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Rundek, Isabel & Cargo : "My Between", par Nina Rendulic

Rundek, Isabel & Cargo : "My Between", par Nina Rendulic

Rundek Cargo Trio. Jadis Rundek Cargo Orkestar. Jadis Haustor.

Ceci est une histoire d’amour, de voyage et de mélodies.

*

Pour la première fois je les ai vus le samedi 30 novembre 2002 en concert à Zagreb lors de la promotion de l'album Ruke. Je venais d'avoir dix-sept ans et je sortais avec un gars à longue barbe blonde qui fumait la pipe et faisait les études en philosophie. C'était l'un de mes premiers concerts. Je me souviens, on était placés à droite de la scène, ça devait être autour du dixième rang. Il jouait dans Rundek Cargo Orkestar un nombre certain de musiciens - plus tard j'apprendrai leurs noms et je ferai leur connaissance - mais pour le moment mes yeux étaient rivés sur lui, Darko Rundek - parce que, je me disais du haut de mes dix-sept ans, c'est quand même la figure emblématique de la musique croate, "notre David Bowie" - et sur elle, Isabel, minijupe en cuir noir, qui partageait avec le public tout l'amour qu'elle faisait avec son violon.

Star de rock, de la "nouvelle vague" yougoslave dans les années 1980, Darko Rundek, avec son groupe Haustor, s'est inscrit dans la mémoire collective par ces quatre chansons :

*

Ena, une femme fatale, une histoire d'amour enjouée

Šejn, un mec, un vrai

Šal od svile, le "je suis libre", à la crépuscule de la Yougoslavie

Apokalipso, chanson d'amour impossible, symbolique, transcendante, au rythme divin et à une cadence infernale.

*

Ce qui fut symptomatique pour les acteurs de la nouvelle vague yougoslave, c'est leur nostalgie envers le bon vieux temps de la lutte contre le système ou pour la liberté, de la lutte tout court : ainsi, ils n'ont généralement pas su, ou n'ont pas voulu apprivoiser les changements sociaux de l'après-guerre, et ont continué, tant bien que mal, à remplir les salles de concerts en se basant sur le souvenir collectif de leur succès de jadis.

Or Darko Rundek a su s'adapter.

Dans Ruke il est parti vers de nouveaux territoires - le Cuba, le folklore, l'abstrait et l'intime. Vers le métissage, les changements, la quête, la transition. La guitare électrique est remplacée par les trompettes et le violon. Tel un phénix, Darko Rundek est né des cendres de son ancienne gloire, qu'il a intelligemment su taire.

Pour la deuxième fois je les ai vus quatre années plus tard, début juin 2006 à l'aéroport de Zagreb. C'était l'année où tout a basculé (le gars à barbe avait depuis longtemps disparu dans sa fumée). J'étais bénévole au Festival de la Danse Contemporaine, ils accompagnaient en musique la troupe canadienne Kinesis Dance. Je devais, pendant une semaine, subvenir à leurs besoins et à ceux de la troupe. Isabel portait une robe en soie violet foncé. Darko Rundek voulait savoir qui je suis et ce que je faisais dans la vie. Je balbutiais. Une semaine plus tard on se regardait dans les yeux. Et on se serrait très fort.

Puis, on se reverra. Between. Entre Zagreb et Paris, entre Opatija et Brijuni, entre Split et Pula, entre un moulin en Bourgogne et une maison dans la banlieue zagréboise. Aéroports. Gares routières. Trains. Taxis. En transit. En musique.

Cette musique qui se dessine sur le territoire du voyage. Un voyage entre l’Est et l’Ouest, où l’identité se construit avec chaque pas. Ici et là. Plus rien ne ressemble au retour, dit Darko Rundek. De la nostalgie ? Non. Plutôt la pensée d’un homme libéré de l’impératif d’un lieu : avec l’album de 2006, Mhm a-ha oh yeah da-da, sous-titré "Migration stories and love songs", Rundek Cargo Orkestar fait le deuil de cet exil et embrasse une identité en mouvement, tel l’amour qui transgresse les frontières.

