AVEC ou le graphisme militant de Gérard Paris-Clavel

A l'heure de se déplacer dans la jungle urbaine des signes citadins, certains réfléchissent encore à délivrer des messages non parasités par la communication, la publicité ou la vente forcée… Et Gérard Paris-Clavel en est. A proposer du graphisme, de la signalétique et des images qui, si pas univoques, ne fonctionnent jamais sur un registre marchand. Du 7 septembre au 12 novembre, à Nogent, il est accueilli par la Maison d'art Bernard Anthonioz avec débats et rencontres, en marge de son exposition. 

Comme on se met en œuvre(s), Gérard Paris-Clavel se met en cause ; cause commune. Il n’est jamais seul, mais toujours avec. Les mots et les images sont ses outils. Combattre c’est débattre, la parole et l’action : informer c’est former ; réfléchir c’est ne pas fléchir, ne pas plier ; exposer c’est peut-être exploser, sortir des limites convenues de la création considérée comme étant à elle-même son propre idéal.

Gérard Paris-Clavel,

Gérard Paris-Clavel,

Autant de questions qui seront posées à l’occasion de cette exposition proposant de revenir plus particulièrement sur le travail de création autonome que mène Gérard Paris-Clavel depuis 1990, comme sur son engagement poétique et politique avec l’association Ne pas plier, autour de la question de l’expression et des formes de l’engagement.

Il y a cela d’abord : le monde devant soi, les jours qui se suivent ; et partout la même injustice, le silence des consciences, le bruissement des affaires, le fracas des villes. Chacun a lu sur le fronton des mairies notre si belle trilogie : Liberté — Égalité — Fraternité, chacun connaît l’histoire des hommes et les luttes des plus asservis pour gagner une dignité refusée ; vieille histoire, une antienne presque, le monde ne va pas s’arrêter pour cela. Les lendemains ne chantent plus, le temps des cerises ne revient pas, le bel aujourd’hui s’embrunit. Cela commence ainsi. Il faut vivre avec ; ça ne fonctionne pas si mal et loin d’ici il y en a de plus malheureux.

Les mots semblent vieillir tandis que les maux perdurent et paraissent, bon an mal an, s’inscrire dans une suite naturelle des choses. « Dès qu’on commence à trouver les choses naturelles, on cesse d’exister » déclarait Bertolt Brecht. Gérard Paris-Clavel existe. 
— François Barré, mai 2008
Gérard Paris-Clavel,  Qui a peur d’une femme ?

Gérard Paris-Clavel, Qui a peur d’une femme ?

Gérard Paris-Clavel est diplômé des métiers d’art et de l’Institut de l’Environnement. Il étudie dans l’atelier d’Henryk Tomaszewski à l’École des Beaux-Arts de Varsovie avant de cofonder le collectif Grapus, Cocolux, les Graphistes associés et l’association Ne pas plier.

* Images en vie, les images de la vie courante- Mercredi 13 septembre à 15:00
Rencontre avec Antonio Ugidos,  psychologue, ASP et Catherine Richard, chargée de mission politique de la ville.
Travailler l’exposition comme un outil. Il s’agit d’accueillir pendant l’exposition à la Maison d’Art Bernard Anthonioz du 7 septembre au 12 novembre 2017, différents acteurs organisant eux-mêmes une visite pour y exprimer la singularité de leurs pratiques et de leurs réflexions en regard et en correspondance avec les images et les messages de Gérard Paris-Clavel. 
Des parts décisives de nos vies quotidiennes sont organisées et dictées par ce que nous proposent et ce que nous imposent les signes apposés dans l’espace public et l’inflation des signes de la marchandise. Redonner formes et valeurs aux richesses des situations sociales, où l’individu — libéré de son rôle de consommateur — s’enrichit de la rencontre et du partage avec l’Autre. Quelles représentations véhiculent les images de la vie courante ? Que nous disent-elles sur la relation avec notre propre image, celle de l’autre, celles des autres ?

