Marc Ribot a mis 30 ans pour réaliser Map Of A Blue City - et c'est sublime !

Quand elle était enfant et lui jeune père, la fille de Marc Ribot a dessiné une carte d'une ville dans un bleu profond, riche et vif. Lorsqu'il a complimenté sa carte bleue, elle l'a corrigé : ce n'est pas une carte bleue, mais une carte d'une ville bleue. Cette distinction l'a marqué et a fini par inspirer une chanson intrigante intitulée Map Of A Blue City.

L'album Map Of A Blue City réfléchit à ce que signifie être perdu : la confusion et la peur, bien sûr, mais aussi l'excitation suscitée par tant de possibilités insoupçonnées. Son histoire est une carte étrange en soi, pleine de faux départs, d'impasses, de voies sans issue et d'une tragédie inconcevable, qui ont tous conduit à ce qui pourrait être sa déclaration définitive en tant qu'instrumentiste, auteur-compositeur et même chanteur. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un album de chanteur-compositeur, c'est le premier où sa voix plaintive et sage occupe une place aussi importante.

I usually play better on other people’s records’ … Marc Ribot. Photograph: Ebru Yildiz

Map Of A Blue City porte avec élégance le poids de son histoire, intégrant des enregistrements réalisés pendant près de la moitié de la vie de Ribot et réfléchissant à la manière dont il est arrivé à ce moment particulier. « En travaillant si longtemps sur cet album, j'ai vu le monde changer radicalement et ne pas changer du tout. Certaines des questions qui se posent aujourd'hui sont les mêmes que celles auxquelles je pensais lorsque j'ai commencé l'album, mais d'autres sont des choses que je n'aurais jamais pu imaginer à l'époque. Mais je pense que c'est pour cela que j'étais si déterminé à soigner la production. L'enregistrement est très compliqué, mais tout se résume à l'impression que l'auditeur a de la pièce dans laquelle il se trouve. Ces chansons contiennent des vérités dures et des observations froides. Je voulais que la pièce soit suffisamment petite pour qu'on ne puisse pas détourner le regard, mais suffisamment chaleureuse pour qu'on ait l'impression d'écouter un ami. »

En lisant l’interview du Guardian, vous apprendrez qu’Elton John est un super pianiste de jazz, que Ribot s’est arrêté de jouer en entendant la première fois Alison Krauss - et que comme nous - il considère Trump comme un vrai fasciste. C’est dit ! Pour les nouvelles du monde, vous prendrez un utilitaire de traduction. Allez, un effort pour comprendre la sublime de la chose…

Jean-Pierre Simard , le 2/06/2025
Marc Ribot - Map Of A Blue City - New West Records