20 mai 2019

Photo    Renato D’Agostin   . Ne ratez pas “Harmony of chaos”, l’exposition de ses oeuvres les plus récentes, à la    Galerie Thierry Bigaignon   , 9, rue Charlot, 75003 Paris. Vernissage : Samedi 25 mai 2019, de 14h À 19h. Si vous passez dans le Marais ce jour-là, faîtes-y un tour !

Photo Renato D’Agostin. Ne ratez pas “Harmony of chaos”, l’exposition de ses oeuvres les plus récentes, à la Galerie Thierry Bigaignon, 9, rue Charlot, 75003 Paris. Vernissage : Samedi 25 mai 2019, de 14h À 19h. Si vous passez dans le Marais ce jour-là, faîtes-y un tour !

L’éphéméride du 20 mai

Un aujourd'hui vaut deux demain.

Proverbe anglais

© Edward Burtynsky

© Edward Burtynsky

S'il y a dix ans, Yann Arthus Bertrand avait dévoilé avec ses clichés aériens un certain état du monde, le travail d'Edward Burtynsky enlève carrément la part du rêve qui existait encore chez son prédécesseur. Burtynsky n'y va pas de main morte. Voici la Terre vue du ciel. Bienvenue dans le futur que nous nous construisons ! Et on ne le changera pas tant qu’on refuse de le regarder en face.

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A l'occasion de l'adoption par le Sénat le 15 mai 2019 d'un amendement visant à interdire aux mères voilées d'accompagner les sorties scolaires, nous publions à nouveau (malheureusement) ce texte sous forme de question adressée aux élus qui ont voté cet amendement : vous êtes-vous inquiétés des dégâts qu'une telle interdiction causerait sur les enfants des mères voilées ? Visiblement, non !

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Le 15 mai 2019, le groupe papetier Sequana, maison-mère d'Arjowiggins et Antalis, qui comptait 7800 salariés et réalisait 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, a annoncé sa mise en liquidation judiciaire. L’entreprise invoque "l’impossibilité de présenter un plan de redressement lui permettant d’apurer le passif dont elle doit tenir compte" suite au litige qui l’oppose à British American Tobacco à propos d’un versement contesté de dividendes. Et c’est ainsi que tout un village français, dont la vie était organisée depuis 1824 autour de la production d’un papier d’une qualité exceptionnelle, se retrouve, sans en être en rien responsable, plongé dans la misère.

Manifestation contre le projet de transformer la forêt de Romainville en “base de loisirs”

Manifestation contre le projet de transformer la forêt de Romainville en “base de loisirs”

Depuis plusieurs mois, à quelques kilomètres de Paris, deux conceptions de la nature s’opposent autour du projet de construction d’éco-quartiers et de la construction d’une base de loisirs, sur le territoire même de la cité Gagarine et de la forêt de Romainville. Défenseurs de la nature, habitant·es de la cité Gagarine, promoteurs immobiliers, acteur·ices de la région Île-de-France et de la municipalité veulent s’approprier cet espace sur lequel ils se déchirent. C’est en suivant le regard du chien Solo, les baladant au cœur de cet espace étrange, à la fois naturel et historique, que Nikola Chesnais & Paul Guillibert ont été conduits à mener une enquête politique sur la géologie de ces anciennes carrières ensauvagées.
(Vacarme)

Une image de “Swagger”, un film d'Olivier Babinet tourné au collège Claude Debussy d'Aulnay-sous-Bois.

Une image de “Swagger”, un film d'Olivier Babinet tourné au collège Claude Debussy d'Aulnay-sous-Bois.

A rebours de l’image monolithique et déplorable des élèves « de banlieue » si facilement véhiculée par les média, dans ce premier livre paru en avril 2019, Alexis Potschke, jeune professeur qui enseigne le français dans un collège de grande banlieue parisienne, porte un regard sensible et salutaire sur des élèves dits difficiles et souvent trop vite jugés, en rappelant qu’ils ne sont pas qu’élèves mais aussi des enfants.

Provoquer l’annulation d’un spectacle, fût-il sexiste, homophobe ou raciste, finit toujours par se retourner contre les minorités. Boycotter est parfois de bonne politique, interdire jamais. La preuve : la mauvaise querelle de la censure autour du blackface ou « déguisement racial » fait écran aux justes questions que soulèvent la représentation des minorités au théâtre et leur sous-représentation.


BONNES LECTURES

 
Femmes berbères

Femmes berbères

Nous sommes assis sur les épaules de géants, et c’est dans cette posture que nous pénétrons en ce monde, et c’est depuis cette hauteur que nous regardons l’histoire. Parce qu’il en est ainsi, nous ne tremblons pas pour affirmer qu’il est entré de l’Afrique en abondance dans l’histoire de France, que cela a créé quelque chose d’ineffaçable, que les humains qui ne se laissèrent pas réduire à l’esclavage sont les ancêtres de tous ceux qui se disent membres de la nation française, qu’il n’y aura pas d’art particulier d’être français hors de la capacité à les reconnaître, à les célébrer, à les étreindre avec amour et respect.

Au cours des années 1960 et 1970, Félix Mora recrute 78.000 mineurs dans le sud du Maroc. Les femmes de la tribu Ait Atta ont vu leurs maris ou leurs frères partir travailler dans les mines du Nord sans pouvoir rien faire pour les retenir. Mais, elles n’étaient pas muettes. Elles avaient leurs voix pour chanter leur désespoir et leur désarroi. Des poèmes appelés localement « Timnadin » sont chantés secrètement par les femmes.



