25 juin 2019

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La vie ! La vie contre quoi partout le crime et le pouvoir conspirent.
— Michel Butel
Représente le monde ! Un enfant palestinien est perché sur une des barrières séparant la bande de Gaza du territoire israélien, sur une plage, le 8 octobre 2018. (AFP / Said Khatib). Nous vous recommandons de lire l’histoire de la prise de ces photos dans le blog Making of de l’AFP :    A Gaza, les blessures au corps et à l’âme   .

Représente le monde ! Un enfant palestinien est perché sur une des barrières séparant la bande de Gaza du territoire israélien, sur une plage, le 8 octobre 2018. (AFP / Said Khatib). Nous vous recommandons de lire l’histoire de la prise de ces photos dans le blog Making of de l’AFP : A Gaza, les blessures au corps et à l’âme.

Avant que ne vienne la haine, accroche ta caravane et pars.

Proverbe manouche

Élixir, un soin chaleur.

by JP Mix

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Je pense aux 14 de Nantes, jetés dans le fleuve par la police pour avoir dansé. Et j'imagine une lettre. J'imagine une lettre aux directeurs et directrices des Centres Chorégraphiques Nationaux. J'imagine une lettre adressée à tous les chorégraphes. J'imagine leur dire que des gens ont été jetés à l'eau, dans un fleuve, parce qu'ils dansaient sans autorisation. Que cela a eu lieu à Nantes. Le 21 juin, fête de la musique. Qu'il ont été jetés à l'eau par la police et sauvés in extremis par les pompiers. J'imagine leur dire qu'une personne est portée disparue depuis. J'imagine leur demander d'ouvrir d'urgence leurs lieux, pour accueillir tout ceux qui voudront danser, librement, sans répression et contre la répression. J'imagine leur demander de le faire ensemble, une même nuit, sur tout le territoire, à l'unisson. De faire cela pour protester contre une police et un pouvoir qui la protège. Contre une police qui jette dans un fleuve des gens qui dansent.
Emmanuel Moreira

Nantes, le 21 juin. L’attaque du sound system.

Nantes, le 21 juin. L’attaque du sound system.

Les connaisseurs reconnaîtront le doigté et le sens de la mesure qui ont fait la réputation de la BAC nantaise ces dernières années. Comme le déclare aujourd’hui un syndicat de policiers du Pays de la Loire, « la responsabilité incombe à celui qui dirigeait les opérations et se trouvait même sur place. Nous avons déjà alerté à plusieurs reprises sur la vision de la sécurité de ce commissaire qui expose régulièrement nos collègues par ses prises de décisions et sa vision exclusivement musclée de la sécurité. Nous demandons à ce que l’IGPN fasse son travail et pointe la responsabilité du donneur d’ordre ! ». Que ce soit fait, et vite !

Photo Tieri Briet

Photo Tieri Briet

C'est grâce au vote des minorités qu'Ekrem Imamoğlu vient d'être élu. Non seulement celui des Kurdes et des Arméniens, mais aussi celui des Juifs et des Orthodoxes, celui de la communauté LGBT d'Istanbul que la police persécute, celui des journalistes de Cumhuriyet et des magazines underground. Mon amour pour cette ville est sans bornes et je bois à leur santé, à leur intelligence politique et à leur incroyable pacifisme face aux violences de l'État-AKP. Bien sûr que j'en pleure de joie. Il y a de l'or dans mon verre et du miel dans ma gorge. Istanbul je t'aime.

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Après que les autorités et les médias allemands eurent écarté les références initiales à un mobile d'extrême-droite pour l'assassinat du président du gouvernement de Kassel, Walter Lübcke, et supputé que l'auteur se trouverait "parmi les proches" de la victime, coup de tonnerre  : le principal suspect n’appartient pas "seulement" aux cercles d'extrême droite, mais est apparemment aussi lié aux groupes terroristes de droite répertoriés et il existe même des liens avec la série de meurtres du NSU*. Cela pose également un défi particulier aux organes de l'État, car l'État lui-même est profondément impliqué dans les structures de ces organisations par le biais des autorités et des services. Par Wolf Wetzel.


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Certes, il en est pour qui la simplicité est une pure affaire d’économie, et qui pensent donc l’atteindre en laissant la phrase traverser la pièce (la page) à petits pas (petits mots), comme sur des patins, histoire de ne rien salir – las, leur écriture alors n’est nullement blanche, juste transparente. Heureusement, et certains auteurs l’ont compris, la simplicité est avant tout affaire de grâce, d’équilibre. De même que marcher sur un fil tendu au-dessus du vide exige davantage qu’une aptitude à la marche et un certain courage, ne pas faire de vagues (inutiles) demande de solides connaissances en mécanique des fluides. C’est sans doute la raison pour laquelle les histoires simples racontées simplement ratent souvent leur but : le vertige que leur inspire leur propre vide les rend indigestes. Leur réduction à l’os a un goût de craie, scolaire qui plus est. Mais cessons de tourner autour du pot. Ce que je veux dire – plus simplement, donc – c’est qu’on prend une belle leçon de simplicité en lisant l’impeccable Retour à Buenos Aires, de Daniel Fohr.

