26 juin 2019

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La vie ! La vie contre quoi partout le crime et le pouvoir conspirent.
— Michel Butel
Sandrine Dyvers : “Mon boulanger imprime sur ses sachets de pain des textes qui valent la peine d'être lus...”. On vous évite de chercher, c’est en Belgique, à Outremeuse, un quartier de Liège, et la boulangerie s’appelle    “Un pain c’est tout”.

Sandrine Dyvers : “Mon boulanger imprime sur ses sachets de pain des textes qui valent la peine d'être lus...”. On vous évite de chercher, c’est en Belgique, à Outremeuse, un quartier de Liège, et la boulangerie s’appelle “Un pain c’est tout”.

Une demi-vérité est un mensonge entier.

Proverbe yiddish

Wax Theory, une playlist sans épilation.

by JP Mix

1984. Michael Radford

1984. Michael Radford

La start up nation, via ses relais gouvernementaux, réclame un fonctionnement d’entreprise à la presse en général - et un conseil de déontologie/surveillance, en particulier. Ainsi, le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, invite-t-il les journalistes à s’organiser pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation, faute de quoi, c’est l’État qui s’en chargera, menace-t-il. Non, vous ne rêvez pas … 

Quartiers populaires, gilets jaunes, maintenant la musique et la danse ! Cette musique libre détestée par les puissants. Quels dangers symbolisent-ils ? Que racontent ces abus de pouvoir ? Nos corps debout et résistants font-ils peur ? A la phrase méprisante et cynique du préfet « l’usage de la force est toujours proportionnée », nous répondons, la seule proportion valable pour la sécurité est que vous n’interveniez pas, vous les tueurs de joie, de lien et d’amour.

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Alexandria Ocasio-Cortez a été critiquée pour avoir dénommé les camps où croupissent sous l’administration de Donald Trump (dont plus de mille enfants seuls, séparés de leurs parents) des milliers de migrants arrêtés et emprisonnés des “camps de concentration”. Il nous semble pourtant beaucoup plus choquant d’entendre une présentatrice de la télé conservatrice Fox News les décrire comme des “camps de vacances”. Cette polémique est oiseuse. La détention est indéniable. Ses conditions unanimement décrites comme épouvantables. Des enfants sont déjà morts dans ces camps, faute de soin et d’attention. Et ces camps sont là pour durer, puisque Donald Trump vient de déclarer son intention de créer de nouveaux camps de tentes (sans doute pour que les enfants se croient au camping) et de lancer une chasse à travers les USA aux “illégaux”, qui y vivent et travaillent depuis des années. Camps de concentration, oui, indéniablement. Qui ne signifient pas forcément qu’on y construit des chambres à gaz. Le gouvernement préférerait qu’on parle de “camps de détention”. C’est plus neutre. Attire moins l’attention sur le problème. Le banalise à l’extrême. On le comprend. Mais c’est intéressant de savoir que l’inventeur de la “loi Godwin”, selon laquelle “Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant Hitler s'approche de 100%”, Mike Godwin donc, qu’on ne peut certes pas soupçonner d’invoquer les nazis sans se souvenir de sa loi et y réfléchir deux secondes, est intervenu sur MSNBC pour rectifier les propos d’un présentateur, et affirmer que loi Godwin ou pas, le terme de “camp de concentration”, aussi chargé soit-il, est le plus approprié pour décrire ce qui se passe.

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Je pense aux 14 de Nantes, jetés dans le fleuve par la police pour avoir dansé. Et j'imagine une lettre. J'imagine une lettre aux directeurs et directrices des Centres Chorégraphiques Nationaux. J'imagine une lettre adressée à tous les chorégraphes. J'imagine leur dire que des gens ont été jetés à l'eau, dans un fleuve, parce qu'ils dansaient sans autorisation. Que cela a eu lieu à Nantes. Le 21 juin, fête de la musique. Qu'il ont été jetés à l'eau par la police et sauvés in extremis par les pompiers. J'imagine leur dire qu'une personne est portée disparue depuis. J'imagine leur demander d'ouvrir d'urgence leurs lieux, pour accueillir tout ceux qui voudront danser, librement, sans répression et contre la répression. J'imagine leur demander de le faire ensemble, une même nuit, sur tout le territoire, à l'unisson. De faire cela pour protester contre une police et un pouvoir qui la protège. Contre une police qui jette dans un fleuve des gens qui dansent.

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Après que les autorités et les médias allemands eurent écarté les références initiales à un mobile d'extrême-droite pour l'assassinat du président du gouvernement de Kassel, Walter Lübcke, et supputé que l'auteur se trouverait "parmi les proches" de la victime, coup de tonnerre  : le principal suspect n’appartient pas "seulement" aux cercles d'extrême droite, mais est apparemment aussi lié aux groupes terroristes de droite répertoriés et il existe même des liens avec la série de meurtres du NSU*. Cela pose également un défi particulier aux organes de l'État, car l'État lui-même est profondément impliqué dans les structures de ces organisations par le biais des autorités et des services. Par Wolf Wetzel.