Kevin Morby

Kevin Morby

S’il était juste protestant, comme la majorité des Américains (version Kansas City), on s’en taperait grave. Mais comme le caméléon Kevin Morby peaufine son histoire depuis cinq albums, à juste 30 ans, le bonhomme intéresse de plus en plus, à tracer sa route en tricotant une (autre) histoire d’un certain rock où chaque album aligne ou une ou deux perles notables. Le singulier Oh My God le voit s’intéresser aussi bien à la mystique qu’au transport aérien, comme générateur d’idées.

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Avant l’Airplane, le Floyd et peu après les Beatles, un groupe d’Austin qui va chercher sa popularité à San Francisco pour éviter la répression texane met à genoux la scène locale et enregistre en rentrant son premier album: The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators. Mais ils n’en profiteront pas, car le groupe sera harcelé par la police locale, et son chanteur-leader carrément placé sous camisole chimique… en hôpital psy(pas très délique). La remastérisation de cet album mythique est bienvenue. 

Si les débuts du canadien nous avaient charmés par l’équation minimale guitare-voix qui fait mouche avec un humour décalé, la suite des opérations l’avait vu se perdre un peu en étoffant la production avec des albums dispensables. Mais là, merveille, entre spleen et humour vache, il retrouve, avec la simplicité, le bonheur des mélodies minimalistes qui lui siéent.

MIXES & BANDES-SON

 

 
Etienne Rey -  Horizon Faille  - 2019

Etienne Rey - Horizon Faille - 2019

Sans gravité, au Ardenome d’ Avignon, réunit des œuvres qui défient la gravité et captent l’insaisissable pour mieux dire le monde. Avec la lévitation comme fil rouge, Deverchère, Edith Dekyndt, Etienne Rey et Mathilde Lavenne proposent un nouveau rapport au monde et à l’acte créatif, où s’entremêlent réel, virtuel et imaginaire.

+ d’art dans L’Autre Quotidien


Stéphane Duroy

Stéphane Duroy

La galerie VU expose jusqu’au 31 mai les 45 années de photographies de Stéphane Duroy. De ce travail sur un livre a priori inépuisable, les signes, formes, matières, peinture, mots, tags, traits ou découpes sont venus recouvrir l'image... jeu de chamboule-tout.

+ de photographie dans L’Autre Quotidien


Le triomphe de la mort au Palais Abatellis - Palerme

Le triomphe de la mort au Palais Abatellis - Palerme

Deux frères siamois au pouvoir étonnant au sein d’une famille à surprises, deux îles siciliennes pas exactement jumelles à l’identité à tiroirs, intrigues fantastiques, cape et épée débridées, pour créer un roman d’aventures aux formidables résonances intimes et mythiques.

Nos frères n’avaient pas envie de pleurer : la mort de leur mère éveillait en eux cette colère si particulière, née du regret. Tous comprenaient être des esprits déviants, à faible teneur en humanité, à grande capacité au meurtre et à la solitude, et tous soupçonnaient mère d’y être pour quelque chose.

Jean-Luc André D’Asciano - Souviens-toi des monstres (éditions Aux Forges de Vulcain

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 Les «Haïkus de prison» disent la prison, la déportation et l’enfer des camps, dans un chant lancinant de 489 haïkus, qui tend vers l’hiver et la noirceur absolue. Voix des dominés, des minoritaires, de ceux qui sont aux marges, ce sont les récits des Tadjiks, du Mandchou, du boucher moldave, du boxeur fou ou du bonze, de tous ceux qui tentent de survivre dans le chaos de l’enfermement, de raccommoder ensemble des morceaux de vie au milieu des suicides et des meurtres, de tous ceux qui succombent.

Les derniers jours, Lutz Bassmann les passa comme nous tous, entre la vie et la mort. Une odeur de pourri stagnait dans la cellule, qui ne venait pas de son occupant, encore que celui-ci fut à l’article de et se négligeât, mais du dehors […] Bassmann, lui n’attendait rien. Il s’asseyait en face de nos visages abîmés et il les regardait. Il contemplait les photographies mal lisibles, spongieuses, les portraits obsolètes de ses amis hommes et femmes, tous défunts, et il se remémorait on ne sait de quoi de trouble et, en même temps, de merveilleusement scintillant, qu’il avait vécu en leur compagnie.

Lutz Bassmann, Haïkus de prison (Verdier) 

De 1930 à 1980, une poésie subtile, incisive et ironique des résistances souterraines à l’abrasion sociale et économique.

CONGRÈS INTERNATIONAL DE LA PEUR

Provisoirement nous ne chanterons plus l’amour,
il s’est réfugié plus bas que les souterrains.
Nous chanterons la peur qui stérilise les étreintes,
nous ne chanterons plus la haine car elle n’existe pas,
il n’existe que la peur, notre mère et notre compagne,
la grande peur du sertão, des déserts, des océans,
la peur des soldats, la peur des mères, la peur des églises,
nous chanterons la peur des dictateurs, la peur des démocrates,
nous chanterons la peur de la mort et la peur d’après la mort,
puis nous mourrons de peur
et sur nos tombes surgiront des fleurs jaunes apeurées.

Carlos Drummond de Andrade - Mort dans l’avion & autres poèmes - éditions Chandeigne

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