Le dessin au risque de la photo de Valentin van der Meulen

Le travail de Valentin van der Meulen repose à la base sur une réflexion sur l’image, sa lecture et son lien avec la réalité. Ensuite, il retravaille ses premiers supports, en les redessinant pour les décontextualiser et les remodeler jusqu'à ce qu'ils perdent tout lien avec l'original et révèlent leur propre singularité.

House Project  - Drawing Now 2014

House Project - Drawing Now 2014

Dans un premier temps, travaillés à partir d’image d’actualité de la presse écrite ou d’internet, incluant aujourd’hui des images de sa sphère privée, ces grands dessins représentent principalement des individus sur fond noir. Réalisés au fusain et à la pierre noire, ils tendent à faire perdre tout contexte à l’image et son sujet (par recordage, morcellage, contraste et l’effacement), le spectateur ne pouvant plus ainsi les relier ni à un événement précis ni à une actualité que l’image à son origine était censée représenter.

Soleil Noir  2016

Soleil Noir 2016

Dans un second temps, ces dessins sont en partie ou totalement effacés. Destruction ou continuité de processus de l’acte du dessin, ces effacements sont réalisés tant en atelier que lors d’interventions publiques. Effacer l’image c’est effacer autant son sujet que l’objet qu’est l’image. Lui donner une temporalité propre, la rendre insaisissable ou révélée.

Plaçant le spectateur entre « ce qui a été »  et « ce qui reste », l’effacement permet de s’interroger sur des notions de manque, d’éphémère, de disparition, de mémoire mais aussi de trace et d’héritage. Ces notions sont devenues aujourd’hui le socle de son travail. Et celui-ci de résonner étrangement dans le flot continu des images d'actualité qui, par leur nombre, ont perdu tout singularité pour arriver à une vraie vacuité. Ici, c'est singulier parce que construit et appréciable parce que désiré… Tiens donc,  les images en flux ne charrieraient plus aucun désir. On note !

Friedrich Angel

Welcome to Our Paradise

Welcome to Our Paradise

Shot #2 - 2015

Shot #2- 2015

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