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Histoire de l'empire ottoman

Histoire de l'empire ottoman

La participation de l’Empire ottoman à la Première Guerre mondiale s’inscrit dans une décennie de guerre quasi-permanente qui s’étend de 1912, début de la première guerre balkanique, à la signature en 1923 du traité de Lausanne, qui met fin à la guerre entre Mustapha Kemal et les Alliés et ouvre la voie à la construction de la République turque.

Depuis plus d’un siècle et demi, l’Empire est travaillé par des forces qui arrivent à leur paroxysme avec la Première Guerre mondiale et qui conduisent à son effondrement. Il ne survit pas au choc final de la modernité. Depuis le XVIIIe siècle, l’Empire ottoman est en déclin. Ses structures profondes ne sont pas adaptées à la dynamique de la modernité qui se construit en Occident. L’expansionnisme des puissances européennes, la diffusion simultanée des idées nationalistes et centralisatrices poussent l’Empire à une mue trop rapide, trop brutale pour ne pas entrainer sa disparition. L’Empire tentera toujours de rattraper l’Occident en subissant les conséquences de l’écart qui ne finit pas de se creuser avec les puissances européennes. L’action conjuguée des politiques des puissances européennes et des divers nationalismes minoritaires tend ainsi au délitement de l’Empire qui se replie progressivement vers une identité exclusive, musulmane puis turque, centrée sur le foyer anatolien. La volonté de rattrapage attise les projets modernistes les plus radicaux menés par une élite formée en Occident et désireuse de plaquer sur la réalité ottomane les structures apparentes des grandes nations européennes.

Une désastreuse fin de siècle 1878-1912

Signé en 1878, le traité de Sans Stefano consacre la perte par les Ottomans des principales provinces chrétiennes. Au sein de l’Empire, le nationalisme arménien gagne en puissance et se radicalise. Les populations musulmanes et chrétiennes d’Anatolie sont séparées par une hostilité croissante, alimentée de part et d’autre par l’action de l’Etat ottoman et par les nationalistes arméniens. Les Balkans deviennent le terrain d’affrontement des différents irrédentismes des anciennes nations de l’Empire (la Grèce, la Serbie la Bulgarie) et des politiques d’influence des grandes puissances européennes. L’idée selon laquelle l’Empire devra bientôt se replier sur l’Anatolie et sur l’Islam mûrit.

La rivalité entre les puissances européennes se porte aussi sur les affaires intérieures. L’Allemagne de Guillaume II obtient à cet égard le rôle dominant. Elle parvient à la toute fin du siècle à une situation de monopole dans le domaine militaire, en ce qui concerne la formation des officiers comme l’exportation d’armes. En obtenant le chantier de la ligne de chemin de fer Istanbul-Bagdad, elle se dote d’un vecteur d’influence sans pareil au cœur de l’Empire. Enfin, sur le plan politique, Abdül-Hamid voit l’Allemagne comme garante de l’intégrité du territoire impérial, contrairement aux autres puissances européennes qui n’ont cessé de le rogner. Le chemin de fer de Bagdad conduit cependant à une série d’entente sur les marchés ferroviaires entre les puissances européennes ainsi qu’au rapprochement anglo-russe.

Au sein de l’opposition ottomane en exil, les Jeunes Turcs, on peut distinguer deux tendances : une tendance autoritaire et centralisatrice incarnée par le Comité Union et Progrès et une tendance plus libérale et décentralisatrice. Les Jeunes Trucs attirent dans leurs rangs des militaires patriotes soucieux d’en finir avec la décadence d’un Empire dont ils se sentent désormais garants de la survie et du progrès. En 1908, une recrudescence des troubles dans les Balkans, qui fait craindre la démilitarisation de la Macédoine sous la pression des Européens, conduit un groupe d’officiers à prendre le maquis. Sous la menace de sa propre armée, Abdül-Hamid autorise le retour des Jeunes Turcs exilés et rétablit le 23 juillet la constitution abrogée trente ans plus tôt.

La fin de l’autoritarisme hamidien est saluée par toutes les communautés. Le patriotisme ottoman censé unir les divers peuples et confessions de l’Empire tend à s’affirmer. La société civile, la presse, le monde intellectuel jouissent d’une liberté et d’une vivacité retrouvée. Cependant, l’enthousiasme des premiers mois est terni par le revirement autoritaire et nationaliste turc du nouveau régime dominé par le Comité Union et Progrès et soutenu par l’armée. Les unionistes rejettent le principe de l’élection et l’exercice de libertés civiles. La courte insurrection de mars 1909, menée par les libéraux et les couches musulmanes traditionnelles, est réprimée par l’armée. L’opposition entre unionistes et libéraux se poursuit pendant la guerre des Balkans et jusqu’en 1914.

