30 octobre 2018

 
 
ÊTRE DE GAUCHE, C’EST D’ABORD PENSER LE MONDE,PUIS SON PAYS, PUIS SES PROCHES, PUIS SOI. ÊTRE DE DROITE, C’EST L’INVERSE.
— GILLES DELEUZE
  Christian Perrot |  Venise, hier. Avec toutes les limites qu’il y a à vouloir arracher les mots de la bouche à une photo qui ne parle pas ce langage, autorisons-nous à rêver qu’il s’agisse là de l’image du naufrage d’un monde qui eut ses laideurs, mais aussi ses beautés. Montée des eaux, des incompréhensions, d’un urbanisme vulgaire, des mensonges franchisés, disparition des espèces, des espaces, du sauvage aussi bien que du sophistiqué. Vingt-et-unième siècle des lumières qui s’éteignent les uns après les autres.

Christian Perrot | Venise, hier. Avec toutes les limites qu’il y a à vouloir arracher les mots de la bouche à une photo qui ne parle pas ce langage, autorisons-nous à rêver qu’il s’agisse là de l’image du naufrage d’un monde qui eut ses laideurs, mais aussi ses beautés. Montée des eaux, des incompréhensions, d’un urbanisme vulgaire, des mensonges franchisés, disparition des espèces, des espaces, du sauvage aussi bien que du sophistiqué. Vingt-et-unième siècle des lumières qui s’éteignent les uns après les autres.

 
 
 
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Christian Perrot | « Parce que le monde bouge », clamait avec ferveur quelque réseau bancaire français. Tourisme de masse, trafic aérien saturant le système Terre d’émissions gazeuses, transactions à haute fréquence, délocalisations, management, odes au dynamisme et empire du zapping : la modernité marchande ne tient pas en place. Face à cela, les espaces critiques ont coutume de lui opposer le retour au local, au commun et au bien-vivre — contre le « bougisme », nous dit le décroissant Serge Latouche, optons pour « le goût de la lenteur » et du « territoire ». Salutaire, mais un peu court pour Julien Chanet, l’auteur d’un article publié par la revue Ballast. La « mobilité » ne saurait être réduite à son seul usage capitaliste : elle est aussi gage d’affranchissement et d’émancipation individuelle et collective.  Un débat qui prend de plus en plus de force à mesure que la question de l'immigration arrive au premier plan, y compris désormais pour la gauche. Les insoumis nous rappellent que “Vivre et travailler au pays” ne vaut pas que pour le Larzac, mais aussi pour le Mali (ce qui est indiscutable en soi, mais n'est pas loin du sophisme dans la situation présente). Nous rappelons en retour que la possibilité de bouger, vivre et travailler ailleurs, changer de vie, changer de pays, changer son destin, est tout autant une juste revendication, et pourrait s’envisager comme un droit de l’homme.

Christian Perrot | Le photojournaliste espagnol Carlos Spottorno a passé trois ans à parcourir dans tous les sens l'Europe pour cartographier au mieux les multiples visages de la vague d'immigration des dernières années, et ses effets sur les pays traversés. En est résulté La Fêlure, quelque chose entre le roman-photo des sixties et le roman graphique d’aujourd’hui, reconstruit à partir de 25 000 photographies et 15 carnets de notes - un travail hallucinant qui a conduit Carlos Spottorno et le journaliste qui l’accompagnait, Guillermo Abril, de Melilla jusqu’au Cercle polaire Arctique en Finlande, toutes ces frontières de l’Europe beaucoup plus contrôlées qu’on le pense - et dont l’objectif est de trouver encore une autre manière, se donner une autre chance, de forcer le regard de ceux qui ne veulent surtout pas voir les souffrances des migrants, ce qui les empêcherait peut-être de trouver le sommeil.

Vladimir Jankélévitch : une lecture revigorante à notre époque épicière

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Dans le numéro 2 de La Nuit Thomas, Mourier fait le serrurier sur le chaînon manquant de la BD sud-africaine.

 

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