6 juin 2019

Susan Meiselas Shortie on the Bally. Barton, Vermont, USA. 1974.  © Susan Meiselas | Magnum Photos

Susan Meiselas Shortie on the Bally. Barton, Vermont, USA. 1974. © Susan Meiselas | Magnum Photos

Fuyez les baisers de l'hypocrite, ses lèvres sont empoisonnées.

Proverbe syrien

Je préférerais m'asseoir sur un potiron.

H.D. Thoreau


actu.jpg
Photo Serge d’Ignazio. Allez voir  son portfolio sur Flickr . C’est incontestablement un des tout meilleurs photo-journalistes des mouvements sociaux. Et pas du riot porn.

Photo Serge d’Ignazio. Allez voir son portfolio sur Flickr. C’est incontestablement un des tout meilleurs photo-journalistes des mouvements sociaux. Et pas du riot porn.

IMG_5345.jpg

On ne va pas se mentir : le mouvement des Gilets jaunes ralentit, le moteur a des hoquets, les conducteurs sont divisés sur la route à suivre, mais va-t-il s’arrêter tout à fait et en rester là, ou prendre d’autres formes ? Et comment pèsera-t-il sur l’avenir ? Parce que nous faisons ce pari : rien ne sera oublié. Et le phénix, une fois de plus, renaîtra.

mercedes_amg_gtr_gt-rD304452.jpg

Une véritable vague verte a frappé le pays. Les YouTubeurs critiques mettent en garde contre le vote pour la CDU et le SPD et semblent considérer les Verts comme une alternative progressiste. Mais c’est un peu court et peut aussi être dû au refus du journalisme critique de faire son travail : les Verts et surtout leurs deux coprésidents (Robert Habeck et  Annalena Baerbock) jouissent apparemment d'une complaisance sans limites. Il est temps de déconstruire le mythe vert irréel. Par Jens Berger.

pub.jpg

LA RATP a ouvert un appel d’offre pour l’exploitation des panneaux publicitaires numériques dans le métro. Cela signifie que ces écrans, qui envahissent les transports en commun depuis 2010, vont se multiplier. Le métro est un espace utilisé quotidiennement par des centaines de milliers de francilien.ne.s qui n’ont parfois pas d’autre choix pour se déplacer. Il est urgent qu’il soit traité comme un véritable espace public, mettant à disposition un mobilier confortable, accessible et libre de toute forme d’exploitation de notre attention, de notre regard, de nos désirs. De plus, beaucoup de gens favorisent les transports en commun pour des raisons écologiques. Cela n’a pas de sens d’en faire des lieux d’appel à la surconsommation! Comme le montrent les résultats de la consultation publique de la RATP de fin 2016, les usager.e.s sont opposé.e.s à la présence des écrans numériques dans le métro. Cette consultation doit être prise en compte. Pour toutes ces raisons, nous vous invitons à signer la pétition qui demande à la RATP l’arrêt du déploiement des écrans et le retrait de ceux déjà présents.

non.jpg

“Le bien public est tout simplement le patrimoine de ceux qui n'en ont pas, et nous devrions plutôt travailler à rendre ce patrimoine totalement invendable. Une autoroute, un aéroport, rapportent de l'argent, mais cet argent devrait revenir au bien commun, et être mis au service du peuple. La perte subie lorsqu'on vend un bien commun, est donc inestimable pour la communauté.” L’Autre Quotidien est allé interviewer Fabien Gay, sénateur communiste, à propos de la privatisation des Aéroports de Paris, et du référendum populaire qui, seul, pourrait maintenant l’empêcher.


“Le jeune Ahmed”, de Luc et Jean-Pierre Dardenne

“Le jeune Ahmed”, de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le Jeune Ahmed des belges Luc et Jean-Pierre Dardenne, L'Adieu à la nuit du français André Téchiné et Mon cher enfant du tunisien Mohamed Ben Attia se sont essayés avec des bonheurs inégaux (le troisième film est le plus réussi, les autres sont diversement ratés mais le ratage demeure toujours problématique) à penser de façon critique notre contemporanéité marquée par l’empreinte de Daesh sur les esprits. Cette inégalité est justement ce qu'il faudra montrer pour penser comment le cinéma d'auteur, saisi par les urgences des opinions sur la radicalisation, peine à penser son propre défaut de radicalité.

