21 janvier 2019

 
 
IL FAUT ARRACHER LA JOIE AUX JOURS À VENIR.
— Vladimir Maiakovski
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Politique

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Le fil d’info alternatif

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Je m’appelle Marie-Laure Leroy, je suis à l’hôpital de Pontchaillou, je ne sais pas quelle heure il est… Bien évidemment je n’ai pas dormi. Mon fils et certains de ces amis étaient autour d’un PC qui a été évacué peu de temps après et ils constituaient en quelque sorte un ruban de sécurité entre les pompiers et le reste des manifestants qui, d’après ce que je sais, ne présentaient aucun danger…

La crise interne de Podemos s’approfondit avec l’annonce qui fait l’effet d’une bombe de la candidature d’Iñigo Errejón, tenant de la ligne populiste et principal opposant à Pablo Iglesias, minoritaire au dernier congrès, mais toujours officiellement candidat de Podemos à la présidence de la Communauté de Madrid aux prochaines élections, sur la liste présentée par la maire de Madrid Manuela Carmena, qui avait été élue avec le soutien de… Podemos, mais entend bien s’en émanciper pour son second mandat. Tombant juste après la victoire de la droite en Andalousie, et l’irruption en force du parti d’extrême-droite Vox sur la scène politique espagnole, cette nouvelle querelle interne de Podemos, qui finira peut-être cette fois par une scission, n’est pas une bonne nouvelle. Mais elle s’explique : il est incontournable de relever que l’institutionnalisation d’un parti comme Podemos, son arrimage stratégique désormais ouvert à un PSOE parvenu au gouvernement central en position de fragilité politique extrême et que l’élection autonomique d’Andalousie, son fief historique, a sanctionné sévèrement au profit de la droite et de l’extrême droite, l’entraînent dans le rejet général de gauches ayant failli à incarner une alternative crédible.

Il y a environ 65 000 rouleuses et rouleurs de bidis (minuscules cigares) à Solapur, dans l’état indien du Maharashtra. Ce sont ces travailleurs que le syndicat CITU a organisés en coopératives pour obtenir du gouvernement la construction de 15.000 maisons qui sont venues remplacer les anciens bidonvilles. 30.000 autres devraient être construites dans les quatre années qui viennent. Ces actions ont été saluées internationalement et l’initiative a été couronnée par le Prix  Transformative Cities 2018 Award, décerné par le Transnational Institute (TNI), basé à Amsterdam.

L’Autre Quotidien a été créé par des journalistes (ou non) qui veulent changer la presse, mais n’ont pas les millions, et le positionnement politique utile à tel ou tel parti, qui accompagnent toujours la création, coûteuse et risquée, d’un nouveau quotidien d’information. Il fallait donc se jeter à l’eau, tout risquer, ce que nous avons fait. Depuis deux ans, nous avons réussi à publier un quotidien gratuit qui aborde autrement la politique et la culture. Mais il est temps de se poser la question du financement et du développement de L’Autre Quotidien. Car nous n’avons pas un rond. Nous sommes conscients que ce journal pourrait être meilleur. Nous avons des idées pour qu’il le soit. Mais sans aucun moyen, cela tient de l’impossible.

Au vingtième siècle, l’extrême droite a contribué à forger l’idéologie nationale et a souvent dirigé le destin de la Grèce. Depuis le Schisme national (période 1915-1917 marquée par le conflit entre le Premier ministre de l’époque, Eleftherios Venizélos, et le roi) jusqu’à la chute de la dictature des colonels (1974), elle a été protagoniste de la vie politique ou a agi à l’avant-scène. A l’heure où un peuple épuisé par des années d’austérité et qui n’attend plus rien de la gauche revenue sur toutes ses promesses semble mettre toutes les forces qui lui restent dans une bataille, qui semble très obscure vue de l’extérieur, sur la propriété du nom de Macédoine, et la question nationale, il faut s’inquiéter sur la possibilité que la Grèce devienne le prochain pays européen à tomber dans le camp du post-fascisme.

Le soulèvement des Gilets jaunes ressemble fortement à la première phase de la révolution française, de 1789 à 1792, lorsqu'il s'agissait de transformer le monarchie absolue en monarchie constitutionnelle. Ce sont les Girondins, parti non négligeable, qui représentaient cette tendance, populaire jusqu'à la Terreur. Ce que demandent les Gilets Jaunes, c'est avant tout une RÉFORME des institutions, cette fois à leur avantage, et non plus à celui des classes dominantes. Les assimiler à de dangereux jusqu'au-boutistes, c'est faire la même erreur, exactement, que Louis XVI et Marie-Antoinette ont fait pendant le début de la Révolution.

