Plein la figure ou le retour du portrait dans l'art chez Lelong

La figure humaine, largement délaissée au temps de l’abstraction triomphante, est revenue en force dans la production artistique contemporaine. Trois artistes de la même génération, mais venus de traditions et d’horizons différents, confrontent leur vision de celle-ci.

Jaume Plensa,  Sanna , 2017,  (aluminium et base de granit) 220 x 110 x 70 cm © Studio Plensa

Jaume Plensa, Sanna, 2017, (aluminium et base de granit)
220 x 110 x 70 cm © Studio Plensa

Jaume Plensa, né à Barcelone, réalise, parfois à très grande échelle et dans des matériaux variés (marbre, albâtre, bronze, aluminium…) des portraits de jeunes femmes aux yeux fermés auxquels il fait subir de subtiles déformations. Deux grandes expositions ont ouvert récemment au Palacio de Cristal à Madrid et au Macba de Barcelone.

Kiki Smith (ci-dessous) qui travaille à New York, développe depuis trente ans, par la sculpture et le dessin, une œuvre singulière, largement autobiographique, qui renouvelle la vision de la figure féminine et animale. Une rétrospective de son œuvre se tient en ce moment au Musée Sara Hilden à Tampere, en Finlande. Une autre est prévue à l’automne prochain à la Monnaie de Paris.

Kiki Smith,  Eclipse , 2002 ( encre et gouache sur papier )  245 x 174cm © Kiki Smith

Kiki Smith, Eclipse, 2002 ( encre et gouache sur papier )
245 x 174cm © Kiki Smith

Barthélémy Toguo, (image d’ouverture du papier) transpose des thèmes de son pays, le Cameroun, pour produire des images oniriques où se mêlent l’humain, l’animal et le végétal. Sa dernière exposition était au Parrish Museum à Long Island (USA) puis à l’Africa Center de New York.

A l’heure où les matraques font patatrac dans la rue comme sur les visages de ceux qui refusent l’oubli de leur condition, on se dit qu’il est bon d’en voir d’autre, des visages. Comme un discours, comme une figure; comme aurait dit un certain Jean-François Lyotard dans Discours, Figure : Dans le déferlement des images contemporaines, le figural nous pose en effet cette question urgente, brutale : comment ça pense, une image ? Ou bien : comment l'image peut-elle penser par elle-même, indépendamment de tout discours ou concept (commentaire, sous-titre) qui l'accompagne ou la justifie ? Cette soudaine actualité du figural, qui est tout aussi bien son inactualité, s'inscrit de fait dans l'origine moderne de la réflexion esthétique.

Jean-Pierre Simard le 6/02/19


Jaume Plensa — Kiki Smith — Barthélémy Toguo → 9/03/2019
Galerie Lelong 13, rue de Téhéran et 38, avenue Matignon 75008 Paris