PHOTOGRAPHIE

©Frédéric Stucin  only bleeding  Le Bec en l’air éditions

©Frédéric Stucin only bleeding Le Bec en l’air éditions

On savait le photographe musicien, fan des Stooges d’Iggy Pop, comme de Bowie... C’est sans doute sur un de ces morceaux brûlants, écoutés à fond, au souffle rock des guitares saturées, que l’électricité innerve ou avec la ballade déceptive, aussi hypnotique qu’acide de Dylan qui donne son titre au livre, que Fred aborde le centre de Las Vegas, ville dédiée au jeu et à la perdition, en marchant le long du strip du Las Vegas boulevard jusqu’à Fremont Street. Echos…

Ed Alcock

Ed Alcock

Le Brexit en version "Home Sweet Home", par Ed Alcock

Dans la série Home Sweet Home, initiée par le Brexit, Ed Alcock engage une profonde réflexion sur sa mutation identitaire et celle de son pays d’origine, le Royaume-Uni. Il interroge le sentiment d’appartenance à une nation, celle que l’on appelle “Home”. Alors que l’Europe efface l’une de ses étoiles jaunes sur son drapeau, il observe son pays d’un œil à la fois tendre, ironique et désabusé, comme une façon de lui dire adieu. Se sentant exclu par un pays de plus en plus replié sur lui-même, le photographe a récemment obtenu la nationalité française.

MUSIQUE

Peter Cat Recording.Co

Peter Cat Recording.Co

Après une compilation sortie l’été dernier qui avait donné lieu à un super concert au New Morning, revoici les Indiens du Peter Cat Recording Co. avec leur Ainsi soit-il estival, un Bismillah d’excellente facture ayant pour particularité d’être d’ici, d’ailleurs et de partout, à l’instar du Song for Europe de Roxy Music.

ART

Présence Panchounette

Présence Panchounette

Pour Présence Panchounette, ce collectif d’artistes fondé à Bordeaux en 1969 et dissous en 1990, quelque part en France, l’exposition de leurs « œuvres lumineuses », à base d’installations incluant un système d’éclairage électrique dans leur compositions (appliques, guirlandes de Noël, flash d’appareil photo) et accompagnées de quelques peintures et œuvres graphiques, fait toujours la blague !

LIVRES

pole1.jpg

Dix-huit auteurs et dix-huit artistes pour une incroyable exploration de l’exploration, directement ou métaphoriquement polaire.

Errances au bord des routes, quête éternelle des Pôles, éclat des coïncidences révélées par le déplacement, devenir fossile ou animal, périples divinatoires, expérience de la gravité, résurgence des contes initiatiques, des symboles et des signes, cartes de tendre et divagations langagières, rêveries cartographiques à l’épreuve du réel, mémoire des paysages, mille fictions potentielles contenues dans une image, visions post-apocalyptiques, disparition des peuples et des îles, dérives mensongères et pièges de l’héroïsme, réussites éclatantes et petites gloires de l’échec – leurs textes sont traversés par des préoccupations intimes, historiques, écologiques et politiques, comme par la puissance d’évocation que charrient, encore, nos voyages malgré tout. Ils sont le récit d’un récit, l’exploration d’une exploration, un voyage autour du voyage. À nous de nous y perdre histoire de voir ce qu’on pourra, à notre tour, en rapporter. 

Collectif, Zones Blanches- récits d’exploration, éditions Le Bec en l’air

“Qui a peur ?” est un formidable roman d’apprentissage, cruel et cru, violent et beau, alliant technique et magie pour extraire une véritable mythologie des conflits génocidaires africains, du Biafra au Rwanda, et des émancipations possibles.

« Quand le père d’un enfant est Nuru, l’enfant l’est aussi. Alors j’ai été élevé en Nuru chez ma tante et mon oncle. Quand j’avais six ans, mon oncle m’a fait devenir l’apprenti d’un sorcier nommé Daib. J’imagine que je devrais lui en être reconnaissant. Daib était célèbre parce qu’il n’hésitait jamais à faire étalage de son art. D’après mon oncle, c’était un ancien militaire. Il connaissait la littérature aussi. Il avait beaucoup de livres… tous finiraient par être détruits, un jour. »

Nnedi Okorafor - Qui a peur de la mort - Livre de Poche SF


L'Autre Quotidien