Bienvenue dans les bleus de Nancy Wilson-Pajic

Blueprints fournit un aperçu des différentes approches : documentaire, allégorique autant que personnelle, avec l’utilisation de son propre corps, dans la fabrication de l’image, telle que déployée par Nancy Wilson-Pajic.

Nancy Wilson-Pajic,  Chances-Techniques   Courtesy of the artist & Galerie Miranda, Paris

Nancy Wilson-Pajic, Chances-Techniques
Courtesy of the artist & Galerie Miranda, Paris

Blueprints poursuit le cycle d’expositions que la galerie dédie aux artistes femmes depuis mars 2018 avec, comme première exposition, Early Color de Jo Ann Callis. Depuis 1965, Nancy Wilson-Pajic utilise des formes narratives dans la conception de ses œuvres. Basée à New York dans les années 70, elle a joué un rôle important dans l’avant-garde internationale grâce à ses installations textuelles et sonores et ses œuvres narratives qui questionnaient le rôle des femmes dans la société.
Vingt ans après, elle en dira, « Travailler avec la photographie sur le rôle de la femme, se déguiser pour réaliser des autoportraits, et, surtout, proposer des œuvres entièrement composées de textes et de son — c’est difficile à croire mais, cela ne menait pas vers la gloire. C’était plutôt un chemin subversif, anti-artistique. »

Installée à Paris depuis  1978, l'artiste a débuté un travail sur la fonction représentative de la photographie, au regard du texte et d’autres médium d’informations, « Je m’intéresse aux processus d’accumulation et de transformation de l’information, en interaction avec d’autres informations ainsi qu’à la mémoire et aux priorités individuelles des gens. A la recherche d’espaces libres pour la réflexion créative, j’ai utilisé des medium très variés — des enregistrements sonores, des textes, de la vidéo et du film, de la photographie et du dessin, de la technologie informatique. »
Grâce à ses premières expérimentations avec des procédés photographiques traditionnels, comme la bichromate de gomme, le charbon transfert, le photogramme, le cyanotype, Nancy Wilson-Pajic s’est imposée comme précurseure de la photographie expérimentale et plasticienne.

Nancy Wilson-Pajic,  Falling Angels chess   Courtesy of the artist & Galerie Miranda, Paris

Nancy Wilson-Pajic, Falling Angels chess
Courtesy of the artist & Galerie Miranda, Paris

Au cours de sa longue et singulière carrière, Nancy Wilson-Pajic a participé à plus de 400 expositions personnelles et collectives dans des galeries et musées du monde entier, et trois expositions rétrospectives lui ont été consacrées par des musées d’art contemporain. Ses œuvres figurent dans les collections permanentes de musées tels le Musée national d’art moderne (Paris), le Musée de l’Élysée (Lausanne), le Fonds national d’Art contemporain (Paris), la Bibliotheque Nationale (Paris), le Museet for Fotokunst (Odense), le Nouveau Musée national de Monaco, le Daelim Contemporary Art Museum (Seoul, Korea) et le Musée Réattu (Arles), pour n’en citer que quelques uns.

Nancy Wilson-Pajic,  Spirals 9 , 1999  Courtesy of the artist & Galerie Miranda, Paris

Nancy Wilson-Pajic, Spirals 9, 1999
Courtesy of the artist & Galerie Miranda, Paris

Nancy Wilson-Pajic interroge le statut de l'objet et de son image. Ce qu'elle représente se situe aux limites de la matérialité. Le motif se dépose sur la surface d'enregistrement primitive d'une façon quasi spectrale. L'artiste désigne ainsi l'influence de la picturalité dans la réception d'une réalité transfigurée par le procédé photographique.
Selon ses termes " Le photogramme n'est pas une image, [...] il ne se substitue pas la chose à l'objet. C'est une empreinte, un témoignage de l'existence de l'objet sans avoir les mêmes qualités que l'objet [...] L'oubli est encore plus mystérieux que le souvenir ".

Gilles Dalose le 7/05/18 

Nancy Wilson-Pajic - Blueprints - → 9/06/18
Galerie Miranda  21, rue du Château d’Eau  75010 Paris