Passé sous le radar : la Scène et son folk-psyché nippon addictif
Pour leur second album qui paraît, ils ne sont pas pressés, sept ans après le précédent « Ten no Sekido » , La Scène, groupe nippon qui fait des vagues à l’âme propose “ 不体失創造 “ (Futaishitsu Souzou), un opus qui s’attache à parcourir un chemin visible au-delà des ténèbres. Peut-on découvrir un cosmos différent tout en affrontant la vie, la mort et la souffrance — ces expériences que tous les êtres traversent — sans ni les rejeter ni y succomber ? À travers la musique, l’album aborde cette question.
La scène - 不体失創造
Futaishitsu Souzou est un double album de 11 titres, dont les derniers remixes de « Tainomiya » et « Tada Hitotsu no Shiorenai Yume (Le seul et unique rêve qui ne s’estompe jamais) » — des morceaux initialement proposés en téléchargement gratuit comme cadeaux de fin d’année en 2021 et 2022 respectivement. L’album a été entièrement autoproduit par la scène 裸身. Eiji s’est chargé des arrangements, de l’enregistrement, du mixage et du mastering. Avec Hiroshi Kurosawa: guitare électrique sur “Reiyou”, “Hido no Neiki”, “Futaishitsu Souzou”. Field recording sur “Tada Hitotsu no, Shiorenai Yume" et
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La scène 裸身 s’intéresse depuis longtemps à l’art réduit à sa forme la plus simple et plus élémentaire, à l’image de son nom qui fait référence au mot japonais « rashin », signifiant « corps nu ». Souvent, on perçoit cette transcendance dans le jeu de guitare planant et flamboyant qui fend ces morceaux en deux, œuvre du guitariste invité Hiroshi Kurosawa (d’Asylum). Par moments, la musique rappelle le rock psychédélique planant du Paisley Underground ; à d’autres, elle explose avec une intensité vibrante, grouillant de bruit et de larsens, qui s’inscrit dans la lignée d’exemples tout aussi délirants issus de la scène underground japonaise; on se souvient des Rallyzes Denudes . Et pourtant, « la scène 裸身 » est une entité à part entière, une vibration unique et singulière, une manifestation onirique d’un art visionnaire hermétique qui, prenant ses démons à bras le corps, les déshabille voile par voile, autant pour en afficher les couleurs autrement cachées, que pour les exorciser . Carton plein !
Pour tous ceux/elles qui croient encore que le psychédélisme parle seulement anglais, on conseille de relire Julian Cope et son Japrocksampler chez Le mot et le Reste. Et cela donne quelque peu envie de retourner voir des concerts, les leurs en particulier. Et plus vite que ça !
Jean-Pierre Simard, le 21/09/2026
la scène - 不体失創造 (Futaishitsu Souzou) - Inner Pleasure / An’archives