Gérard Paris-Clavel,  Un raciste est quelqu’un qui se trompe de colère

Gérard Paris-Clavel, Un raciste est quelqu’un qui se trompe de colère

* Savoirs des luttes - Samedi 23 septembre à 15:00
Rencontre avec Annick Coupé, syndicaliste Solidaires et Franck Poupeau, sociologue.
Le savoir constitue une des meilleures défenses des citoyens face à la surabondance des informations médiatisées, qui tendent à effacer tout sens critique. L’idée d’exprimer « le Savoir des luttes » permet de rendre visible le savoir des militants acquis sur la mémoire de leurs actions mais aussi de comprendre comment se constituent ces mélanges de savoir-faire et de savoirs savants.

* Savoirs des luttes avec Annick Coupé et Franck Poupeau
Les Petits Parcours (jeune public)  Mercredi 27 septembre à 15:00

Exploration de l’exposition à hauteur d’enfant à travers des activités ludiques et un atelier. Les petits parcours se poursuivent autour d’un goûter partagé avec petits et grands.

* La règle du jeu - Samedi 30 septembre à 15:00
avec Benjamin Dauchez, notaire, Bruno Lavaux, expert-comptable et Jean Vincent, avocat.
Pour un artiste il est essentiel de privilégier dans la réflexion et son action professionnelle les choix qui sont le plus en harmonie avec son objectif de création et sa personnalité. Pour cela il doit s’appuyer sur un environnement de professionnels dans les divers domaines où leurs compétences viendront l’éclairer dans ses choix. Ils pourront ainsi lui permettre de : comprendre et se situer dans un environnement économique compliqué. Connaître et exercer ses droits à partir de son statut professionnel d’artiste. Remplir ses devoirs en connaissant l’environnement règlementaire et statutaire. Se donner les moyens en apprenant à gérer son activité

* Café-découverte Visite Dimanche 1 octobre à 11:00
Découverte de l’exposition à travers un parcours commenté. Pour bien démarrer la journée, café et douceurs sont au rendez-vous.

Gérard Paris-Clavel,   Rêve Générale

Gérard Paris-Clavel, Rêve Générale

* Être sujets dans son travail Mercredi 4 octobre à 15:00
Rencontre avec Nicolas Frize, compositeur.
Si nous sommes « sujets dans son travail » c’est que nous nous mobilisons réellement — et inévitablement — dans notre activité professionnelle, que souvent nous inventons même notre métier, que nous nous l’approprions, avec notre subjectivité, notre sensibilité, notre intelligence… Un métier ce n’est pas rien ! C’est une longue trajectoire historique, avec des règles de l’art, des outils, une expérience transmise, des méthodes et des relations de tous ordres… et surtout, beaucoup de culture, de sensible, d’intime, d’initiative ordinaire, d’imagination extraordinaire…

* Graphisme, Histoire ou faits divers ! Samedi 7 octobre à 15:0
avec Margo Rouard, historienne du graphisme et Tony Côme, historien d’art.
Le graphisme est le traitement des informations et des savoirs mis en formes pour être diffusés dans les lieux publics. C’est une pratique récente qui arrive à partir du XIXe siècle avec la Révolution industrielle. Deux raisons à cela, la première l’évolution des techniques d’impression et la seconde la transformation du rapport de l’espace public des villes avec la population.

* Les avant-gardes de situation - Mercredi 11 octobre à 15:0
 avec Philippe Villechalane, porte parole de l’Apeis et Jérôme Bourdieu, économiste.
Les avant-gardes de situations sont convoquées par les femmes et les hommes qui sont dans la nécessité des luttes. Comment exprimer la force des faibles ? Comment rassembler celles et ceux qui pour résister se rendent visibles et partagent les formes de leurs luttes ? Comment écouter celles et ceux qui ont du mal à se faire entendre ? Les luttes des chômeurs, des pauvres, des exploités et des dominés sont-elles les luttes de TOUS ?

