31 octobre 2018

 
 
ÊTRE DE GAUCHE, C’EST D’ABORD PENSER LE MONDE, PUIS SON PAYS, PUIS SES PROCHES, PUIS SOI. ÊTRE DE DROITE, C’EST L’INVERSE.
— GILLES DELEUZE
  Christian Perrot |  Dans le Lego de l’urbanisme répressif et acharné à réécrire l’histoire des villes en gommant tout ce qui faisait leurs différences pour en faire les pièces interchangeables d’une mégalopole globale, indistincte, sans saveur ni caractère, mais facile à construire, surveiller et rentabiliser par l’implantation de franchises mondiales du café latte et de la sape, voici la pièce maîtresse : le mur standard de 3000 kg, livré montable en quelques heures avec l’aide de seulement quelques engins de chantier et deux centaines de CRS. Son utilité première est d’écarter les habitants et les usagers des lieux. De privatiser la ville. De se l’approprier sans contestation possible. De permettre aux promoteurs des projets de “rénovation urbaine” de continuer à rester murés derrière leurs certitudes et drapés dans leurs plans. C’est ainsi qu’en une seule journée, toute la place de  La Plaine, Marseille , a été emmurée, soustraite à sa ville, privée de vie. Le mur, avec barbelés en option, est pour l’instant la seule contribution notable du vingt-et-unième siècle à l’architecture.

Christian Perrot | Dans le Lego de l’urbanisme répressif et acharné à réécrire l’histoire des villes en gommant tout ce qui faisait leurs différences pour en faire les pièces interchangeables d’une mégalopole globale, indistincte, sans saveur ni caractère, mais facile à construire, surveiller et rentabiliser par l’implantation de franchises mondiales du café latte et de la sape, voici la pièce maîtresse : le mur standard de 3000 kg, livré montable en quelques heures avec l’aide de seulement quelques engins de chantier et deux centaines de CRS. Son utilité première est d’écarter les habitants et les usagers des lieux. De privatiser la ville. De se l’approprier sans contestation possible. De permettre aux promoteurs des projets de “rénovation urbaine” de continuer à rester murés derrière leurs certitudes et drapés dans leurs plans. C’est ainsi qu’en une seule journée, toute la place de La Plaine, Marseille, a été emmurée, soustraite à sa ville, privée de vie. Le mur, avec barbelés en option, est pour l’instant la seule contribution notable du vingt-et-unième siècle à l’architecture.

 
 
 
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Christian Perrot | « Parce que le monde bouge », clamait avec ferveur quelque réseau bancaire français. Tourisme de masse, trafic aérien saturant le système Terre d’émissions gazeuses, transactions à haute fréquence, délocalisations, management, odes au dynamisme et empire du zapping : la modernité marchande ne tient pas en place. Face à cela, les espaces critiques ont coutume de lui opposer le retour au local, au commun et au bien-vivre — contre le « bougisme », nous dit le décroissant Serge Latouche, optons pour « le goût de la lenteur » et du « territoire ». Salutaire, mais un peu court pour Julien Chanet, l’auteur d’un article publié par la revue Ballast. La « mobilité » ne saurait être réduite à son seul usage capitaliste : elle est aussi gage d’affranchissement et d’émancipation individuelle et collective.  Un débat qui prend de plus en plus de force à mesure que la question de l'immigration arrive au premier plan, y compris désormais pour la gauche. Les insoumis nous rappellent que “Vivre et travailler au pays” ne vaut pas que pour le Larzac, mais aussi pour le Mali (ce qui est indiscutable en soi, mais n'est pas loin du sophisme dans la situation présente). Nous rappelons en retour que la possibilité de bouger, vivre et travailler ailleurs, changer de vie, changer de pays, changer son destin, est tout autant une juste revendication, et pourrait s’envisager comme un droit de l’homme.

Christian Perrot | Le photojournaliste espagnol Carlos Spottorno a passé trois ans à parcourir dans tous les sens l'Europe pour cartographier au mieux les multiples visages de la vague d'immigration des dernières années, et ses effets sur les pays traversés. En est résulté La Fêlure, quelque chose entre le roman-photo des sixties et le roman graphique d’aujourd’hui, reconstruit à partir de 25 000 photographies et 15 carnets de notes - un travail hallucinant qui a conduit Carlos Spottorno et le journaliste qui l’accompagnait, Guillermo Abril, de Melilla jusqu’au Cercle polaire Arctique en Finlande, toutes ces frontières de l’Europe beaucoup plus contrôlées qu’on le pense - et dont l’objectif est de trouver encore une autre manière, se donner une autre chance, de forcer le regard de ceux qui ne veulent surtout pas voir les souffrances des migrants, ce qui les empêcherait peut-être de trouver le sommeil.

Vladimir Jankélévitch : une lecture revigorante à notre époque épicière

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Il faut montrer (ce qui n’est pas montrable). Il faut dire (ce qui est indicible). Il faut faire justice (de ce qui n’est pas justifiable). L’Autre Quotidien défend l’agit-prop (agitation / propagande). Comme disait Voltaire, il faut écraser l’infâme. Et ouvrir les esprits. Mettons-y tous nos talents.

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Dans le numéro 2 de La Nuit Thomas, Mourier fait le serrurier sur le chaînon manquant de la BD sud-africaine.

 

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