Isabel ? C’est peut-être sa présence qui a aidé à décider de la direction que prendra l’univers de Rundek Cargo Orkestar. Humble. Perfectionniste. Travailleuse. Ethérique. Elle m’a aidée à voir plus loin en 2006. Elle avait dessiné mon thème astrologique dans son moulin en Bourgogne en 2007. Je la photographiais jouant du Bach avec un polaroïd. Bach. Le projet de sa vie. Les sonates pour violon seul qu’elle explore jusqu’au cœur de leur être, jusqu’à l’ultime vibration des cordes. La beauté du geste. Du faire. Isabel et Bach qui n’en font qu’un, dans une infinité de variations mélodiques, au gré de chaque souffle, de chaque pensée, de chaque sentiment qu’éprouve cette violoniste magicienne.

Quatre années après l’album de 2006, Orkestar est devenu Trio : Darko Rundek, Isabel et Duco, polyvalent tel un savant de la Renaissance, piano, accordéon, percussions, ukulélé, et plus si affinités. Rundek Cargo Trio traverse l’univers musical sur un avion bleu – tel le titre de leur album de 2010, Plavi avion. C’est mon album. Une année auparavant je suis partie avec un avion bleu, je me suis exilée, je n’ai plus de territoire, ni d’identité, je suis between. Dans Sanjala si da si sretna ils chantent "tu rêvais que tu étais heureuse… tu es le sourire qui marche dans la banlieue de Zagreb…et à la place des adieux tout le monde te demande quand est-ce que tu reviendras". J’ai rêvé que j’étais heureuse. Je suis le sourire qui marche dans la banlieue de Zagreb. Et à la place des adieux, tout le monde me demande quand est-ce que je reviendrai.

Les années passent. Les territoires, les interactions, la musique, l’expression changent. Ou restent les mêmes dans leur flux incessant. Rundek Cargo Trio construit des ponts – 2015, nouvel album, Mostovi. Minimalisme. Individualisme. Improvisations. Rencontres. Dans l'espace de la parole. De la lumière. De la musique. Between.

Nina Rendulic

 
® Nina Rendulic

® Nina Rendulic

 

Rundek Cargo Trio. Nekada Rundek Cargo Orkestar. Nekada Haustor.

Ovo je priča o ljubavi, putovanju i melodijama.

*

Po prvi sam ih puta vidjela u subotu 30. studenog 2002. Koncert u Tvornici, promocijaRuku. Imala sam 17 godina i dečka s dugom plavom bradom koji je pušio lulu i studirao filozofiju. Jedan od mojih prvih koncerata. Sjećam se, sjedili smo desno od bine, otprilike u desetom redu. U Rundek Cargo Orkestru svirao je veći broj glazbenika – kasnije ću ih upoznati i naučiti im imena – no u tom su trenu moje oči gledale samo njega, Darka Rundeka – jer, mislila sam sa svojih sedamnaest godina, ipak je to jedna od najznačajnijih osoba hrvatske glazbe, "naš David Bowie" – i nju, Isabel, u crnoj kožnoj minici, koja je s publikom dijelila svu ljubav koju je vodila sa svojom violinom.

Rock zvjezda jugoslavenskog novog vala osamdesetih, Darko Rundek je sa svojimHaustorom u kolektivnom pamćenju ostao s ove četiri pjesme:

*

Enafemme fatale, zaigrana ljubavna priča

Šejn, pravi muškarac

Šal od svile, "ja sam slobodan" u suton Jugoslavije

Apokalipso, balada nemoguće ljubavi, simbolička, transcendentna, božanstvenog ritma i paklenog tempa

*

Zvijezde jugoslavenskog novog vala simptomatično su nostalgične prema dobrim starim vremenima borbe protiv sistema ili za slobodu, borbe ukratko. Iz tog razloga uglavnom nisu znali, ili nisu htjeli prihvatiti poslijeratne promjene i nastavljali su, više ili manje uspješno, puniti koncertne dvorane na temelju kolektivnog sjećanja na njihov nekadašnji uspjeh.

