Ziegelmann, la première femme admissible à l’agrégation de médecine, fit sa thèse sur cette maladie, autrement nommée hyperthyroïdie ; on ne peut pas omettre son confrère et rival Louis-Ferdinand Céline (➝ rue Ravignan) qui mit au point en 1933 un médicament, la Basedowine, commercialisé jusqu’en 1971. Après cette parenthèse médicale, nécessaire pour un quartier qui souffre tant, nous reprenons notre quête. L’immense supermarché chinois surmonté d’un immeuble 1970 fait face aux trois squares d’agrément. Sacrifice de pièce : je réserve la visite du Paris store pour un futur projet de description de grandes surfaces. Je relève juste la nature vieillotte du revêtement de sol qui fait penser aux boat people ; les caissières ont des blouses d’un gris que je ne sais pas qualifier, gris défaite. Sur le long rebord cimenté du supermarché reposent toujours un certain nombre de figures locales. L’une est une clocharde hallucinante, petite alcoolique aux traits ravagés, à la chevelure en bataille, qui rit sardoniquement ou insulte les passants quand elle est en forme, et ne manque jamais de se déchaîner à mon passage en m’interpellant « oh ! le p’tit pantalon ! » parce que mes tenues vestimentaires la font rire et que je lui procure quelques secondes de réalité augmentée. L’autre est Philippe, ce grand SDF de mon âge, vêtu d’un teddy et d’un jean trop large, qui a curieusement une tête de notable (il ressemble à un éphémère ministre) et porte beau, malgré sa déchéance. Comme je passe devant lui tous les jours, je ne peux pas activer ma performance clochard mais lui donne de temps à autre quelque menue monnaie. Je ne tiens pas à augmenter l’alcoolisme à mon avis léger de cet homme, auquel j’ai aussi refilé une bouteille de piquette que m’avait offerte un ami radin dont je tairai le nom, mais je lui ai promis d’aller un de ces jours boire un verre dans un café de la rue de l’Olivier, ce que j’ai sans cesse remis. Image mentale : Johnnie Walker. Apparition : je croise Olivier Besancenot (et son chien) et comme il a l’air aveant, je lui dis « j’ai voté pour vous en 98 », à quoi il répond « ah ! c’était vous » avec un esprit de Montmartre qu’on n’attend pas nécessairement de l’extrême gauche. Le croisement suivant est celui de la rue Marc-Séguin, dans laquelle on peut s’engager en voiture ou en taxi depuis la place du métro Marx-Dormoy ; mais nous restons à pied et prenons le deuxième tronçon évangélique tout à fait différent du premier, rectiligne et sans possibilité de se garer. Il est en revanche emprunté par les bus 35 et 60, qui desservent exclusivement des quartiers populaires. Projet : Paris-bus, une description de la ville par lignes de bus. On sait que Jacques Roubaud a déjà épuisé le 29. Il se pourrait que je m’occupe du 39. En attendant, nous passons au 16 devant un énorme immeuble en travaux qui s’éternisent depuis quatre ans, construction de bureaux inutiles dont je vois l’arrière depuis ma cuisine. Intrusion : je vérifie que ce chantier tue le charme de la cour comme le télétravail tue le sens du travail. Image mentale : construire, disent-ils. Piège : cet immeuble produit un effroyable vrombissement nocturne dû à la malfaçon de sa pompe à chaleur, qui se répercute jusque dans ma cour et m’empêche de dormir depuis des mois. Je lutte pour que ça cesse, mais je lutte administrativement, c’est-à-dire en vain. En face, au 11, un lycée technique est absurdement appelé Edmond-Rostand, comme s’il y avait quelque rapport entre les polymères et Cyrano de Bergerac ; il est vrai qu’il n’y a pas non plus de rapport entre la culture et Rachida Dati et c’est la raison pour laquelle je me livre à une performance nocturne sur la BMW abandonnée depuis un moins dans ma rue, au croisement Évangile / Séguin, que je couvre entièrement d’affiches faites main « cette voiture appartient à Rachida Dati », ce qui a pour effet l’enlèvement du véhicule le lendemain même.
Hugues Charybde, le 28/09/2026
Thomas Clerc - Paris, musée du XXIe siècle – Le dix-huitième arrondissement - éditions de Minuit
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Thomas Clerc par Mantovani