11 octobre 2018

 
 
SI VOUS NE LISEZ QUE CE QUE TOUT LE MONDE LIT, VOUS NE POUVEZ PENSER QUE CE QUE TOUT LE MONDE PENSE.
— HARUKI MURAKAMI
 Une femme de 19 ans a été agressée en rentrant chez elle à Belem, Brésil. Trois partisans de Jair Bolsonaro lui ont reproché de porter un tee-shirt “Ele Nao”. Deux d’entre eux l’ont immobilisée tandis que le troisième lui gravait une croix gammée sur le ventre avec son canif. On compte déjà 80 agressions contre les adversaires du fascisme, allant jusqu’au meurtre, depuis le succès de Bolsonaro au premier tout des présidentielles. Les loups sont lâchés. Bolsonaro vient de déclarer que ce sont des excès auxquels il ne peut rien. Mais tel est le Brésil qu’il a promis à ses partisans.

Une femme de 19 ans a été agressée en rentrant chez elle à Belem, Brésil. Trois partisans de Jair Bolsonaro lui ont reproché de porter un tee-shirt “Ele Nao”. Deux d’entre eux l’ont immobilisée tandis que le troisième lui gravait une croix gammée sur le ventre avec son canif. On compte déjà 80 agressions contre les adversaires du fascisme, allant jusqu’au meurtre, depuis le succès de Bolsonaro au premier tout des présidentielles. Les loups sont lâchés. Bolsonaro vient de déclarer que ce sont des excès auxquels il ne peut rien. Mais tel est le Brésil qu’il a promis à ses partisans.

 
 
 
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Qu’est ce qu’un journal révolté ? Un journal qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un journal qui dit oui, dès son premier mouvement.
— L'Autre Quotidien
 
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Que les étoiles soient bonnes ou mauvaises, l'éphéméride de L'Autre Quotidien vous sera toujours favorable (c'est comme ça). Des émotions, des suggestions, de la poésie, et un peu de sagesse pour commencer la journée. Photo Vincent Ferrané

Brésil : comme un conte gramscien

En suivant les péripéties de la campagne électorale qui déchire le Brésil, il m’est venu une envie de crier : « Réveille-toi, Antonio, ils sont devenus fous ! ». Qui mieux que Gramsci pour nous permettre de décoder l’énigme brésilienne ? Voici donc une série de remarques inspirées par le grand spectacle brésilien, à la lumière des analyses du bossu sarde.
Fausto Giudice

le retour de Franco et l’extrême-droite espagnole

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Voici la dernière campagne des nationalistes espagnols opposés à l’indépendance de la Catalogne : des indépendantistes pendus en effigie aux poteaux électriques dans la communauté valencienne. Le monde entier tourne décidément mal. Et pour ne pas en rester là côté mauvaises nouvelles, à noter que l’Espagne, qui était peut-être le seul pays européen où il n’y avait pas de grand parti d’extrême-droite, semble être en train de changer. Un parti créé il y a cinq ans, Vox, et dont on entendait peu parler, vient de réunir un meeting de plus de 15.000 personnes dans la grande salle de Vistalegre, Madrid.
CP

quelques leçons des manifestations du 9 octobre

Beaucoup mieux qu’attendu, la journée de mobilisation syndicale du lundi 9 octobre. Du monde (300.000 dans toute la France). Un esprit combatif. Le bonheur de se retrouver. Deux années consécutives de combats et de défaites honorables (on n’aura pas “rien fait”, bien au contraire, mais c’est un vrai mur en face, bien décidé à en finir une bonne fois, à tout prix et à toute vitesse, avec toutes les conquêtes sociales) n’auront pas découragé toute résistance. C’est une belle rentrée des luttes, encore un peu incertaine comme toute rentrée, mais on peut parier sur une radicalisation du mouvement pendant l’année. D’autant que le gouvernement commence fort en donnant visiblement l’ordre de matraquer sans ménagement y compris les syndicats, et dès le début de la manifestation (voir la vidéo de Taranis News sur Paris, et celle sur la manif de Rennes). Après une année où le gouvernement Macron avait choisi d’éloigner un peu les forces de l’ordre de la manifestation, nous voici revenus au temps où Valls mettait en permanence, tout le long du cortège, les policiers en contact avec les manifestants, créant une situation de chaos continu. On aura tout vu hier à Paris, même cette chose étonnante de la part du commandement de la police, envoyer cinq ou six CRS isolés au milieu des manifestants, leur faisant courir d’énormes risques, soit pour eux, soit de dérapage. Il se trouve qu’hier, les manifestants étaient plutôt calmes et pacifiques. Cortège de tête compris. Mais les policiers, eux, étaient furieux. Provocants. Omniprésents. La main lourde. On aura même assisté, pour la première fois, à un affrontement direct entre CRS et service d’ordre de la CGT, qui tentait de protéger la manifestation. Si ce sont des signes des temps, ils sont lourds d’orages à venir.
CP