No Darko Rundek znao se prilagoditi.

U Rukama je otplovo prema novim teritorijima – Kuba, folklor, apstrakcija, intima. Prema promjenama, traženjima, tranziciji. Električnu gitaru zamijenile su trube i violina. Kao feniks Darko Rundek ponovno je rođen iz pepela stare slave koju je inteligentno utišao.

Po drugi put sam ih vidjela četiri godine kasnije, početkom lipnja 2006., na zagrebačkom aerodromu. Te se godine sve promijenilo (no dečko s bradom je već odavno bio nestao u dimu). Ja sam volontirala na Festivalu suvremenog plesa, oni su stvarali glazbu za kanadsku skupinu Kinesis Dance. Trebala sam se tih tjedan dana pobrinuti da imaju sve što im treba. Isabel je nosila tamnoljubičastu svilenu haljinu. Darko Rundek pitao me tko sam i čime se bavim u životu. Mucala sam. Tjedan dana kasnije, Darko Rundek, Isabel i ja gledali smo se u oči i pozdravili se čvrsto se grleći.

Opet ćemo se susresti, kasnije. Between.

Između Zagreba i Pariza, Opatije i Brijuna, Splita i Pule, mlina u Burgonji i kuće na Trešnjevci. Na aerodromima. Autobusnim kolodvorima. U vlaku. Taksijima. U pokretu. U glazbi.

U toj glazbi koja se ocrtava u teritorijima putovanja. Putovanja između Istoka i Zapada, pri čemu se identitet gradi na svakom koraku. Amotamo. Više ništa nije povratak, kaže Darko Rundek. Nostalgija? Ne. Prije misli čovjeka oslobođenog od imperativa jednog mjesta : s albumom iz 2006.,  Mhm a-ha oh yeah da-da, podnaslovljenog "Migration stories and love songs", Rundek Cargo Orkestar oplakao je taj egzil i prihvatio identitet u pokretu, kao ljubav koja nadilazi granice.

Isabel? Možda je baš njezina prisutnost zaslužna za smjer kojim je krenuo svijet Rundek Cargo Orkestra. Skromna. Samozatajna. Perfekcionist. Eterična. Pomogla mi je da vidim širu sliku 2006. Nactala je moju astrološku kartu u mlinu u Burgonji 2007. Fotografirala sam je polaroidom kako svira Bacha. Bach. Njen životni projekt. Sonate za violinu koje istražuje do srži njihovih nota, do najtanjeg trzaja struna. Ljepota pokreta. Stvaranja. Isabel i Bach kao jedno, u bezbroju varijacija, sa svakim dahom, svakom mišlju, svakim osjećajem ove čarobne violinistice.

Četiri godine nakon albuma iz 2006., Orkestar je postao Trio : Darko Rundek, Isabel i Duco, svestran kao renesansni mislilac, klavijature, harmonika, udaraljke, ukulele, i više prema potrebi. Rundek Cargo Trio leti svijetom glazbe u Plavom avionu. To je moj album. Godinu dana ranije, u plavom avionu otišla sam u egzil, više nemam teritorija, ni identiteta, sad sam between. Pjevaju :  "sanjala si da si sretna... ti si osmijeh što korača pored Trešnjevačkog placa... i svatko te umjesto pozdrava pita kad ćeš opet doći". Sanjala sam da sam sretna. Ja sam osmijeh što korača pored Trešnjevačkog placa. I svatko me umjesto pozdrava pita kad ću opet doći.

Godine prolaze. Teritoriji, interakcije i glazba mijenjaju se. Ili ostaju isti u neprestanom toku. 2015. Rundek Cargo Trio gradi Mostove. Minimalizam. Individualizam. Improvizacije. Susreti. U prostoru riječi. Svjetla. Glazbe. Between.

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