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Claudine Doury : regarder les hommes, nouveaux

Claudine Doury : regarder les hommes, nouveaux

"J’ai jusqu’à présent beaucoup photographié les jeunes filles, convoquant à travers elles mon enfance et mon adolescence. Dans ces travaux, les rares présences masculines y faisaient toujours office de figurants. Je veux explorer maintenant l’identité masculine dans une période de transition à la fin de l’adolescence. Quand et comment le garçon devient-il homme ? Quels sont les signes de cette transformation. En quoi est-elle différente des générations précédentes ?" Par Claudine Doury

German - Photo Claudine Doury

German - Photo Claudine Doury

"Une femme qui ose, enfin, regarder les hommes"

Depuis « Sasha », la série qu’elle avait consacrée à sa fille et au passage de l’enfant à l’adolescente, puis à la jeune fille, sur un mode intimiste et onirique, proche du conte de fées, Claudine Doury ne cesse de questionner cet entre-deux de l’âge, du corps et du temps, à la fois fragile et violent, qu’est l’adolescence.

Mais si, jusqu’alors, l’homme n’apparaissait, fugitivement, que comme un figurant dans ses images, il advient au coeur même de « L’Homme nouveau », série entièrement réalisée au sein de St Petersbourg. On verra un double écho à ce titre : à l’impératif révolutionnaire du bolchévisme, bien sûr, mais aussi à ce moment de mue et de mutation où l’adolescent éclot en homme.

Entre-deux, passage d’une frontière, métamorphose ovidienne : c’est ce moment si singulier, unique, de crise et d’avènement à soi, que l’artiste s’obstine à capter, à décrypter.

Ce faisant, elle questionne ce qu’il en est de l’identité masculine – qu’est-ce que devenir un homme ? Et un homme dans une Russie elle-même en pleine mutation, qui n’a plus rien à voir avec l’URSS de la guerre froide et des rideaux de fer ? – mais aussi, et plus radicalement peut-être, se positionne comme une femme qui ose, enfin, regarder les hommes.

Comme les hommes de tous âges l’ont fait, pendant des siècles, et en toute évidence, avec les femmes.

Ce droit au « female gaze » est récent, il faut y insister. Et il est le fruit d’un long combat, mené notamment par des artistes américaines telles que Sally Mann, proclamant : « Je suis une femme qui regarde », et pourquoi pas les hommes. C’est une vraie conquête du regard.

A tous ces jeunes hommes russes, issus des classes moyennes, venus des quatre coins de cet immense pays et convergeant vers St Petersbourg pour y étudier les arts et y inventer une nouvelle vie, aux antipodes de leurs aînés, l’artiste dit : « Laissez-moi vous regarder ». Et vous photographier.

Pas de décors superflus, ni de mises en scène inutilement sophistiquées : de simples fonds aux chromatismes sourds, des cages d’escaliers, des murs écaillés… Des corps saisis en buste, ou des plans resserrés sur les seuls visages.

Et si tous se veulent résolument modernes, tournés vers l’art et la culture, connectés avec le reste de la planète, s’appropriant les codes de la mondialisation, leurs portraits , pourtant, s’avèrent transhistoriques: éternels Petits Princes, éphèbes grecs ou archétypes de l’aristocrate renaissant, tous renvoient, peu ou prou, dans notre mémoire iconique, aux tableaux de Léonard, Dürer, ou Holbein.

Certains affirment un type slave – peau lunaire, pommettes saillantes, regard bleu glacier, blondeur de blés, musculature fermement dessinée – , tandis que d’autres ont le charme ambigu des fleurs coupées: fragiles comme des Saint Sébastien promis à la flèche meurtrière, graciles et menus, ils semblent osciller, hésiter entre les genres.

Et reposent ainsi la question à laquelle il est si difficile de donner une réponse univoque, dogmatique: qu’est-ce que le masculin ?

Claudine Doury ne répond pas, et c’est sans doute là la justesse de son travail : refusant de faire poser des adolescents trop virils, trop « genrés », finalement – nul « hipster » dans sa collection d’hommes nouveaux – elle nous laisse face au tremblement de la question elle-même, comme l’adolescent est la fragile esquisse de l’homme à venir.

Dominique BAQUÉ, décembre 2015.

Ange - Photo Claudine Doury

Ange - Photo Claudine Doury

 
Dimitri - Photo Claudine Doury

Dimitri - Photo Claudine Doury

Ilya - Photo Claudine Doury

Ilya - Photo Claudine Doury

En quoi et comment la nouvelle génération russe entre-t-elle aujourd'hui dans l'âge adulte ?

« J’ai jusqu’à présent beaucoup photographié les jeunes filles, convoquant à travers elles mon enfance et mon adolescence. Dans ces travaux, les rares présences masculines y faisaient toujours office de figurants. Je veux explorer maintenant l’identité masculine dans une période de transition à la fin de l’adolescence. Quand et comment le garçon devient-il homme ? Quels sont les signes de cette transformation. En quoi est-elle différente des générations précédentes ? En questionnant l’identité masculine au passage à l’âge adulte, j’aborderai les notions de genre et d’altérité à l’entrée du XXI° siècle.

J’ai effectué ce travail à St Petersbourg où une nouvelle génération de Russes émerge. Elle est née au moment où l’Union Soviétique s’effondrait. Fils de la nouvelle classe moyenne ces jeunes Russes ont aujourd’hui vingt ans et sont aux antipodes de leurs aînés : ils viennent des quatre coins de Russie et ont choisi Saint Petersbourg comme lieu de leur nouvelle vie. En rupture de ban par rapport à une Russie empêtrée dans le poids de ses appareils, ils sont résolument modernes, tournés vers l’art et la culture, connectés avec le reste de la planète, et ils s’approprient les codes du monde en marche.

Connaissant déjà bien la Russie, je travaille sur ces jeunes hommes comme je l’avais fait avec les jeunes filles russes, dans une société en pleine évolution où les rapports au statut d’homme, à la virilité, à l’image de soi et à tous les codes du genre sont entièrement revisités. Ce nouvel «homme nouveau» qui se définit là-bas est un des témoins des mutations de notre temps et je sais pouvoir trouver des signes et des traces de ces mutations. »

Claudine DOURY

Stanislav - Photo Claudine Doury

Stanislav - Photo Claudine Doury

L'homme Nouveau de Claudine Doury

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