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L'Autre Quotidien

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Detroit : des photos d'une ville abandonnée comme avant-goût de notre ruine

Detroit : des photos d'une ville abandonnée comme avant-goût de notre ruine

Hum! Cela fait longtemps qu'on n'a pas rangé ces maisons, ni passé un coup de balai. De manière stupéfiante, - au point que je m'interroge à chaque fois là-dessus : est-ce possible qu'on abandonne un poste de police comme ça, une bibliothèque? comme si les habitants s'étaient soudain volatilisés? ou étaient partis en courant sans jamais regarder en arrière?

Une question à poser aux deux photographes -, ces photos prises à Detroit à partir de 2005 par deux jeunes photographes français, Yves Marchand et Romain Meffre, nous jettent à la figure la violence extraordinaire qui s'abat sur une société entière (la nôtre, en l'occurrence, avec ses cabinets de dentistes, ses écoles, ses églises, ses hôtels, ses immeubles de bureaux, toutes ces choses qui nous semblent banales, acquises) quand elle se trouve privée de ses moyens d'existence. Il ne s'agit pas, ici, de la disparition de l'Atlantide, du mystère de l'île de Pâques, de l'épuisement de la civilisation qui avait construit de temple d'Angkor, ou de la décadence de l'empire romain, mais tout simplement, maintenant même, de ce qui s'est ensuivi à Detroit, la capitale mondiale de l'automobile, là où s'est inventé le travail à la chaîne, la production industrielle, le mythe américain de la voiture pour tous, après la disparition des grandes usines Ford, Chrysler, General Motors, disloquées par la concurrence. 

On a déjà vu cent fois les cathédrales industrielles tombées en déshérence. C'est très beau, très triste, très solennel, ces gigantesques usines arrêtées, réduites au vide. Mais on n'a pas souvent montré que s'arrêtaient avec elles des villes entières, comme vidées de leur sang. La ruine de l'empire industriel d'Occident, ce n'est pas seulement des emplois en moins, mais des modes de vie, des lieux de vie,  des organisations et des visions de la vie, qui n'ont plus de moyen d'être (ni de raison, de fait). À quoi bon des loisirs, quand il n'y a plus de temps de travail? 

Christian Perrot

Toute littérature est assaut contre la frontière.

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Marianne Rubinstein : Detroit, dit-elle

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