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Nick Cave : les drones de la désolation fondent sur son "Skeleton Tree"

Nick Cave : les drones de la désolation fondent sur son "Skeleton Tree"

Messie rock post-punk australien, profondément gothique, Nick Cave n’a vraiment pas de bol. Mais qui en aurait, quand son fils de 15 ans sous acide, Arthur,  a sauté de la falaise à Brighton l’été dernier ? Skeleton Tree lui est dédié, mais pas que…


Nous avons bien à faire à un disque de deuil. Un disque à la sortie difficile, car Cave s’est vu accuser par une partie de la presse anglaise d’être responsable de la mort de son fils pour ne pas l’avoir assez surveillé. Cela à la suite d’un passé à la seringue, de tous connu, et sur lequel la presse anglo-saxonne ne cesse d’appuyer, quand elle n’a plus rien d’autre à dire.

Là est aussi la raison du film One More with Feeling d’Andrew Domink diffusé jeudi dernier dans des centaines de salles de par le monde, comme présentation du disque. Car cela servait le propos de l’artiste qui avait commencé l’enregistrement de Skeleton Tree, six mois avant l’accident fatal de sa progéniture, et de mettre à mal les fadaises racontées entre autres par le Times, qui l’accuse de capitaliser sur la mort de son fils pour booster sa création (il fallait quand même oser). 

Alors Nick Cave saisi par la mort, comme nouveau passage ? Pas vraiment, puisque ses comptines souvent macabres ou agités de tempête sont principalement construites (à la Faulkner) sur les antagonismes bible/ sauvagerie et que son imagerie au diapason du rock, en connait toutes les ficelles, de la ballade au psychobilly.

Mais de l’énervé The Mercy Seat au doucereux et mélancolique morceau-titre, The Skeleton Tree, une univers s’est affaissé, un morceau de sa vie s’est envolé, un de ceux qu’il a construit au sortir de crises existentielles datant de 20 ans auparavant ( divorce et séparation d’avec PJ Harvey). Devenu un étranger à lui-même dans son quotidien, Cave avoue être devenu quelqu’un d’autre - et pour l’instant, il ne sait pas le gérer.

 

Warren Ellis et lui ont pourtant sorti un des disques les plus poignants/exhibitionnistes de l’année. Un album qui avance au pas du cheval mortuaire tirant un corbillard, mais en menant une discussion avec la mort et son absurde, avec les tempi lents et les violons qui s'accordent au bal du temps. C’est quasi du Bergman, celui du Septième Sceau ou plus proche question pratique musicale, du dernier album de Johnny Cash ou d'un Leonard Cohen au plus fort de ses visions pré-zen, en désespoir conquis, en malaise chiffré et en poésie à haute teneur vibratoire.

Cet album ne ramènera pas Arthur au bercail, et c’est bien de cela qu’il s’agit ici. De faire son deuil, de lui donner une forme pour qu’il puisse exister et partir à son allure vers l'ailleurs. Pas de remède au décès des proches ? Si, celui-ci -peut-être- entre confession et aveux, entre amour paternel et filial qui n’a eu le temps de trouver un exutoire. Un jamais en forme d’éternité, un toujours avec une absence de plus au compteur.

Un album drolatique, un album sulfureux, un album d’une beauté qui tue. Mesdames et Messieurs, le deuil de Nick Cave est avancé et s’il vous reste un zeste d’empathie vraie, vous y trouverez comme beaucoup, un des disques de l’année. On l’aurait aimé d’une autre violence à célébrer des possibles à tenir ou à forcer. Mais là, c’est juste pas possible d’en dire plus, sur ce dix-septième album d’une beauté noire qui parle au quotidien de sa souffrance. Les images sont là, à vous de les regarder à la distance que vous jugerez la vôtre… 

Jean-Pierre Simard

Nick Cave & The Bad Seeds Skeleton Tree, (Bad Seed/Kobalt)

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