“Je reste perplexe, surpris et gêné par tout ce que je provoque et, sans aucun doute, je finis par sembler un peu idiot, avec un air distrait, voire incrédule, de voir que c’est moi le sujet concerné. Cela parce que je n’ai jamais eu le sentiment, quand il s’est agi de contester les accusations, d’agir pour ma propre défense. J’ai toujours l’impression que, en rétablissant la vérité historique, les faits, je ne fais qu’accomplir un devoir civique. J’aimerais crier la vérité au peuple italien, mais comment le faire ? Car la foule manipulée est devenue lyncheuse et résolue à notre perte. Le fauve qui se cache derrière la masse, derrière un sourire de circonstance, derrière des mots vides, et qui n’attend que l’occasion de se révéler, je le connais bien. Déjà avant qu’ils ne me désignent, en particulier, je savais qu’à un moment ou un autre, mon heure arriverait.”

Désir, désirs, besoins fragiles, attachements ou valeurs - sur les valeurs on a lâché, les rescapés attendent devant un port dix jours, quatorze jours, on dirait qu’on fait tout pour prouver qu’on peut le faire, on peut les laisser se noyer (je vous préviens, je me préviens, je suis capable), bien sûr on les sauvera in extremis, on en prendra 4 ou 6, les dispersera dans l’Europe, 49 pour toute l’Europe, le prochain bateau attendra quelques jours de plus, on sera inflexible, au bout de 20 jours il y aura, qui sait, un mort, on ne sera plus si ému que ça puisque c’est le genre à tout risquer pour mourir sur un bateau pas très loin d’un port et que nous, on est prêt à ça, laisser mourir quelqu’un, on finira par se partager les enfants, hommes,  femmes, 5 en Italie, 8 en Belgique, etc, on pensera que les valeurs sont mortes ou que d’autres, terribles, repliées, ont surgi.

Une redoutable lecture échevelée de la révolte paysanne allemande de 1525, autour de la figure charismatique et obsessionnelle de Thomas Müntzer.

Une chose sur laquelle il faut être absolument clair, c’est qu’il n’existe pas de « populisme de gauche » et de « populisme de droite ». Prendre le populisme comme un bloc implique de ne pas tenter d’être à la tête de ce phénomène, mais de considérer le populisme comme un tout qu’il faut casser. Il faut comprendre en quoi le populisme est significatif dans la vision du monde d’une partie des classes subalternes et populaires d’aujourd’hui, pour arriver à créer des fractures là-dedans et casser ce bloc. Mais surtout pas dans un sens de gauche ou de droite !

L’extrême droite réactionnaire, autoritaire et/ ou fasciste gouverne déjà la moitié des pays du monde. La caractérisation comme fasciste ou semi-fasciste peut s’appliquer à certains, mais pas à tous. Enzo Traverso utilise le terme de “post-fascisme”, qui peut être utile, en désignant à la fois une continuité et une différence.

D’abord invisible pour les grands médias, qui continuaient à opposer un journalisme présumé objectif à un système d’information autonome du mouvement via Facebook, ce déplacement d’une part grandissante du public, qui s’est progressivement détaché d’un récit de moins en moins crédible, au profit d’une information alternative “bricolée” avec les moyens du bord mais plus satisfaisante dans sa restitution du réel, a fini par alerter les acteurs de l’information eux-mêmes, comme le suggère une réunion du CSA du 10 janvier, qui a constitué un tournant dans le traitement des Gilets jaunes.

Attention quand on parle d’exportation du mouvement des gilets jaunes ailleurs dans le monde ! Il s’agit le plus souvent de l’exploitation de la trouvaille géniale du port du gilet comme marqueur au service des pires causes politiques. Comme au Portugal, où une manifestation convoquée à Lisbonne par une organisation fascisante s’est heureusement conclue par un échec retentissant.

Culture

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Il fallait à Persée pour poursuivre les monstres une capuche de nuages. Cette capuche, nous nous la sommes tirée sur les yeux et les oreilles, pour pouvoir faire comme si les monstres n'existaient pas.
Karl Marx

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Musique | En duo avec la chanteuse espagnole Rosalia ou le rappeur André 3000, la star discrète de l’électro accouche de son disque le plus pop. Référence artistique majeure, tous les rappeurs en quête de featurings dont Drake ou Travis Scott le sollicitent désormais. Et pourtant, l’artiste maintient malgré tout une signature musicale toujours distinctive. On s’explique.

