7 février 2019

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SI VOUS NE LISEZ QUE CE QUE TOUT LE MONDE LIT, VOUS NE POUVEZ PENSER QUE CE QUE TOUT LE MONDE PENSE.
— HARUKI MURAKAMI
 

Politique

Actualité | Dernières nouvelles, écologie, revue de la presse en ligne - nos infos de choix en flux tendu et une cinquantaine de liens.

Société | Elles sont trois amies et ont baptisé leur projet Avanti! Odeline, 25 ans, éducatrice spécialisée auprès d’enfants en situation de handicap à Besançon, Maeva, 30 ans, psychothérapeute pour enfants à Carpentras et Audrey, 35 ans, psychomotricienne dans la région d’Avignon. Unies par des valeurs communes et une envie de participer plus activement aux changements de société, elles ont quitté maison, boulot et famille, pour aller à la rencontre de celles et ceux qui ont choisi de vivre dans des lieux autogérés. Dans ce premier épisode de la saga, elles expliquent les raisons qui ont motivé ce projet pas banal

Migrants | Fuir. Émigrer. Passer de l’autre côté. Avec de vrais ou de faux papiers. Dans la légalité idéale ou dans l’illégalité nécessaire. Avec son compère Jacques MucchielliLéo Henry avait déjà exploré soigneusement certaines ramifications fictionnelles possibles de la réalité de l’exil (« Tadjélé », 2012), dans l’univers imaginaire bien spécifique de leur Yirminadingrad. Sept ans après, le voici de retour avec un court roman, « L’autre côté », publié chez Rivages en février 2019, poétique et incisif, saisissant à bras-le-corps les méandres du fait migratoire contemporain, concret, en à peine 110 pages, mais en utilisant toutes les ressources de la métaphore et du décalage pour faire saisir ici, mieux que bien des récits ou des essais, certaines choses essentielles.

Dans le même temps que l’on entend s’aiguiser la faux de la désertification, résonnent aussi les cris d’une révolte longtemps contenue. Même si le mouvement des Gilets jaunes devait retomber dans les ornières du passé, sombrer dans la confusion, se déliter, il n’en restera pas moins qu’il a fait montre d’une radicalité appelée à renaître et à se développer. Le refus des chefs et de représentants, le rejet du clientélisme politique, la dénonciation du mensonge médiatique, la condamnation d’un système déshumanisant où le cynisme et l’arrogance imposent un plan de paupérisation tel qu’exigent la frénésie du profit à court terme et l’accroissement de sommes pharamineuses gonflant jusqu’à l’absurde la bulle spéculative. Retourner à la base est la seule façon d’en finir avec cette politique qui de sa hauteur imbécile prétend prendre des décisions à notre place.

Chronique | Ce qui est le plus insultant dans ces affiches, ce n’est pas tant qu’elles émanent des lieux mêmes où il pourrait s’agir d’enseigner l’arme de penser contre le monde, ni qu’elles traduisent tous les mots en slogans, ni même qu’elles fassent du mot révolution la petite notation légendaire d’une jolie explosion de rien dans le vide, ni enfin qu’elles ornent la porte des toilettes du restaurant universitaire – ce serait peut-être le fait qu’elles n’aient pas encore été arrachées.

International | Jair Bolsonaro avait promis une véritable thérapie de choc dès son accession au pouvoir. Les mesures, les circulaires et les décrets s’enchaînent et dessinent l’avenir politique et social du Brésil. Les réformes sont nombreuses et il nous a semblé important d’en dresser une première liste.

Idées | Nous n'avions pas prévu que l'un des monstres refoulés qui nous définissent comme des êtres humains, opposés à l'altruisme, à la recherche de la justice et de la coexistence, serait renforcé par les médias interactifs. Je fais référence à l'ego aveugle, au besoin de se sentir à tout prix supérieur aux autres, au "syndrome de Trump" chez chaque individu comme une source illusoire de plaisir (et non de bonheur) qui ne fait que provoquer plus d'anxiété et de frustration. Un texte de l’écrivain uruguayen Jorge Majfud .

Dossier | Une analyse de l’influence de l’idéologie néo-libérale sur l’industrie du sexe, et plus précisément de sa transformation en un business moderne et extrêmement profitable par l’adoption des stratégies managériales du néo-libéralisme. La prostitution étant ainsi en train de muter en une véritable industrie fonctionnant sur des structures et réseaux internationaux soutenus par des technologies de pointe.

Chronique | L'ancien parc est devenu un cimetière. Ces pierres blanches disséminées le long des grandes allées sont des pierres tombales avec des noms, des dates qui nous ramènent à la guerre. La dernière guerre européenne, avant celle qui sévit aujourd'hui en Ukraine. Et pendant des années, ces tombes étaient visitées par des chiens qui y faisaient la sieste. Des chiens imposants, souvent, solitaires aussi et jamais agressifs. Les dernières fois que je suis revenu à Sarajevo, les chiens des tombes avaient disparu. Je les ai cherchés dans les collines qui entourent la veille ville, et j'ai posé souvent la même question aux habitants.

