Les lignes de vie de Sheila Hicks se défilent à Beaubourg

Avec ses cortèges de fils, ses échafaudages audacieux de tombés de tissus et de matières, Sheila Hicks tisse le regard des passants de Beaubourg, tout en lumière. Déploiement! 

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On a déjà vu les installations spectaculaires de cette Américaine installée à Paris depuis 1964, après avoir voyagé et vécu en Amérique latine, du Venezuela et de l'Équateur à l'Uruguay, le Brésil et le Mexique. En 2014, elle a investi la Grande Rotonde du Palais de Tokyo avec ses faux ballots de laine dont les couleurs complémentaires n'ont pas oublié Homage to the Square de Josef Albers, esprit du Bauhaus. Ils sont là ces poufs, mous comme des anémones de mer, en fait solides comme de la toile à bateau, où l'artiste entremêle fils et camaïeux. Elle tisse ses idées du jour et ses tableaux. Leur fin relief fait naître un effet op art.

Sheila Hicks,  The Evolving Tapestry :He/She , 1967 The Museum of Modern Art, New York © 2018. Digital, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence © Adagp, Paris 2018

Sheila Hicks, The Evolving Tapestry :He/She, 1967The Museum of Modern Art, New York © 2018. Digital, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence © Adagp, Paris 2018

Puis elle fut, au Musée Carnavalet, l'invitée du Festival d'automne, avec ses rideaux ajourés sous le portique, sa cascade de cordes et de liens tombant de la façade et ses fibres étalées comme une mer froide ou chaude entre les buis taillés. Là où le mariage du textile de pointe et de la nature la contrôlée créa un théâtre d'art très contemporain.

Sheila Hicks,  Trapèze de Cristobal , 1971 Stedelijk Museum, Amsterdam © Stedelijk Museum, Amsterdam © Adagp, Paris 2018

Sheila Hicks, Trapèze de Cristobal, 1971Stedelijk Museum, Amsterdam © Stedelijk Museum, Amsterdam © Adagp, Paris 2018

Aujourd'hui à Beaubourg, on peut voir plus d’une centaine d’œuvres, de 1957 à aujourd’hui, présentée dans l’espace ouvert sur la ville de la Galerie 3, en invite à découvrir les diverses expressions d’un art qui, au moyen de coton, de laine, de lin ou de soie, exalte notre perception de la couleur, de la matière et de l’espace.

Sheila Hicks,  Intermittent , 1969 Collection particulière © Bastiaan van der Berg © Adagp, Paris 2018

Sheila Hicks, Intermittent, 1969Collection particulière © Bastiaan van der Berg © Adagp, Paris 2018

Sheila Hicks. Lignes de vie apporte sa touche au processus de réexamen de l’œuvre de l’artiste entrepris depuis plusieurs années. Une vingtaine des pièces présentées appartiennent à la collection du Centre Pompidou à la suite d’une récente donation au Musée national d’art moderne. Le parcours de l’exposition, fluide et non chronologique prend pour axe le dialogue formel et chromatique que les œuvres entretiennent entre elles et avec l’espace.

Avec ces sculptures, dont certaines sont monumentales, l’exposition présente plusieurs dizaines de Minimes, petits tissages ou compositions de la taille d’une feuille de papier A4, qui constituent comme le laboratoire de l’œuvre tout entier et témoigne d’une jubilation de la création.
Densité, matière, touché, sensations… On y retourne. 

Félix Guétary le 13/02/18

Sheila Hicks Lignes de vie → 30/04/18

Centre Georges Pompidou  Place Georges Pompidou 75004 Paris

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