A l'époque de Pascal Praud, Rubin Steiner se demande ce qu'aurait fait Brian Eno. Merci de nous avoir posé la question

Pascal Praud est-il un rideau ? Un paravent qui gâche la culture actuelle ? Une figure exotique ( et caca !) chargée de dissimuler ce qui se passe en ce moment pour nous faire revenir aux hit-panades des 60’s carpentier et des émois catho rigoristes de tante Yvonne ? A tout cela oui. Mais, car il y a un mais, Rubin Steiner sort son jeu de cartes obliques et trace de biais dans la réalité à l’aide du brillant Brian avec son album azimuthé qui se tape royalement de la soi-disante réalité bol à raie.

Un peu de contexte : Érudit musical et influencé par le jazz, le hip-hop, le punk rock US 80's et la pop, la musique qu'il compose est tour à tour, selon les albums depuis 1998, electro-jazz, électronique, krautrock, pop, disco-punk, post-punk, house ou techno. En gros et en détail, c’est Bob Flappy athlète complet aussi à l’aise dans la réalisation ciné que guitariste de free jazz. De quoi défriser tous les wokistes qui n’aiment le Connemara qu’en version gras double arrosée de fin de soirée. En même temps que rassurer les aficionado qui naviguent sans boussole de Sun Ra à Kraftwerk et Derrick May, en passant par Martin Dennny et … Brian Eno. De quoi mettre en colère, à raison, les crétins atrabilaires des chaînes d’infox.

Que se passe-t-il donc ici qui mérite votre (totale) attention ? Disons qu’à l’apparence du bol breton ( rond avec liseré bleu et prénom mal écrit à la main et inénarrable dessin naïf de paysan au fond… ) que chaque visiteur s’offre comme souvenir, Rubin Steiner substitue un vrai kintsugi japonais. Et ce bol, casse-gueule dans l’esprit et la forme, revient recousu à l’or fin, régénéré et apte à servir d’autres nectars. Et, en 11 titres qui font un rapide survol de l’histoire de la musique qui l’intéresse, on passe de comptines électro en ode au créateur du synthé modulaire Buchla, à l’exotica qui titilla longuement les créateurs du trip hop, on sent la parenté avec Kirk Di Giorgio ( As One) qui mixait 90’S le jazz et la techno, ou encore un hommage somptueux à Briian Eno avec Golden Hours qu’on dirait tout droit sorti de Another Green World pour ensuite s’échapper du côté de Perrey (Eva) et finir en larmes comme le répiicant de Blade Runner… 
Stratégie oblige/que qui fait clore l’affaire en disant “Jordan, barre-toi de là, le monde n’a pas besoin de toi, alors que Rubin, ben ouais quoi… “

Jean-Pierre Simard, le 22/04/2026
Rubin Steiner - What Would Brian Eno Have Done - Platinum Records