International | Les cartes sont distribuées et le jeu est en marche. La semaine qui s'achève a été l'aboutissement de la rupture de l'étape précédente, l'entrée dans un terrain aux résultats incertains et dangereux, avec des éléments prévisibles. Nous nous trouvons au moment de la maturation des différentes variables, dans l’attente de nouveaux éléments de catalysation/justification.

Plein le dos !

L’Autre Quotidien vous propose de participer à cette excellente initiative. Il s'agit de constituer une galerie photo de dos de gilets émancipateurs, pour constituer une œuvre collective pour la mémoire du peuple, contre ce qu'en disent les seuls dominants. Il s'agit d'un projet artistique et forcément militant ! On a besoin de vous pour récolter un maximum d'images. N’hésitez pas à envoyer vos photos. Merci par avance. https://pleinledos.tumblr.com/

 

Culture

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Haïku + Beirut + proverbe + Paul Valéry + Tania Leshkina

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Musique | On va tabler sur les concerts qui parlent politique et tisser des liens entre situation des afro-américains et la résistance des gilets jaunes à la macronerie aussi généreuse en fake politiques que radine en réformes populaires. On se contentera de rappeler que nos gentils élus ne rêvent que de Paris musée, ville sans vie après 22 heures sous contrainte d’amende et d’astreintes en cas de non bêlement, avec le troupeau des endimanchés gilets rouges… Et objectivement, on trouvera que toute politique culturelle qui se respecte fusionne recherche, avant-garde et témoignage au présent. Et on avouera tout le respect qu’on porte à ceux qui ont su durer : Braxton depuis les années 60, Bill Laswell depuis les années 80 et Steve Coleman depuis 90. En un combat de chaque jour, en un combat douteux, puisqu’on n’est jamais sûr de durer. La beauté de la culture, de la persistance d’une vision. Et du son bordel !

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Livres | Comme avant lui Svetlana Alexieivitch dans « La fin de l’homme rouge », Nicolas Offenstadt met en lumière dans cet essai paru en 2018 chez Stock les paradoxes du ressenti des citoyens est-allemands envers la RDA, combinant les regrets envers la protection sociale (droit à l’emploi, accès gratuit à l’éducation et aux soins…), la nostalgie de l’utopie et les espoirs qui ont succédé à la période dramatique du nazisme, malgré la dictature du parti, le manque de liberté politique et les pénuries récurrentes, les citoyens affirmant « regretter la RDA non telle qu’elle était mais telle qu’elle aurait dû être ».

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Musique | Avec ses clips “urban jungle” qui font entrer le nouveau flamenco dans le XXIe siècle, la Catalane Rosalía, à 25 ans, s’est faite repérer en 2017 avec un premier album choc, Los Angeles. A la fin de l’an passé, elle a sorti El mal querer après avoir tourné avec Almodovar Douleur et gloire. Elle a déjà collaboré avec Pharrell, Arca, Kiddi Smile et James Blake.

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Musique | Après deux albums folk Vari-Colored Songs en 2013 et A Day For The Hunter, A Day For The Prey en 2016, chantés en anglais, français et créole, Leyla McCalla, Haïti-descendante et néo-orléanaise d'adoption lâche son violoncelle et branche l’électricité sur son troisième, un Capitalist Blues qui analyse les effets dudit au pays de Trump. Ses chansons portent un message fondamental : même si nous nous sentons accablés par toutes les injustices qui nous entourent, nous devons résister et ne pas succomber.

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Art | La figure humaine, largement délaissée au temps de l’abstraction triomphante, est revenue en force dans la production artistique contemporaine. Trois artistes de la même génération, mais venus de traditions et d’horizons différents, confrontent leur vision de celle-ci.

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Photo | “L’enchantement du trivial fut le projet pop, après quoi les artistes conceptuels firent des objets de consommation des fétiches livrés à nos manies (série, collection, classification…). Paul Pouvreau se détache de ces héritages, il aime construire dans le crépuscule de la marchandise, de nouveaux repères.” Nous vous recommandons son exposition au Centre photographique d’Île-de-France.

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Musique | Bernard Vitet, qui avait joué avec lui à Paris, m'avait raconté qu'il mettait cinq sucres dans son café ! À mon ami qui s'était déchiré le bras en traversant une porte vitrée lors d'une querelle de ménage, il expliqua comment jouer de la trompette de la main gauche, ce qui avait transformé Bernard en ambidextre. Dolphy l'avait réconforté en lui disant que la seule chose grave était de mourir. Il s'envola pour Berlin où, quelques jours plus tard, il fut terrassé.

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Entretien | Jean-Pierre Simard a interrogé les animateurs de La Souterraine pour savoir où va la France qui chante en secret : “La musique qui nous intéresse n’est pas chantée en anglais - la langue ultra-majoritaire dans la pop globale. Comme nous sommes en France, elle est largement chantée en français, mais pas uniquement (l’arabe, l’occitan, l’italien, l’allemand, bientôt le roumain). Elle est aussi hybride, en ce sens où elle est une proposition originale, qui mêle plusieurs styles qui ne se touchent habituellement pas.”

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Musique | Avec de la cumbia et de la choucroute, tout est possible !


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Un aperçu du n°3 de La Nuit, notre mensuel culturel, qui vous emmène au Japon en 178 pages pleines d’images, de musique et d’émotion.

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