De la guerre des Balkans à la fin de la Première Guerre mondiale 1912-1918

La Révolution de 1908 accélère le recul de l’Empire en Europe et en Afrique. La Bulgarie proclame son indépendance et la Bosnie-Herzégovine est annexée par l’Autriche-Hongrie. Tandis que l’irrédentisme grec se renforce, l’Albanie quitte l’Empire en 1911 et l’Italie s’empare la même année de la Tripolitaine. La situation dans les Balkans ne cesse de se détériorer. L’affaiblissement intérieur et extérieur de l’Empire attise les appétits, et une alliance se met en place entre la Serbie et la Bulgarie en mars 1912, puis avec la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro en mai, sous le regard attentif des puissances européennes. En octobre 1912, la guerre contre la Turquie est déclarée par l’Entente balkanique et se déroule à son avantage. Des négociations sont entamées en décembre et vite interrompues par un coup d’Etat unioniste qui entraine la reprise des combats en février 1913.

C’est un nouvel échec pour l’Empire qui signe le 31 mai un armistice aux termes duquel il perd toutes ses provinces européennes. L’Empire est plus faible que jamais même s’il a pu tirer parti des divisions de ses ennemis pour reprendre la Thrace orientale à la suite de la seconde guerre balkanique de l’été 1913. A la veille de la Première Guerre mondiale, la politique intérieure ottomane se résume ainsi à une lutte entre les Libéraux et le Comité Union et Progrès. Autoritariste et nationaliste, ce dernier finit par triompher. S’ensuit un repli sur l’Anatolie et sur l’identité musulmane et turque. Sans renier leur nationalisme turc, ce panislamisme permet aux unionistes de se rapprocher des arabes musulmans. Par ailleurs, le nationalisme homogénéisateur turc associé à une identité musulmane recomposée progresse, et la présence en Anatolie de populations chrétiennes est de plus en plus menacée.

Quand la guerre éclate en Europe, l’Empire se rapproche naturellement de l’Allemagne et des puissances centrales contre l’ennemi héréditaire russe. Il entre en guerre à l’automne 1914. Son armée est encadrée par des officiers allemands et son effort de guerre soutenu par des devises allemandes. L’Empire subit dès l’hiver une défaite contre la Russie dans le Caucase. Il perd également du terrain en Mésopotamie et en Egypte devant l’avancée britannique, puis en Arabie, en Syrie et en Palestine devant l’insurrection menée par le Chérif de La Mecque soutenu par les Britanniques. Ces derniers offrent à Hussein la perspective d’un grand royaume arabe indépendant, libéré du joug turc. L’Entente prévoit aux termes des accords Sykes-Picot de 1916 de diviser les provinces arabes de l’Empire ottoman et d’y établir des zones d’influences.

C’en est fini du pluralisme ottoman. La logique du nationalisme s’empare de l’Empire. Elle se fonde sur des critères religieux. Le caractère autoritaire et centralisateur de l’idéologie unioniste a conduit à la construction d’une identité turque musulmane homogène et, en parallèle, à l’étatisation de l’Islam sunnite. Sur le plan économique, la formation par l’Etat d’une bourgeoisie nationale musulmane en vue de supplanter les élites non-turques se poursuit pendant la guerre. Cette nouvelle classe de nouveaux riches, qui fait fortune grâce à la spéculation, doit participer à la construction de la nouvelle nation.

Considérées comme allogènes et associées aux puissances européennes et aux chrétiens qui ont déjà quitté l’Empire, les minorités chrétiennes d’Anatolie sont exclues de cet ensemble. Pour les unionistes, l’Anatolie doit être turcisée. Cet objectif, recherché au nom d’une vision biologique des rapports entre les nations, se poursuit par le massacre des Arméniens, une des composantes humaines les plus anciennement établies et les plus importantes de la région. Des massacres touchent aussi les populations musulmanes dans les zones occupées par l’armée russe ainsi que les chrétiens orientaux non arméniens (assyriens, chaldéens, syriaques).

Avec la révolution russe et la défection de l’armée tsariste dans le Caucase, l’Empire ottoman entrevoit la perspective d’une reconquête des terres musulmanes de Transcaucasie et d’Asie centrale. Compensant la perte des provinces européennes, africaines et arabes, ce projet expansionniste correspond aux nouveaux récits ethnicistes du nationalisme turc et à sa composante pantouraniste. Le retrait russe du Caucase permet aux Ottomans d’enlever Bakou et l’Azerbaïdjan à l’automne 1918. Mais à la même époque, les Ottomans sont chassés du Levant par les Français et les Britanniques et l’allié bulgare s’effondre, mettant Istanbul à la portée de l’Entente. Début octobre, les Ottomans lancent des ouvertures en direction des Alliés. L’armistice est signé le 30 octobre 1918 en rade de Moudros : les Ottomans doivent démobiliser, livrer les garnisons de Syrie, de Tripolitaine et de Mésopotamie et permettre l’occupation des détroits et de l’Anatolie orientale ainsi que tout autre point jugé « stratégique ».