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Premier reportage de Pascal Therme sur le festival de la Gacilly, avec une thématique de l’année : A l’Est du nouveau, vu par Alexey Titarenko et ses éclairs de mélancolie spectrale.

Henry Wessel/ MEP 2019

Henry Wessel/ MEP 2019

Amateur de films noirs et passé par la psychologie avant de devenir photographe, Henry Wessel a passé sa vie à inscrire le paysage dans sa démarche et y matérialiser la lumière (surtout californienne). Sa première rétrospective française à la MEP permet de découvrir un artiste en quête de scénarios. → 25.08.2019 MEP 5/7, rue de Fourcy 75004 Paris

LIVRES

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Certes, il en est pour qui la simplicité est une pure affaire d’économie, et qui pensent donc l’atteindre en laissant la phrase traverser la pièce (la page) à petits pas (petits mots), comme sur des patins, histoire de ne rien salir – las, leur écriture alors n’est nullement blanche, juste transparente. Heureusement, et certains auteurs l’ont compris, la simplicité est avant tout affaire de grâce, d’équilibre. De même que marcher sur un fil tendu au-dessus du vide exige davantage qu’une aptitude à la marche et un certain courage, ne pas faire de vagues (inutiles) demande de solides connaissances en mécanique des fluides. C’est sans doute la raison pour laquelle les histoires simples racontées simplement ratent souvent leur but : le vertige que leur inspire leur propre vide les rend indigestes. Leur réduction à l’os a un goût de craie, scolaire qui plus est. Mais cessons de tourner autour du pot. Ce que je veux dire – plus simplement, donc – c’est qu’on prend une belle leçon de simplicité en lisant l’impeccable Retour à Buenos Aires, de Daniel Fohr.

Daniel Fohr, Retour à Buenos Aires, éditions Slatkine & Cie

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Transfiguré par la poésie, un formidable atelier mondial des saveurs, qui se croisent et se mêlent sans jamais se nuire, bien au contraire. Goûteux, intime et politique comme jamais. On brassera et on verra.

REPAS DU MIDI
Chez grand-maman Lavoie, Saint-Gédéon, QC

Je dirai : délicieux.
Je dirai : mon pauvre tit garçon, tu peux pas trouver ça si bon, y’a rien dans ce hachis-là.
Dirai : voulez-vous partager un sachet de thé ?
L’eau qui bout, je dirai : vos galettes au sirop, grand-maman, j’arrive jamais à les faire aussi bonnes.
Dirai quelquefois : tu as toujours aimé ça, la cuisine, tu jouais dans l’armoire, tu sortais les marmites, ta mère te voyait mener ton barda, laisse-le donc faire, j’y disais, on ramassera tout ça après.
Sans même ouvrir la bouche, je dirai : je te mettais emmitouflé dans une lèchefrite, là, devant le four, sur une chaise, et j’ouvrais la porte pour te tenir au chaud.

Charles Sagalane - 47 Atelier des Saveurs - La Peuplade éditions

MUSIQUE

Photo Anne Mars

Photo Anne Mars

Nous étions à la Boule Noire avant que la nuit tombe sur cette journée de fin mai, encore loin de la canicule. Dimoné & Kursed y amorçaient leur album garni d’appâts, sur une scène chauffée à blanc. Nous nous sommes glissés derrière le rideau noir, côté cour, pour attendre Dimoné qui terminait ses ripailles d’avant live. On sait le sieur gourmet, gourmand des mots cantinés de bouche pleine.

Dimoné & Kursed - Mon Amorce - Musique Sauvage

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Pas vraiment conçu pour ça, Dreems, le dernier album de Cassius va vous faire danser sur la mort de Philippe Zdar. Quel plus bel hommage pour lui, que ce retour acid conçu comme une playlist club dans un esprit qui enfin dégage la virtuosité/pesanteur des productions de studio pour rendre l’esprit de la fête et du groove.

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A 83 ans, Lee Perry délivre toujours annuellement son album. Vaille que vaille. Des fois, c’est triste, d’autre - comme ici- on oublie tout pour se laisser porter par les délires d’un des inventeurs du dub qui, entre Afrique, Brésil et banlieue londonienne signe chez On-U-Sound, le label d’Adrian Sherwood, son superbe Rainford. Grand disque !

Park Jiha, photo Gunu Kim

Park Jiha, photo Gunu Kim

Faire de la nouvelle musique avec des instruments traditionnels est une question qui agite la musique depuis des siècles. Bartok, Ravel, Debussy ou Moondog ont ainsi choisi des thèmes et des modes d’ailleurs ou d’antan pour composer leur actualité musicale. Il en va de même avec les compositeurs contemporains extra-européens, comme la Coréenne Park Jiha qui innove à partir de son giri, une flûte double en bambou. Philos nous a intrigué, on a réécouté de près.


L'Autre Quotidien