L'ENQUÊTE BREL À VESOUL DE DAVID DUFRESNE

Disparu il y a quarante ans et quelques jours, de Brel, on sait tout. Maisons de disques et héritiers ont tout raclé, fonds de tiroirs pourris et photos jaunies, ça radote comme chez Les vieux, de la fenêtre au lit, du lit au lit, d'un disque à l'autre. Cela ronronne au salon, ça pue la mort. Brel mérite mieux. Il mérite d'être bousculé comme lui-même défonçait la scène ; sinon, à quoi bon une nouvelle pièce à son Olympia ? Et c'est là l'enjeu du "On ne vit qu'une heure”, la dernière enquête à Vesoul de David Dufresne. “Le plus dur”, disait Brel, “ce n'est pas de prendre le train, le plus dur c'est aller à la gare”. David Dufresne nous embarque donc droit sur le quai, celui de Vesoul et de sa fameuse chanson, comme un périple dans la France des toiles cirées, des petits salons de coiffure, des centre-ville qui se recroquevillent dès 6 heures du soir.
JPS

vivre et mourir à l’ephad

La merveilleuse Zam est aide-soignante et dessinatrice. Idéalement placée pour savoir ce qui se passe dans les EPHAD, ces très chers mouroirs où les clients sont par excellence captifs (ils n’en sortent en effet que les pieds devant), et en conséquence pas aussi bien traités que leurs familles seraient en droit de l’espérer en voyant l’addition, et nous le montrer. On devrait tous apprendre à dessiner. Et à dire nos histoires personnelles, qui sont celles du monde. Il y aurait de grands changements à en attendre.
CP

Hitler 1933 : pourquoi la presse n’a rien voulu savoir

Très bonne question, et dont nous craignons qu’elle devienne de plus en plus d’actualité. C’est Daniel Schneidermann (Arrêt sur images) qui la pose dans une enquête titrée "Berlin, 1933 : la presse internationale face à Hitler" aux éditions du Seuil. Il y avait plus de 200 correspondants de journaux étrangers en poste à Berlin de 1933 à 1941 : qu’ont-ils dit du nazisme ? Qu’ont-ils fait pour alerter l’opinion de leurs pays sur les persécutions des juifs, des homosexuels, des opposants politiques ? Étonnamment peu. Quasi rien. Parce qu’ils étaient de mauvais journalistes ? Sans doute, mais pas seulement. Les meilleurs d’entre eux, ceux qui faisaient leur métier, furent vite expulsés. Les autres voulaient “rester pour informer”, selon la formule consacrée, qui est censée excuser toutes les compromissions. Et d’ailleurs, que pensaient -ils des nazis, au fond ? Daniel Schneidermann est très clair là-dessus : “Il faut se souvenir qu'à l'arrivée d'Hitler en 1933 l'énorme majorité des patrons de presse : français, britanniques, américains sont avant tout anti-communistes, la trouille qu'ils ont c'est l’expansion de la révolution soviétique en Europe. Donc pour beaucoup d'entre eux Hitler a au moins cet avantage c'est qu'il va constituer un barrage à l'expansion communiste. (...) Il y a en tout cas une absence de préjugé défavorable.” Nous avons beau nous en défendre, nous sommes en vérité quelque part toujours persuadés d’être “bien informés”, que la presse du monde libre “travaille pour nous”, continue à défendre certaines valeurs démocratiques. Il ne se passait rien de vraiment alarmant dans l’Allemagne nazie qui préparait la guerre. C’est ce qu’ont pu croire de bonne foi les lecteurs de journaux américains, anglais, français de l’époque. Stupéfiant ! Je vous conseille d’écouter l’émission que France Culture, avec Daniel Schneidermann, a consacrée à cet épisode tout sauf glorieux de la vie des média.
CP

 
 
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| au sommaire de notre mensuel

On  oublie trop souvent la poésie des choses, des éléments et ce milieu ambiant que la vie citadine nous a volé : les arbres. Sans vouloir obligatoirement parler à tous les arbres, en parler et les mettre en avant au fil du magazine nous a semblé assez adéquat en cette rentrée d'automne qui a encore voté contre l'arrêt de l'emploi du glyphosate et préfère toujours - selon l'équipe au pouvoir (18% de la population) - l'agriculture intensive au développement durable et l'économie capitaliste au sauvetage de la planète. Alors les arbres en majesté et 150 pages, nous y voilà.

https://www.lanuitmag.fr



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