Vers la révolution

En perdant la guerre, l’Empire ottoman cesse d’exister. Les puissances européennes poursuivent le partage d’un Empire déjà considérablement rogné avant guerre. La France prend possession de la Cilicie, la Grèce de plusieurs localités de Thrace orientale, les armées alliées entrent sur le littoral pontique et en Anatolie centrale et les Italiens s’emparent d’Antalya. Dans l’esprit des Alliés, une fois occupé, le territoire ottoman devra être découpé conformément au principe des nationalités : une Grande Grèce devra comprendre Constantinople et l’Anatolie Occidentale ; une République Pontique devra être établie sur les rivages de la Mer Noire pour abriter les populations chrétiennes qui y sont établies ; une grande Arménie pourra voir le jour et s’étendre du Caucase à la Méditerranée ; un Kurdistan et une Assyrie chrétienne indépendants devront être créés ainsi qu’un foyer national juif en Palestine. Les provinces arabes, séparées de ces divers ensemble, devront quant à elles être placées sous l’influence des Européens. De part et d’autre, c’est bien le nationalisme qui sort triomphant de cette guerre.

Il en va de même du nationalisme turc. Le débarquement grec à Smyrne en mai 1919 sert de catalyseur aux groupes de nationalistes turcs. Le général Mustafa Kemal en prend la direction, et rallie l’armée qu’il lance contre les vestiges de l’Empire ottoman. Il obtient le soutien de chefs militaires ottomans, de religieux et de chefs de tribus kurdes, et rassemble en quelques semaines l’ensemble des forces hostiles à l’occupation et à la division du territoire anatolien. Il tient un premier congrès à Erzurum en juillet 1919 avec les délégués des provinces de l’est puis un deuxième à Sivas en septembre qui réunit des représentants de toute l’Anatolie, tandis que ses partisans œuvrent dans l’ombre des grandes villes. Fin 1919, le gouvernement ottoman organise des élections générales qui établissent un Parlement nationaliste calquant ses positions sur celles des congrès des kémalistes. La confrontation avec les Alliés peut désormais avoir lieu.

Des actions de guérillas localisées sont menées tandis que les nationalistes convergent vers Ankara. Ces derniers sont très divisés sur le plan idéologique et menacés depuis 1919 par des révoltes loyalistes soutenues par les Alliés. Ils se battent contre les Français en Cilicie, contre les Grecs dans les provinces occidentales et contre les forces arméniennes dans le Caucase. Les kémalistes cherchent des soutiens dans le monde musulman, du Maroc à Boukhara en passant par le Caire, ainsi qu’auprès des Soviétiques qui partagent les mêmes ennemis. Ce rapprochement est officialisé en mars 1921 par un traité d’amitié et de fraternité réglant les litiges frontaliers dans le Caucase.

Du côté des Alliés, le traité de Sèvres du 10 août 1920 consacre la vision européenne du partage de l’Empire ottoman. Cet accord, s’il est signé par le sultan Mehmed VI, n’est pas accepté par Mustapha Kemal, qui poursuit les combats contre les Arméniens, les Grecs, les Français. La France finit par abandonner la Cilicie au terme de l’accord d’Ankara du 20 octobre 1921 et accorde son soutien à Kemal, lui donnant le blanc seing pour diriger ses troupes vers la Méditerranée à partir de l’été 1922. Smyrne est prise et une partie de sa population est massacrée. Un nouvel armistice, signé à Mudanya, prévoit le départ des troupes grecques et la souveraineté turque sur l’ensemble du territoire anatolien malgré la présence provisoire des troupes alliées à Istanbul et dans les détroits. Après huit mois de négociations, le traité de Lausanne est signé le 24 juillet 1923. S’il garantit des droits aux derniers membres de certaines minorités religieuses (grecs, arméniens et juifs), il répond à l’objectif d’homogénéité « ethnique » des kémalistes en prévoyant des échanges de populations entre la nouvelle Turquie musulmane et ses voisins à majorité chrétienne. A la construction de la nation doit bientôt correspondre la destruction de l’Empire. Le Sultanat puis le Califat sont abolis, respectivement le 22 novembre 1922 et le 3 mars 1924. La République turque est proclamée entre-temps le 29 octobre 1923 sur des principes de la modernité déjà présente de longue date au sein de l’Empire ottoman : nationalisme, socialisme, utopie progressiste, volonté de création d’un homme nouveau, scientisme, laïcisme, encadrement de la population par un Etat sacralisé, et qui serviront de base à la construction de cette nouvelle entité politique.

Bibliographie
Hamit Bozarslan, Histoire de la Turquie contemporaine, Paris, La découverte, Collection « Repères », 2007.
Robert Mantran (dir), Histoire de l’Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989.

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