Kankyo-Ongaku, l'ambient nippone des 80's et 90's entre dans la cour des grands

Est-ce l’habitude de Deezer ou Spotify ? On n’écoute plus d’albums en continu. On gobe du tube ou du climax et on en revient aux compilations et fonds de catalogue pour découvrir synthétiquement des mouvements ou des vagues passées à l’as. Tel est le cas de cette compile japonaise qui fait aussi fort que les Selected Ambient Mixes d’Aphex Twin, la référence du genre ambient.

Takashi Kokubo

Takashi Kokubo

Avec l’arrivée du Walkman et de la télé haut de gamme, au début des années 80, les industriels Japonais ont développé un son bien spécifique pour (selon leur dire) “ Améliorer l’expérience de l’auditeur”. Pour cela, ils ont investi dans la musique et les arts et offerts des vecteurs de diffusion à des artistes d’avant-garde pour que leurs productions envahissent chaque geste de la vie quotidienne : aussi bien de l’ambient pour les magasins Muji que des sons pour accompagner les fonctionnement des systèmes d’air conditionné de Sanyo … 

La compilation de Light in the Attic fait donc remonter les stars et les méconnus de ce genre de musique environnementale, les Haruomi Hosono, Ryuichi Sakamoto du Yellow Magic Orchestra, ou le musicien Joe Hisaishi des Studio Ghibli (Totoro), comme d’autres pionniers oubliés nommés Hiroshi Yoshimura, Yoshio Ojima et Satoshi Ashikawa; ceux-ci méritant une place aux côtés de stars comme  Brian Eno ou Erik Satie.

Fumio Miyashita

Fumio Miyashita

Un boulot de longue haleine pour le label qui affiche une certaine suite dans ses idées d’anthologie ambient, après le  I Am The Center (2013) et The Microcosm (2016). Cette compilation arrive aussi après le somptueux  Even A Tree Can Shed Tears: Japanese Folk & Rock 1969-1973  et les ressorties du bassiste du Yellow Magic Orchestra Haruomi Hosono. Elle propose un livret avec notes de pochettes et bio fouillées des artistes présentés, ainsi qu’un essai du co-producteur de la compile, Doran, lui aussi membre du duo de Portland Visible Cloaks. Et la pochette, pour rester dans le ton, est ornée d’une photo de Osamu Murai montrant une réalisation du célèbre architecte Fumihiko Maki.

Doran déclarant aussi : “ Comme cette musique continue de résonner dans l’espace de la modernité, je suis assez heureux d’ouvrir cette fenêtre sur un tel univers.” Le parfait compagnon des jours de stress pour angliciser à mort, un vrai travail de fond sur un genre méconnu et un album (assez) du genre indispensable. Vous savez ce qu’il vous reste à faire …

Jean-Pierre Simard le 1/03/19

Jun Fukamachi

Jun Fukamachi

Kankyō Ongaku: Japanese Ambient, Environmental & New Age Music 1980-1990, Light in The Attic