ENTRÉE DES ABONNÉSMember Login
Me connecter
Bienvenue, (First Name)!

Oublié? Show
Log In
Enter Member Area
Mon Profil Pas abonné? Inscrivez-vous Log Out
Sentry Page Protection
L'Autre Quotidien

Mode d'emploi

L'Autre Quotidien se lit en tournant les pages comme un journal . Utilisez les flèches à gauche et à droite de l'écran. Pour naviguer rapidement dans le site, cliquez l'icône menu. Le lien Archives vous donnera un accès direct aux grandes catégories du journal (Actualités, Art, Livres etc). Cliquer sur Aujourd'hui ramène au numéro du jour. Et voilà. C'est simple.

Matalo, le western total psychédélique

Matalo, le western total psychédélique

Dans les errances du Cinéma B, quelques films remarquables surgissent par hasard, et ici, même pas rasés. Matalo est un western psychédélique de 1970, un truc aussi improbable que jouissif; une production italo-espagnole soutenue par une BO fabuleuse.


Quand Sergio Leone tourne à Almeria en 1964, Pour une Poignée de Dollars, il met fin au genre du peplum italien qui régnait depuis des années sur le cinéma populaire italien. Mais ce n’est pas tout car, le western européen va se poser comme un genre éminemment populaire et millionnaire en spectateurs, avant de se voir voler la vedette par les films de kung-fu qui reprendront les mêmes recettes de anti-héros auxquels les spectateurs s’identifieront avec le même allant, autour du monde. Sartana ou Django versus Bruce Lee, pour la revanche des sans -voix. 

Alors quid de Matalo, ce western totalement atypique, aussi violent et psychopathe qu’il est surréaliste dans sa mise en scène et doté d’une BO signée Mario Migliardi que n’auraient pas renié des groupes allemands comme Amon Düül ou Agitation Free. Tapis de clochettes versus guitares fuzz font quasiment rugir les plans pour nous faire oublier les décors de ville fantôme made in Almeria ( comme pour tous les westerns spaghettis) et le peu de scénario - dont tous les creux sont un bonheur pour le réalisateur qui se lâche dans les plans les plus invraisemblables qui soient.

Le scénario tient sur un kleenex ( mais on s’en tape) là n’est pas l’intérêt qui joue de toutes les ficelles du registre. Après avoir récupéré un compère sur le point de faire pendre, deux méchants préparent une attaque de diligence qui tourne mal. Et, pour se faire oublier, se réfugient dans une ville fantôme, en attendant de pouvoir échanger l’or volé plus tôt, bientôt rejoints par une charmante créature, aussi fourbe que vicieuse. Mal leur en prend, car trois inconnus débarquent qui vont changer leurs plans. Une femme qui a perdu son mari, un voyageur australien nanti de boomerangs et une vielle femme, seule survivante du passé de la ville. Le voyageur exilé Lou Castel va devenir le souffre-douleur d’un psychopathe et subir toutes les torture possibles de l’attachement au poteau côté de la seule fontaines e la ville pour le faire crever de soif à de multiples corrections à coup de chaînes. Et l’on esquisse là, seulement les choses les plus apparentes, car une présence hante la ville qui va se traduire à l’image par plans obsédants parfaitement relayés au son et ainsi ira le déroulement de l’intrigue jusqu’au final hippie en diable du départ des deux étrangers, chacun dans leur direction.

En recontextualisant quelque peu, on a bien à faire là à un western européen qui déjoue les clichés du référent américain avec des effets de manche et des costumes qui fleurent bon la peau de chamois et les colliers indiens américains. Mais comme le western est un sous-genre de film idéologique, il véhicule bien les canons de l’époque, entre passion et libération sexuelle, jamais montrés, mais omniprésents, violence revendicative contre un monde incapable de bouger qui se donne dans l’outrance et les défouraillages intempestifs.

Mis en scène excellemment par la tâcheron italien Cesare Canaveri qui se cantonnera au film de genre avec Moi, Emmanuelle et plus tard, La dernière orgie du troisième Reich, le film est une resucée du Dieu ne paye pas le samedi, la folie psyché en plus ; à croire qu’ils ont fumé toute la moquette disponible en Espagne alors. Le scénario, assez copycat pour voir la ressemblance, est du à Eduardo Manzonos, et la distribution offre des rôles de choix à Lou Castel, Corrado Pani, Antonio Salines et Luis Davila.

Dernier atout du dvd, les bonus vous offrent la totale sur le film lors d’un entretien avec Alain Petit et un documentaire intitulé Rouge Western, signé d’Eric Cherrière et Claude Ledu vous restitue le contexte et les participants du mal nommé western spaghetti, autrement mieux intitulé ici, western européen. Un peu comme un titre de Hawkwind, chanté par Lemmy, car la signification de Matalo!, c'est : Tue-le !

Jean-Pierre SIMARD
 

Matalo de Cesare Canevari, distribution Artus Film, sortie le 5/04/16

 
La chanson de James Bond à laquelle vous avez échappé

La chanson de James Bond à laquelle vous avez échappé

Démolition et contre-révolution : la rénovation urbaine

Démolition et contre-révolution : la rénovation urbaine

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out