Daniel Fohr, Retour à Buenos Aires, éd. Slatkine & Cie

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Rythmé, incanté par des « On veut » qui associent en transe les revendications d’une joliesse absurde, enfantine ou rageuse, hédoniste ou libertaire, et les saillies mordantes vis-à-vis d’une économie du livre (et pas seulement du livre) ayant, définitivement ou presque, enterré les avertissements d’André Schiffrin, «Speed Boat» prend au mot la plupart des fantasmes possibles en matière de réassignation éventuelle de rôles pour la littérature, pour ses actrices et pour ses acteurs.

On veut des livres qui s’effondrent à la même vitesse que notre système, et d’autres qui s’effacent à peine on les a ouverts. On veut des livres qui font le même bruit que les pales des hélicoptères de gendarmerie au-dessus des manifestations.
On veut une émission sur France 3 en prime time consacrée aux astuces de bronzage d’Éric-Emmanuel Schmitt et intitulée Mes astuces de bronzage.
On veut des rouges à lèvres extravagants et de belles robes.
On veut des majorités nomades et des sédentaires martyrisés, obligés de vivre une vie d’errance dans des Subaru d’occasion. On veut ce semblant de précarité toléré par les autorités vagabondes, le cuir bleu ridé par la mémoire de forme, et la nostalgie d’une stabilité perdue.

Fabien Clouette et Quentin Leclerc - Speed Boat - éditions de l’Ogre

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Transfiguré par la poésie, un formidable atelier mondial des saveurs, qui se croisent et se mêlent sans jamais se nuire, bien au contraire. Goûteux, intime et politique comme jamais. On brassera et on verra.

REPAS DU MIDI
Chez grand-maman Lavoie, Saint-Gédéon, QC

Je dirai : délicieux.
Je dirai : mon pauvre tit garçon, tu peux pas trouver ça si bon, y’a rien dans ce hachis-là.
Dirai : voulez-vous partager un sachet de thé ?
L’eau qui bout, je dirai : vos galettes au sirop, grand-maman, j’arrive jamais à les faire aussi bonnes.
Dirai quelquefois : tu as toujours aimé ça, la cuisine, tu jouais dans l’armoire, tu sortais les marmites, ta mère te voyait mener ton barda, laisse-le donc faire, j’y disais, on ramassera tout ça après.
Sans même ouvrir la bouche, je dirai : je te mettais emmitouflé dans une lèchefrite, là, devant le four, sur une chaise, et j’ouvrais la porte pour te tenir au chaud.

Charles Sagalane - 47 Atelier des Saveurs - La Peuplade éditions

PHOTOGRAPHIE

Henry Wessel/ MEP 2019

Henry Wessel/ MEP 2019

Amateur de films noirs et passé par la psychologie avant de devenir photographe, Henry Wessel a passé sa vie à inscrire le paysage dans sa démarche et y matérialiser la lumière (surtout californienne). Sa première rétrospective française à la MEP permet de découvrir un artiste en quête de scénarios. → 25.08.2019
MEP 5/7, rue de Fourcy 75004 Paris

MUSIQUE

Photo Anne Mars

Photo Anne Mars

Nous étions à la Boule Noire avant que la nuit tombe sur cette journée de fin mai, encore loin de la canicule. Dimoné & Kursed y amorçaient leur album garni d’appâts, sur une scène chauffée à blanc. Nous nous sommes glissés derrière le rideau noir, côté cour, pour attendre Dimoné qui terminait ses ripailles d’avant live. On sait le sieur gourmet, gourmand des mots cantinés de bouche pleine.

Dimoné & Kursed - Mon Amorce - Musique Sauvage

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Pas vraiment conçu pour ça, Dreems, le dernier album de Cassius va vous faire danser sur la mort de Philippe Zdar. Quel plus bel hommage pour lui, que ce retour acid conçu comme une playlist club dans un esprit qui enfin dégage la virtuosité/pesanteur des productions de studio pour rendre l’esprit de la fête et du groove.

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A 83 ans, Lee Perry délivre toujours annuellement son album. Vaille que vaille. Des fois, c’est triste, d’autre - comme ici- on oublie tout pour se laisser porter par les délires d’un des inventeurs du dub qui, entre Afrique, Brésil et banlieue londonienne signe chez On-U-Sound, le label d’Adrian Sherwood, son superbe Rainford. Grand disque !

Park Jiha, photo Gunu Kim

Park Jiha, photo Gunu Kim

Faire de la nouvelle musique avec des instruments traditionnels est une question qui agite la musique depuis des siècles. Bartok, Ravel, Debussy ou Moondog ont ainsi choisi des thèmes et des modes d’ailleurs ou d’antan pour composer leur actualité musicale. Il en va de même avec les compositeurs contemporains extra-européens, comme la Coréenne Park Jiha qui innove à partir de son giri, une flûte double en bambou. Philos nous a intrigué, on a réécouté de près.


L'Autre Quotidien