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Los Angeles, années 1960. Sexualité débridée, désir refoulé et obsession comptable, dans l’arène de Griffith Park.

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Photo | À l'occasion du 40e anniversaire de la révolution iranienne, LE BAL présente le projet de l'artiste Hannah Darabi autour de sa collection de livres photographiques et politiques. Publiés en Iran entre 1979 et 1983, courte période de relative liberté d’expression correspondant à la fin du régime du Shah et aux débuts du gouvernement islamique, ces livres témoignent d’une ébullition politique intense et du vent nouveau soufflant sur la photographie iranienne.

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Art | A la Galerie municipale Jean-Collet, Alexandra Fau imagine des « combinaisons » d’artistes de générations distinctes, sur le modèle de celles réalisées pour l’exposition La peinture française contemporaine, combinaisons de l’histoire, en 2012 au musée d’art contemporain de Perm en Russie. Et ça invite au voyage.

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Musique | Fondateur du label de disques GRRR, compositeur au sein du Drame musical instantané, blogueur pour Mediapart, prosateur pour les Allumés du jazz, improvisateur par nature, expérimentateur par désir, bidouilleur laborantin avant l’heure, Jean-Jacques Birgé est un agitateur d’idées, comme les généreuses années 70 surent en générer tant.

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Art | Nous suivons avec plaisir et une admiration renouvelée le travail de Pierre Seinturier qui revient chez Vallois avec une nouvelle expo, à mi-chemin entre peinture et sculpture : Centralia. Déjà, sa précédente exposition sortait du cadre des toiles… Mais là, avec ses sculptures en volumes et ses toiles qui jouent de la duplication des paysages et du foisonnement, on dirait que le peintre veut s’affranchir des simples deux dimensions de la toile pour proposer une profusion d’art coulant. Un peu l’équivalent en peinture des Garçons Sauvages de Bertrand Mandico…

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Livres |Antoine Volodine sera chez nos amis de l’excellente librairie Charybde (129 rue de Charenton, 75012 Paris) le 18 janvier à 19h30 pour fêter la parution de « Frères sorcières ». Ne ratez pas ça ! Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un chaman de la littérature.

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Chronique | Finalement, la colère est la seule attitude saine de ces jours – avec le désir (qui est l’autre versant). On s’abat contre les corps pour chercher ce qu’on ignore de soi, et qu’on trouve sur la peau. La surface de soi-même, c’est tout ce qu’on possède pour opposer aux coups de matraques. On l’offre aussi aux lèvres.

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Musique | En 1975, à San Francisco, un bassiste, un batteur et un guitariste fondent les Nerves. Dans l'ordre, le bassiste, c'est Peter Case, qui fondera plus tard les Plimsouls; le batteur, c’est Paul Collins, du Paul Collins Beat; et le guitariste, c'est Jack Lee, qui va écrire Hanging on the Telephone, et récolter les royalties, quand Blondie en fera un tube durable. Itinéraire d’un oublié à tort de plus.

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Art | Hippolyte Hentgen tente la réunion des images reproduites et la répétition imparfaite et variable du trait dessiné à la main. Pour cela, tout est bon, de la récupération d'images au détournement de dessin animé. C'est joyeux et malin, et ça fait réfléchir sur la destinée des images et leur usage actuel. Explications.

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Cinéma | Joie de ce film : de poser à la fois la cruauté et sa vanité, sans que l’une efface l’autre. Musique forte et inajustée au propos : c’est que le tenancier du café aime la musique classique occidentale, la plus éculée et épuisée (Schubert, Wagner, Offenbach…). Mais les crescendo dramatiques de la musique ne correspondent jamais à ce qui se dit ; et inversement : il n’y a pas de bande-son de la vie qui l’illustre. Seulement des malentendus entre lesquels on fraie, cherche les signes secrets, les espère : et pour cela on les invente.

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Livres | « Nous avons tout ouvert. Nous avons tout relié. » Avec ces « Bacchantes » publiées chez Rivages en janvier, Céline Minard propose en première intention de s’attaquer au film de casse, en pose les codes sur la table, répand aussitôt le doute et le désarroi, et finit bien entendu par nous offrir quelque chose de bien différent, à nouveau.

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Livres | Le rock – et tout particulièrement le lien dynamique et mystérieux qu’il entretient avec la littérature – occupe une place centrale dans l’écriture d’Olivier Martinelli, depuis toujours ou presque. Un roman comme une alchimie toujours mystérieuse et sauvage.


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Un aperçu du n°3 de La Nuit, notre mensuel culturel, qui vous emmène au Japon en 178 pages pleines d’images, de musique et d’émotion.

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