Vendredi 8 décembre 2017

Il semble, à suivre un minimum l'actualité, que tout soit en train de concourir à nous jeter les uns contre les autres dans le monde entier. En désespoir de cause, nous rappelons, à tout le monde, ces paroles du Talmud : ne juge pas ton prochain avant d'avoir été à sa place.

Emploi non salarié : déjà la fin du boom ?

On nous décrit un boom du travail indépendant, mais en 2014, la France comptait 2,8 millions de travailleurs non-salariés, soit un emploi sur dix. C'est moitié moins que dans les années 1970. Parmi ces travailleurs indépendants, la situation des autoentrepreneurs (rebatisés micro-entrepreneurs) est critique : ils ont gagné en moyenne 410 euros par mois et seul un sur dix perçoit l'équivalent du SMIC.

Google, Andromaque et l'algorithme, par Olivier Ertzscheid

Selon Olivier Ertzscheid, spécialiste du numérique, Google n'est ni de droite, ni de gauche. En revanche, leur fonctionnement sur le modèle d'une régie publicitaire, dont ils sont complètement dépendants, biaise les résultats, les conduit à orienter nos recherches à travers leurs algorithmes protégés par le secret, ce qui nuit à nos besoins d'utilisateurs. D'où l'urgence d'alternatives non propriétaires. 

Le Crowd de Gisèle Vienne aux Amandiers : une party de rêve

Crowd est une nouvelle étape dans une recherche d’une singulière constance, celle du travail exploratoire de Gisèle Vienne. Chorégraphie conçue pour 15 interprètes réunis le temps d’une fête, elle met en lumière noire les mécanismes à l'œuvre dans les raves et révèle la façon dont une communauté spécifique peut gérer ou non l’expression de sa violence.

Le féminisme turc grotesque d'Elif Varol Ergen

Créatrice d'art - pour le moins- dérangeante, Elif Varol Ergen attire tout spécialement les amateurs d'art décalé, limite brut d'expression, même  si le grotesque des personnages la tire plus vers un surréalisme mixant Clovis Trouille ou Pierre Molinier avec les tenants du dessin contemporain nippon : les Suehiro Maruo, Junji Ito et Shintaro Kago. Voyez vous-même … 

Jeudi 7 décembre 2017

Deuxième jour successif de bourrage de crâne permanent (pas une minute de répit) sur le thème "Je suis Johnny". Nous y survivrons. Mais cela fait réfléchir sur la misère affective d'une France à ce point désespérée de se reconnaître en quelqu'un pour retrouver une identité (évidemment dans son rêve identique) qu'elle en perd facilement le sens de la mesure (pour ne pas parler des nuances). 

Amnésie générale en Europe : mais qui a fait les accords avec les Libyens ?

Les médias du monde entier apportent depuis longtemps des témoignages sur ce qu'on peut appeler le statut d'esclaves des immigrés détenus dans les centres de détention de Libye, où aucun gouvernement légalement constitué n'est à même de garantir la vie et les droits fondamentaux des personnes arrêtées à quelque titre que ce soit par les milices et les forces de police affiliées aux clans locaux. Situation qui ne pouvait être ignorée ou sous-estimée par ceux qui ont conclu les accords avec le gouvernement de Fayez El Sarraj, et avec quelques maires libyens.

Jim Tully, autobiographie d'un vagabond de la vie

Publié en 1924, traduit en français en 2016 (oui, vous avez bien lu la date) par Thierry Beauchamp aux éditions du Sonneur, le deuxième roman, très largement autobiographique, de l’Américain Jim Tully sera celui d’une certaine consécration pour cet authentique ex-hobo, devenu alors scénariste hollywoodien reconnu et proche collaborateur de Charlie Chaplin, en route vers le succès littéraire, à partir de cette expérience de vagabond et de clochard « professionnel », certes répandue aux États-Unis, mais dont fort peu en sortaient pour la raconter « de première main ».

Traite des morts et charcuterie, par Claro

On se demande parfois à quoi riment les morts. A peine disparu, voilà que Jean d'Ormesson sert de podium-paillasson à Nicolas Sarkozy qui, profitant de l'aubaine d'un d'hommage à chaud, se goberge de ce que l'écrivain académicien, "grand ami des femmes, n'a pas hésité à s'insurger contre cette idée folle qui consistait à vouloir charcuter le Français [sic] sous prétexte d'égalitarisme et il aura livré son dernier combat en défendant la langue de Molière contre la revanche des Précieuses Ridicules."

Baxter, Glen Baxter… 

C’est après avoir découvert le surréalisme et le dadaïsme (de Chirico, Picabia, Magritte, Ernst, Beckett, Roussel…) que Glen Baxter développe une appétence pour le non-sense, l’incongru et l’ironie.  Elle dure tant et si bien qu'il en a fait son gagne-pain,  entre irone et désillusion.