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Daido Moriyama : "Mémoires d'un chien", ou la rage de la photo

Daido Moriyama : "Mémoires d'un chien", ou la rage de la photo

Peu de photographes ont autant changé la photographie que le "provocateur" Daido Moriyama. Et encore moins ont exposé aussi franchement que lui les raisons qui les poussaient à mitrailler le monde. Nous publions des extraits de ses "Mémoires d'un chien" en regard de  quelques-unes de ses plus belles photos, comme une piste à suivre... pour des chiens à venir ?

Je regarde absent les lumières de la ville vaciller à travers l’air tiède qui flotte sur la place de la gare, et je ressens l’impatience de mon esprit qui n’a pas encore tout à fait quitté la ville d’hier, alors que mon corps est bien arrivé dans cette nouvelle ville.
— Daido Moriyama, "Mémoires d'un chien"
Daido Moriyama, Shinjuku Station from Japan- A Photo Theatre, 1968

Daido Moriyama, Shinjuku Station from Japan- A Photo Theatre, 1968

Aujourd’hui, les gens prennent des photos avec désinvolture. Surtout de leur vie quotidienne. Leur attitude désinvolte envers la photographie est la même que la mienne. Il n’y a rien de juste ou de mauvais.
— Daido Moriyama
La force d’écrasement de temps est devant mes yeux, j’essayer de la garder en appuyant sur le déclencheur de l’appareil photo.
— Daido Moriyama
Je n’ai jamais voulu faire de la photo documentaire. Je fais des snapshots, des instantanés, et je n’ai jamais d’idée préconçue. C’est sur le moment que les images se créent. J’ai une attitude de chasseur, je trimballe mon capteur dans la ville. Tout ce qui bouge, tout ce qui est en mouvement, m’excite et me fait vibrer. La photographie, c’est l’instant où une personne se confronte à une chose qui lui apparaît. Forcément, en enregistrant la ville, on s’enregistre soi-même : ma façon de voir change chaque jour, selon l’état des lieux, selon ma condition physique. Pour simplifier, on peut dire que j’enregistre le temps de mon existence. Malheureusement, je ne peux le faire que tant que je suis en vie... donc j’essaie d’en faire le plus possible.
— Daido Moriyama
Il m’arrive de me questionner sur ce que fut la première clarté projetée dans mes yeux après ma naissance. Or, il m’est impossible de le savoir. Ensuite, je me demande ce que c’était ce paysage vu à tel endroit, lorsque je remonte dans mes souvenirs le plus loin possible. Je sais que ce n’est pas une sorte d’image nette, mais j’essaye d’en chercher une qui serait perçue de mon état étroitement défini, un état qui existe entre le sommeil et le réveil. Je cherche, par-ci et par-là, convoquant tous les éléments accessibles dans ma mémoire. Et si je parviens à une image vague, je crois que ce serait cela. Mais cette image n’est elle aussi qu’une fabrication de mon intention arbitraire, d’où je pourrais conclure que je n’ai jamais vu cette image, ou bien que je venais juste de la voir, ou alors que je ne la verrais que dans le futur. Cependant, il n’y a aucune certitude que je ne l’aie pas vue non plus.
— Daido Moriyama
Hawaii, 2007, © Daido Moriyama

Hawaii, 2007, © Daido Moriyama

Le temps qui passe n’est pas perdu, il nous attend quelque part. Je conçois la mémoire comme un moyen et je poursuis mon voyage, c’est peut-être pour cela que je rassemble souvenirs et douleurs et que je me prépare au moment de l’éveil. La photographie ne se limite pas à documenter les choses mais à créer des souvenirs. C’est un processus d’histoire en guirlandes de souvenirs et de fossilisation du temps, mais plus encore, c’est le mythe de l’ombre et de la lumière. Pour moi la photographie ne consiste pas à observer sur le bas-côté ou à se limiter à la création d’une œuvre artistique superbe, mais à découvrir, au travers de sa propre expérience, les liens qui unissent les fragments du monde à sa propre vie et de parvenir à une rencontre spirituelle à travers ces fragments. Souvent je me sens à l’étroit entre introspection et expression de ma volonté, de ma réponse vis à vis de l’époque.
— Daido Moriyama
Depuis quelques années, je suis en mesure de conjurer la conscience qu’il n’y a pas une once de beauté dans le monde, et que l’humanité est une chose d’une extrême laideur. Donc, je peux prendre des photos et croire en quelque chose.
— Daido Moriyama
J’utilise l’appareil comme une procédure qui me demande sans cesse d’affirmer mon identité, me demandant: « Quel est le sens de la vie dans un monde et parmi les êtres humains, tout cela est si grotesque, scandaleux, et aussi accidentel que ce que je vis, et comment être en contact avec cela ?
— Daido Moriyama
Daido Moriyama: Shashin yo sayonara (Bye, bye photography, dear)

Daido Moriyama: Shashin yo sayonara (Bye, bye photography, dear)

Les photographies sont des morceaux du monde éternel – de la vie quotidienne ; des fossiles de lumière et de temps. Ils sont également des fragments du pressentiment, de l’inspiration, un enregistrement, la mémoire des êtres humains et de leur histoire, ainsi qu’une autre langue d’un monde devenant visible et intelligible grâce à l’objectivation de la réalité au moyen d’un appareil. Elles nous montrent la beauté, la tendresse, et aussi la laideur et la cruauté du présent et, non pas comme une réponse, mais toujours comme une nouvelle question. Je crois photographier des pièces d’un puzzle incomplet. C’est pourquoi je me suis mis à photographier et me suis consacré à la photographie.
— Daido Moriyama
Toujours les Maniac Shadows de Chantal Akerman à la Ferme du buisson

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Mehdi Charef, le petit quotidien de la haine ordinaire en HLM

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