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L'Autre Quotidien

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L'Autre Quotidien se lit en tournant les pages comme un journal . Utilisez les flèches à gauche et à droite de l'écran. Pour naviguer rapidement dans le site, cliquez l'icône menu. Le lien Archives vous donnera un accès direct aux grandes catégories du journal (Actualités, Art, Livres etc). Cliquer sur Aujourd'hui ramène au numéro du jour. Et voilà. C'est simple.

La mort bégaye, par Kenny Ozier-Lafontaine

La mort bégaye, par Kenny Ozier-Lafontaine

© Martine Birobent

© Martine Birobent

Moi, la mouche, ses pattes qui tripotent dans ma plaie, elle fait trempette, de l'huile dans la cendre, moi, refermant portes, persiennes, hublots, moi, n'espérant plus du tout, plus rien de moi, non, rien de rien, rien de moi, non... moi, calfeutré, accroupi, moi, de la purée mousseline dans les os, nuit molle, des nouilles, un bol bleu fumant, des baguettes, je tremble, respire par la bouche, avale une gorgée tiède, recrache, nouilles mâchées, glacées, moi, mon sang, ma cendre, comme des portes vers la nuit, moi un poignard tanqué dans la gorge d'un caniche, moi, vieux visage borgne et maquillé, un cierge pour la nuit, moi, mouche, ses lèvres dans mon ventre, sucre dans la plaie, moi, l'écuelle, la niche, les puces, le chien, le chien, sa niche près de l'écuelle, ses puces, moi chien assis idiot pas bougé couché au pied le chien ! moi aboyant après les mouches, celles qui trempent dans mon sang, baignent et flottent, moi mon âme, je tremble, pieute dans la piaule du démon, moi mon âme à vendre, je crache sur la mort, ça oui, sur les hôpitaux de l'âme, aussi, on ne soigne rien avec des petits bouts de braise, non, rien avec flasques et fioles pommades et baumes du gentil bon dieu tout rond tout rose tout mignon tout sucré, non ça non, moi couché, allongeant mes pieds vers le matin, je tremble, j'ai p'têt peur, une odeur de vache, de bouse, de campagne molle dans les narines, poulailler abandonné, je tremble, je meurs ? Moi vieux chien borgne et maquillé, un cierge, l’œil, la flamme, la cire, lumière de papillon électrifié, accroupi, moi, accroupi, un visage, une balafre, un pif énorme, des dents cariés, des yeux verts, des yeux clos, noués, pommettes trop larges, menton trop long et flasque, ça dégouline vers la nuit, moi accroupi, zieutant vers le matin, depuis la nuit, moi, chien métissé d'émeraude, les bois dressés, accroupi jusqu'à l'ombre du matin, moi, chienne, mamelles repliées, qui frétillent, récitent, en vain, sorcière, diacre, cathédrale, crucifix, bénitier, beffroi, angélus et matines, moi, ma prière malsaine, pour accoucher la nuit, je tremble, la pétoche, la trouille, moi idiot, tremble, ne crève pas, pas comme il faut, comme il faudrait, crève pas, ou presque pas, m'accroche, trimbale miettes d'images, crève pas, angoisse, tremble, non, gigote, gigote pas, frétille, et frétillant, marche et marchant, trébuche, parle, mélange les souvenirs, rien, tout glisse, s'effrite, miaule, dégueulasse mes souliers, pourtant c'est encore moi, bien bien moi, mon crâne sous les sabots de l'île.

Kenny OZIER-LAFONTAINE

© Vincent Lefèbvre & Kenny Ozier-Lafontaine

© Vincent Lefèbvre & Kenny Ozier-Lafontaine


  • Kenny OZIER-LAFONTAINE (parfois Paul Poule) est poète, plasticien, vidéaste, né pour la première fois à Fort-de-France, Martinique.
  • Vincent LEFÈBVRE n'existe pas. Son site, oui.
L’étau se resserre sur le gendre de la victime, par Emmanuel Delabranche

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Le psyché thaï roots de Khun Narin Phin's Band

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