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Le labyrinthe sicilien de Montalbano

Le labyrinthe sicilien de Montalbano

Un beau réseau de leurres pour dérouter Montalbano et son équipe.

Publiée en 2011, traduite en français au Fleuve Noir en 2016, toujours par l’excellent Serge Quadruppani, la vingt-deuxième enquête du commissaire sicilien Salvo Montalbano, d’Andrea Camilleri, s’écarte un peu de la tendance observable dernièrement, que ce soit avec « La chasse au trésor » (20) ou « Le sourire d’Angelica » (21), de devoir gérer de véritables défis intellectuels adressés au policier. S’il y a bien mystère ici, il prend place dans un singulier jeu de miroirs – comme le titre l’indique – placés par l’adversaire pour abreuver Montalbano et son équipe – au sein de laquelle se distingue une fois de plus l’habile et efficace Fazio – de leurres de toutes sortes.

Chez Enzo, il s’empiffra. Hors d’œuvre variés, spaghettis au noir de seiche, une dégustation de pâtes aux palourdes, rougets de roche frits (deux grosses portions).
Donc la promenade tout le long du môle jusqu’à la roche plate sous le phare s’imposa, malgré la chaleur.
Il passa une heure à fumer et déconner avec un crabe et puis s’en retourna au bureau.
Il se gara, descendit, mais pour pénétrer dans le commissariat, il dut déplacer du pied un gros paquet qui obstruait l’entrée.
Comme un éclair, une pinsée lui traversa la coucourde.
– Catarè, c’est quoi, ce paquet ?
– Esscusez-moi, dottori, maintenant tout de suite immédiatement les gens de l’administration vont venir le prendre. Il y a huit paquets de formulaires, documents et imprimés qui sont arrivés.
Comment se faisait-il que le ministère trouve de l’argent pour augmenter les machins bureaucratiques emmerdants et ne le trouve pas pour l’essence des voitures de patrouille ?

Livia, l’éternelle fiancée génoise, est peu présente dans cet épisode, à part pour les traditionnelles querelles et réconciliations téléphoniques, et c’est sans doute préférable, car le commissaire est ici soumis à un assaut de séduction en règle de la part de sa belle nouvelle voisine, tandis que de curieux attentats à la bombe semblent vouloir demeurer sans explication plausible.

Dès qu’ils furent hors du pays du côté de Montereale, Gallo prit une route de terre en pleine campagne. Après quelques kilomètres, il tourna à gauche, entrant dans une draille pleine de bosses et de pertuis, qu’on se serait cru à bord d’un bateau par mauvais temps.
Malgré l’état de la route et la recommandation qui lui avait été faite, Gallo fonçait et Montalbano avait du mal à suivre.
Ce fut un long chapelet de jurons.
Au bout d’un quart d’heure, durant lequel ils n’avaient pas rencontré âme qui vive hormis un chien à trois pattes et un oiseau en vol, ils virent, avant un virage, un homme au milieu de la chaussée qui leur faisait signe de s’arrêter.
Ils coupèrent les moteurs, descendirent. L’homme s’était approché. C’était un paysan quinquagénaire, sec comme un coup de trique, grand, le visage recuit de soleil.
– Vous êtes monsieur Melluso ? lui demanda le commissaire.
– Oh que oui, c’est moi. Donato Melluso.
– Où est la voiture ?
– Juste après le virage.
La voiture brûlée était là, sur l’esplanade derrière un abreuvoir qui n’avait plus d’eau depuis une centaine d’années. Il n’y avait plus de plaque, on ne discernait pas la marque.
Sur ce qui avait dû être le siège arrière, il y avait une chose noire, un corps humain, tordu dans une position bizarre.
Homme ou femme ?
Montalbano s’approcha pour mieux voir, se pencha en avant et alors seulement lui arriva aux narines, la terrible, la collante odeur de chair brûlée.
Elle n’était pas forte, elle s’était en grande partie dissoute dans l’air, signe que la voiture était là depuis un moment, mais cela suffit pour que le commissaire ait une brusque envie de vomir.

Cela fait maintenant quelques volumes qu’Andrea Camilleri semble moins se préoccuper qu’auparavant de sa toile de fond sicilienne, et malgré l’attachement profond de ses lectrices et de ses lecteurs pour le petit monde du commissariat de Vigata, c’est sans doute un peu regrettable. Si l’on se réjouit toujours autant des rapports complices et subtils régnant au sein de l’équipe, des débats intérieurs du commissaire avec l’âge qui vient, et de ses savoureuses agapes, les confrontations brutales aux réalités du crime organisé se font d’une certaine façon plus discrètes, ou plus « automatiques », s’éloignant de l’intensité qu’atteignaient par exemple « Le tour de la bouée » (10),  « Un été ardent » (14) ou même « La danse de la mouette » (19).

L’avertissement du traducteur demeure en revanche, volume après volume, avec ses inflexions périodiques, une véritable leçon de maniement des registres, des dialectes et des langages imaginaires équivalents, administrée de main de maître par Serge Quadruppani.

Jeu de miroirs de Andrea Camilleri aux éditions Fleuve Noir
Coup de cœur de Charybde2
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Hommage à Haroun Tazieff, par Orval Carlos Sibelius

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