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Hong Sang-Soo | Grass (풀잎들), par Arnaud Maïsetti

Cinéma | Joie de ce film : de poser à la fois la cruauté et sa vanité, sans que l’une efface l’autre. Musique forte et inajustée au propos : c’est que le tenancier du café aime la musique classique occidentale, la plus éculée et épuisée (Schubert, Wagner, Offenbach…). Mais les crescendo dramatiques de la musique ne correspondent jamais à ce qui se dit ; et inversement : il n’y a pas de bande-son de la vie qui l’illustre. Seulement des malentendus entre lesquels on fraie, cherche les signes secrets, les espère : et pour cela on les invente.

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Un regard critique sur "Un peuple et son roi", le film de Pierre Schoeller qui parle de révolution, mais oublie d'être révolutionnaire

Cinéma | Le mouvement des Gilets jaunes a remis au premier plan les interrogations sur la révolution française, ses motivations, ses mythes, et surtout le goût, décidément pas perdu, des français (peuple politique par excellence pour Karl Marx) pour l’insurrection contre les puissants du moment. À voir Un peuple et son roi, on pensera pourtant hélas moins à La Commune (Paris, 1871) (2000) de Peter Watkins qu'à En guerre (2018) de Stéphane Brizé qui élit systématiquement la star Vincent Lindon en corps populaire primus inter pares. Comment faire autrement dès lors qu'un film s'ingénie à ce point à contredire ses intentions égalitaires par le réel de l'inégalité au fondement de son vieux régime de représentation et de figuration ?

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Luc Chomarat dévoile son étonnant top ten cinématographique

Cinéma | On sait grâce au Rob Fleming de Nick Hornby (« Haute fidélité », 1995) qu’il n’est guère de choses plus sérieuses que l’établissement d’une bonne liste des meilleures chansons, dans l’absolu et en fonction de circonstances ou d’objectifs particuliers. C’est à la concoction de celle des « Dix meilleurs films de tous les temps » que s’attelle le narrateur du sixième texte de Luc Chomarat. Ozu, Bava et Argento comme étranges piliers d’une quête cinéphilique oscillant follement entre humour absurde et sérieux académique.

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Shanduraï : Bertolucci et la rencontre avec l'altérité

Annamaria Rivera  | Par une étrange coïncidence, la veille de la mort du grand Bernardo Bertolucci, a émergé de la mémoire encombrée et chaotique de mon ordinateur une critique de son film Shanduraï (titre original L’Assedio, Le siège), que j'avais écrite pour le magazine Rinascita en 1998. Je la repropose, pour la première fois en ligne, avec quelques petits changements, comme un témoignage, modeste, non seulement de la grandeur, mais aussi de l’actualité impressionnante de son œuvre.

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Seconde jeunesse, l’immortelle ! "Moi et toi", de Bernardo Bertolucci

Des nouvelles du front | Bernardo Bertolucci est décédé ce lundi à l'âge de 77 ans. Son seizième film sorti en 2013 aura été son dernier, pas le plus connu mais incontestablement l'un de ses plus beaux. "Moi et toi" ressemblerait peut-être à un second premier film, celui d'un homme à la vieillesse certes blessée mais qui aura fait de sa blessure une grand occasion de relève, ragaillardi par un afflux de grande santé nietzschéenne. Et qui se serait enfin autorisé à ne plus vouloir céder sur le motif cinématographique de la jeunesse dont l'immortelle promesse, semblable à la « force faible » du messianique sans messianisme cher à Walter Benjamin, est bien ce qu'il faut impérativement sauver des effets de contamination de la mollesse bourgeoise et des amnésies historiques qu'elles promeuvent ou induisent.

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