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L'Autre Quotidien

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Avec humour, l'humeur du désespoir de Frédéric Berthet et son Daimler

Avec humour, l'humeur du désespoir de Frédéric Berthet et son Daimler

«Daimler est assis sur une chaise au milieu d’une pièce. Un rayon de soleil se promène sur le parquet. Le silence est complet. Daimler ressemble à un détective privé dont les affaires ne marcheraient pas très fort.»

Frédéric Berthet s’en est allé le jour de Noël, en 2003, de façon trop rapide, comme son personnage Daimler. Premier roman de l’auteur publié en 1988, ce portrait d’un jeune homme fantasque et désespéré est un livre poignant, l’air de rien, et trop rapidement lu.

Daimler a un chagrin d’amour ; la femme qu’il aimait est partie pour les Barbades britanniques. Pour la reconquérir ou l’oublier, il consulte Uri Geller, puis un psychiatre aussi perdu que lui qui lui subtilise les photos de cette femme. Daimler souffre d’insomnies et de l’ennui de la vie, alors il imagine des moments déconcertants, brillants et fugaces, des fulgurances de génie dans une existence morne, et envisage sa fin avec désinvolture, si ce n’est pour cette lettre adressée à son ami Bonneval.

«Daimler se fait apporter un cognac durement millésimé. Le temps, réfléchit-il, est une mouche posée sur le dos de ma main. Et que je chasse avec la plus grande nonchalance possible, ajoute-t-il.»

Daimler veut en finir mais il a l’élégance de ne pas nous encombrer d’un désespoir tragique, habillant ses fêlures de légèreté et d’humour saugrenu.

«Daimler a toute une théorie selon laquelle, aujourd’hui, les vrais romantiques sont obligés de passer pour des gens cyniques. Il refuse de s’expliquer, quand on le lui demande.»

On s’enivre en souriant de ces fragments mordants et désabusés de la vie de Daimler, ivresse mélancolique d’une légèreté essentielle.

«Daimler dresse l’inventaire des idées qui lui sont venues depuis une semaine :
– Faire du canoë-kayak («?», a noté Daimler).
– Écrire un scenario où il serait question d’une femme fatale. « Ah non, non, je ne pense pas » est, dans le scenario, la première réplique de la femme fatale (le héros pâlit), qui secoue la tête d’une façon à la fois négative, capricieuse et obstinée («ce qui va ensemble», ajoute Daimler en marge).
– Donner une conférence sur le thème des anges selon Grégoire de Nysse («sexués, mais sans sexualité», a résumé Daimler).
– Téléphoner à sa grand-mère (maternelle).
– Écrire un article sur une question qui n’a jamais été traitée : la façon dont Puccini et Massenet ont abordé contradictoirement, dans leurs opéras tirés du livre, le personnage de Manon Lescaut («coupable ? innocente ?» continue à se demander, bêtement, Daimler).
– Ne plus voir personne et se retirer en Bretagne, pour y poser des casiers à langoustes.
– Devenir grand reporter et partir dans des endroits dangereux, sous les bombes.
– Garder son calme.
Ayant terminé l’inventaire, Daimler, paniqué, téléphone à sa grand-mère, pour prendre de ses nouvelles.»

Pour savoir, non pas tout, mais beaucoup (vraiment beaucoup) de la vie et de l'oeuvre de Frédéric Berthet, se rendre de ce pas (léger, mais rapide) sur le blog tout à fait excellent de l'Éditeur Singulier à qui nous avons emprunté ces illustrations.

Daimler s'en va de Frédéric Berthet, La table Ronde
Charybde7

Pour acheter ce livre initialement publié en 1988 chez Gallimard, disponible aujourd’hui en format poche dans la collection La petite vermillon des éditions de La Table Ronde, c’est ici.

Marianne Breslauer, poussière d'étincelles queer

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