13 mai 2019

Le bouleversant regard sur elle-même de Vivian Maier - Self Portrait Mirror Red Clothing Shop

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L’éphéméride du 13 mai

Jouis, voilà la sagesse. Fais jouir, voilà la vertu.
Proverbe persan

Une soixantaine de  migrants  ont péri au large de la Tunisie dans la nuit du 9 au 10 mai.   Le drame n’en finit pas. Et n’est pas près de finir. Matteo Salvini désire maintenant faire payer une amende de 3.500 à 5.500 euros pour chaque migrant conduit dans un port italien par un navire qui n'aurait pas respecté les consignes de la coordination des secours.

Une soixantaine de migrants ont péri au large de la Tunisie dans la nuit du 9 au 10 mai. Le drame n’en finit pas. Et n’est pas près de finir. Matteo Salvini désire maintenant faire payer une amende de 3.500 à 5.500 euros pour chaque migrant conduit dans un port italien par un navire qui n'aurait pas respecté les consignes de la coordination des secours.

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Fruit d’une coopération entre les revues en ligne membres du réseau Médias indépendants sur le monde arabe : 7iberAl-JumhuriyaAssafir Al-ArabiBabelmedMada MasrMashallah NewsNawaat et Orient XXI, - ce qui est déjà exceptionnel - ce dossier de sept articles nous sort (bonheur!) du point de vue européo-centré sur le phénomène des migrations, en suivant sur le terrain différents types de migrants, depuis les préparatifs jusqu’à l’étape finale de l’intégration socio-économique dans les pays d’accueil.
(Orient XXI)

A gauche (au sens large, très large), quand tout le reste s’effrite ou s’effondre, une nouvelle force est apparue, dont tous les français ont désormais entendu le nom, au point qu’elle est devenue légende. S’obstiner à ne voir dans le Black Bloc qu’une horde de “casseurs”, et refuser catégoriquement de voir la dimension politique de son implication dans tous les mouvements sociaux qui comptent, est une belle preuve d’aveuglement, et une lourde erreur.

Deux camps se sont distingués dans le débat pendant la semaine de la fête nationale (israélienne) cette année : l’un qui se réjouit et est fier du pays, et l’autre qui en a assez et qui a honte. L'écart entre eux n'a jamais été aussi grand. Le premier groupe est identifié avec la droite, le second avec la gauche, et les deux se trompent.

Gaza est la plus grande et féroce nasse du monde. Avec des snipers qui tirent à balles réelles pour en fermer les issues. Des bombes et des missiles qui s’abattent à volonté politique sur les têtes de 500.000 êtres humains pris au piège. Et une résistance qui semble insensée au vu de ses peu de chances de succès, mais qui n’a pas d’autre choix que de l’être, ou désespérer tout à fait de la vie.


IDÉES & DÉBATS

 
Yves Robert - La guerre des boutons

Yves Robert - La guerre des boutons

Raoul Vaneigem publie son dernier livre aux éditions Libertalia : Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande. Il n’est aucune pertinence, selon lui, à s’emparer du pouvoir central (par les urnes ou par les armes) : fort des dernières expériences menées au Chiapas, au Rojava et dans les ZAD françaises, l’auteur enjoint à rompre en masse avec l’État et ses relais, à faire sécession pour « fonder des territoires » auto-administrés.
(Ballast)

Dans son livre Gayfriendly. Acceptation et contrôle de l’homosexualité à Paris et à New York, Sylvie Tissot propose un détour par la gayfriendliness revendiquée par des hétérosexuels fortunés et cultivés, pour en dégager les caractéristiques bien particulières, ainsi que les importantes limites. Le texte qui suit, et qui en est extrait, analyse et déconstruit l’autorité morale dont les habitants de quartiers gentrifiés s’investissent eux-mêmes, par le biais notamment d’une dénonciation vertueuse de certains lieux et de certaines populations.
(Les Mots sont importants)

Le livre de Vincent Piolet, Paradis fiscaux : enjeux géopolitiques, explique sous un angle nouveau pourquoi les paradis fiscaux ne sont pas un problème pour les grandes puissances, tant qu’ils réussissent à conserver leur pré carré offshore. Toucher à ces territoires, c’est toucher à leur contrôle sur le système financier mondial, et donc à leur souveraineté. D’où leur résistance commune à tout réel changement des règles, qui aurait un effet immédiat sur leur rapport de force et leurs stratégies.
(Diploweb)



Barbara Probst

Barbara Probst

Coup de cœur pour la nouvelle expo de Barbara Probst au BAL. Cette Allemande qui navigue entre Munich et New-York à faire déraper le sens de l’image photographique ; tout en filant, mine de rien, à la fois les clés du camion de la lecture et un dispositif qui ouvre sur une polysémie bienvenue.