Gérard Paris-Clavel,   Urgent Chômage

Gérard Paris-Clavel, Urgent Chômage


* Va savoir ! Communiquer ou informer ?  Samedi 14 octobre à 15:00
Rencontre avec Jean Bayle, concepteur de presse, Jacques Bidou, producteur et Marcel Trillat, journaliste et réalisateur.
« Si on ne sait pas, on ne voit pas ». S’informer permet de savoir, mais les sources sont diverses. Concernant les médias, acteurs majeurs de l’information, que sait-on ? On sait que la nature de leur actionnariat n’est pas neutre mais, ces médias sont-ils malgré tout des supports efficaces de l’information ? Remplissent-ils pleinement leur rôle ? Non, car la question de la forme est toujours phagocytée par le malentendu qui gère le rapport entre fond et forme. In-former.

* Les conditions de la commande ?  Mercredi 18 octobre à 15:00
rencontre avec Olivier Brillanceau, directeur de la SAIF et Pierre Garçon, co-secrétaire général du SNAP — CGT.
Quelle relation existe aujourd’hui entre un commanditaire et un plasticien ? Les interlocuteurs sont devenus des professionnels de la communication et l’auteur d’images devient peu à peu un prestataire aux ordres. La confiance mutuelle nécessaire à l’élaboration et à la mise en œuvre de projets exigeants est remplacée par le filtre des appels d’offre et des grilles d’évaluations administratives. La standardisation des approches génère la standardisation des formes et édulcore les propos. La commande est devenu, par ce glissement hiérarchique, un commandement.

* Des mots, des images et du temps -  Samedi 21 octobre à 15:0
Rencontre avec Marie-José Mondzain, philosophe et François Barré, commissaire de l’exposition.
C’est une question à résoudre davantage qu’une évidence à imposer. Faut-il laisser une trace, une marque singulière ? Faut-il être au monde ici et maintenant pour y éveiller les consciences, vivre le partage et échafauder les constructions futures ? Comment conjuguer la gratuité de l’art, l’utilité d’une action solidaire et la relation à la commande ? Comment être à la fois savoir et saveur, corps physique et corps social, différent et semblable ?

* Partage de l’image -  Mercredi 25 octobre à 15:00
Rencontre avec Marc Pataut, photographe.
L’image, œuvre unique, devient un objet multiple selon les formes de son partage. Comment les auteurs (photographe, graphiste) partagent leur singularité au sein d’une action collective ?

Gérard Paris-Clavel,   Utopiste Debout

Gérard Paris-Clavel, Utopiste Debout

* Faire une bonne impression - Samedi 28 octobre à 15:00
Rencontre avec Joseph Belletante, Musée de l’imprimerie de Lyon. Alain Roger, restaurateur de papier (sous réserve) et Anne-Marie Sauvage, conservatrice BNF et les imprimeurs du jour.
Les papiers ; ils sont épais, souples, granuleux, opaques, transparents, on les touche, on les palpe, on vérifie sa main. Ce sont des encres de 4 couleurs (noir, cyan, magenta, jaune) pour faire de la quadrichromie mais aussi des milliers de couleurs à choisir sur un nuancier. Ce sont des procédés d’impression : des offset, sérigraphies, rotatives. Ce sont les métiers de la chaîne graphique où rien des uns ne se fait sans les autres ; il s’agit bien d’une corporation où le mot « Avec » s’imprime pleinement.

*La ville est à nous - Mercredi 8 novembre 18:00 → 21:0
Rencontre avec Philippe Bouyssou, Maire d’Ivry-sur-Seine, Isabel de Bary, Ne pas plier et Sylvie Tissot, sociologue.
La ville est un lieu de vie où la proximité peut se faire richesse d’échanges et de propositions. Comment faire alors pour créer des lieux d’interactions heureuses, de mobilisations partagées, de ressources élaborées collectivement pour que les citoyens-citadins puissent participer à sa construction et à sa transformation.

Maxime Duchamps le 6/09/17
AVEC — Une exposition de Gérard Paris-Clavel - 7/09 -> 18/11/17
La Maison d’Art Bernard Anthonioz- 16, rue Charles VII  94130 Nogent-sur-Marne