+ de photographie dans L’Autre Quotidien


Harmonia ! De gauche à droite, Michael Rother, Dieter Moebius, Hans-Joachim Roedelius.

Harmonia ! De gauche à droite, Michael Rother, Dieter Moebius, Hans-Joachim Roedelius.

Inconnu du grand public, Michael Rother n’en est pas moins là depuis 1969, comme un des architectes du son allemand. On citera juste Kraftwerk, Neu!, Harmonia ou ses albums solo comme autant de pierres angulaires du krautrock et on va vous raconter un peu l’histoire… 

+ de musique dans L’Autre Quotidien


MIXES & PLAYLISTS

 

Il fallait oser ! Trente-deux morceaux qui font se côtoyer, se raviner et parfois même s’aviner De La Soul, James Joyce lisant “Anna Livia Plurabelle”, Debbie Harry et Iggy Pop, ou la “Société du spectacle” par Ze Buzz.


George Romero, Nights Of The Living Dead

George Romero, Nights Of The Living Dead

Pierre Déléage est anthropologue, chargé de recherche CNRS au Laboratoire d’Anthropologie Sociale. Il tente ici une généalogie de l’introduction, au XXe siècle, du concept haïtien de zombi (transposition mythique de la figure historique de l’esclave) dans l’imaginaire occidental (de White Zombie à 28 jours plus tard) et la conservation tout au long de ce parcours de sa charge politique.
(Lundi matin)

Jessica Forever, un film de Jonathan Vinel et Caroline Poggi

Jessica Forever, un film de Jonathan Vinel et Caroline Poggi

De Jessica Forever, le film de Caroline Poggi et Jonathan Vinel, s’exhale une effluve de fin du monde. Mais ici, point de ville en ruine, ni désert aride ou nature luxuriante qui aurait repris le dessus. Film ultra-symbolique, nous sommes aux antipodes du blockbuster américain ou du film d’action tout court, que le cinéma français imite si mal.

+ de cinéma dans L’Autre Quotidien


 
Vue de l’exposition Jeunes Artistes en Europe. Les Métamorphoses,  Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, 2019. Au premier plan, Marion Verboom   © Luc Boegly

Vue de l’exposition Jeunes Artistes en Europe. Les Métamorphoses, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, 2019. Au premier plan, Marion Verboom © Luc Boegly

Portée par une scénographie du designer français Benjamin Graindorge, l’exposition “Jeunes artistes en Europe” a été conçue en étroite collaboration avec les artistes. Onze d’entre eux ont choisi d’imaginer des œuvres in situ, dont le peintre grec Alexandros Vasmoulakis, le sculpteur polonais Piotr Łakomy, le peintre anglais Charlie Billingham ou le designer grec Kostas Lambridis. Si vous pensez que l’Europe a un sens artistique, au-delà de ses disparités économiques et des ses politiques indignes, l’actuelle résonance d’une culture contemporaine s’affiche à la fondation Cartier. Pas de raison de s’en priver… 

+ d’art dans L’Autre Quotidien


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Un enchaînement de périples aux quatre coins de l’Europe orientale balkanique par un maître polonais du voyage les yeux ouverts.

La meilleure carte que je possède est la deux cents slovaque. Elle est si précise qu’une fois, grâce à elle, j’étais parvenu à m’extirper de l’immensité des champs de maïs au pied des monts Zemplén. Sur cette grande carte englobant le pays tout entier ont même été portés les sentiers de campagne. Elle est déchirée et effilochée. Par endroits, à travers l’image plane de la terre et des étendues d’eau, guère nombreuses par ici, transparaît le néant. Mais je l’emporte toujours avec moi bien qu’elle soit peu commode et prenne beaucoup de place. Cela fait un peu penser à de la magie car, après tout, je connais la route de Košice à Sátoraljaújhely pratiquement par cœur. Oui, mais je l’emporte parce que je suis attiré justement par sa désintégration, par sa destruction. Elle s’est d’abord élimée aux plis. Les coupures et les cassures ont formé un nouveau quadrillage, beaucoup plus net que celui, cartographique, délicatement apposé à l’aide de lignes bleu clair. Villes et villages cessent d’exister petit à petit, ils s’usent au fur et à mesure des pliages et des dépliages de la carte, au fur et à mesure des rangements dans un coin de la voiture ou dans le sac à dos. Michalovce disparaît, Stropkov disparaît, le néant troué atteint la banlieue de Uzhorod. Bientôt disparaîtra Humenné, s’élimera Vranov sur la Topla, se consumera Cigánd sur la Tisza.”
Andrzej Stasiuk - Sur la route de Babadag - éditions Christian Bourgois

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